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l’œuvre de CI. Bernard; le mécanisme intime de la
sécrétion étudié par la chimie; enfin la régulation étudiée par la physiologie.
Nous citerons donc tout d’abord les expériences bien connues de CI. Bernard. La première a trait au foie broyé et bouilli dans l’eau : il donne du glucose, il en contient 2,4 0/00; à titre d'indication, rappelons que la glycémie normale est de 1 0/00.
Donc le foie contient du sucre.
Secondement, le sang sus-hépatique est plus riche en sucre que le sang portal, sauf après un repas très riche en hydrates de carbone. — Cela est vrai même chez l’animal à jeun, même si la nourriture est débarrassée de tout sucre.
Donc le sucre du sang provient du foie.
En troisième lieu, après la mort le foie lavé régénère le glucose. — Un foie épuisé de sa réserve de glucosé au moyen d’une circulation artificielle est ensuite abandonné à lui-même pendant 24 heures : au bout de ce temps, broyé et bouilli, il donne une liqueur riche en sucre. D’où l’hypothèse d’un glycogène d’où vient le glucose.
D'ailleurs CL Bernard a décelé ce glycogène par l’eau iodée, puis l’a ensuite isolé. Quelle est la raison d’être de ces faits? Pour les interpréter, il faut faire des dosages dans le sang veineux et on arrive à ces notions que, pendant la digestion, il y a plus de sucre dans la veine-porte que dans les veines sus-hépatiques, alors qu’on a l'inverse dans l'intervalle des digestions.
Donc pendant la digestion le foie arrête le glucose,
SNA T——
qu’il transforme en glycogène, et maintient ensuite une glycémie constante.
On vérifie expérimentalement ces faits en constatant que l'injection d’une solution sucrée dans la veine-porte n’amène pas de glycosurie alors que la même injection faite dans une autre veine détermine de la glycosurie.
Mais ce pouvoir n’est pas illimité, d’où le principe de la glvcosurie alimentaire comme procédé d’exploration du foie; mais, comme nous le verrons plus tard, bien d’autres facteurs interviennent; pour le moment nous concentrons notre attention sur le foie.
En dehors de la digestion, le foie cède du glucose au sang pour remplacer celui qui est complètement détruit dans les tissus et maintenir une glycémie constante.
Le foie serait donc le régulateur de la glycémie par ce double mécanisme, le glycogène étant la forme de réserve, le glucose la forme circulante des hydrates de carbone.
Si l’on veut avoir une vue d'ensemble du métabolisme des hydrates de carbone, il faut ajouter que le glucose libéré par le foie est arrêté à nouveau par les organes qui le consomment, surtout les muscles qui le dépensent sous forme d’acide lactique, ou l’accumulent sous forme de graisses.
Quant à l’origine du glycogène, elle est non seulement dans les hydrates de carbone de l'alimentation, mais aussi dans les matières protéiques et les graisses, notions qu'il faut avoir présentes à l'esprit dans l'exploration du foie et dans les méthodes ‘de régime des diabétiques.
Pour ce qui est du mécanisme intime de transformation du glycogène en glucose, et vice-versa, il nous suffira de rappeler que la production de glycogène aux dépens du glucose suppose l'intégrité cellulaire, donc n’est plus possible post mortem, tandis que le passage du glvcogène en glucose par déshydration est uniquement un phénomène chimique.
Quel est maintenant le mécanisme régulateur ? Il y a tout d’abord un mécanime nerveux comme le montre l'expérience de la piqüre du quatrième ventricule; dans ce cas l'excitation passe par les splanchniques; en effet, la section des splanchniques, de même que celle des racines rachidiennes ou celle de la moelle cervical inférieure, rendent inactive la piqûre diabétique. — La voie centripète est fournie par les pneumogastriques dont Pexcitation du bout central est active; normalement d’ailleurs l’excitant des pneumogastriques est CO2. |
Cependant l’agent paralysant des nerfs sécréteurs;: latropine, n’empêchant ni la glycosurie par piqüre bulbaire, ni la glycosurie asphyxique, il faut conclure à l’existence d’un mécanisme humoral. L’influence de la surrénale est difficile à apprécier; la piqûre diabétique provoquerait une hypersécrétion d’adrénaline, hyper-adrénalinémie, par laquelle se produirait un hyperfonctionnement du foie et la glycosurie.
En réalité Zinquand, en 1915, a montré que les expériences sur la piqûre diabétique n'étaient pas modifiées par la ligature des troncs veineux lombosurrénaux. — Stewart et Rogoff sont arrivés aux mê-
mes conclusions après surrénalectomie double.
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L'action du paneréas est évidente, mais très complexe. — Nous ne reprenons pas les expériences d’extirpation du pancréas, élémentaires et trop connues, nous allons seulement revoir les diverses hypothèses qu'on a imaginées pour expliquer la perte du pouvoir glycoso-régulateur du foie après l’extirpation du pancréas, le fait que ce foie ne contient plus de glycogène, mais accumule des graisses alors que la glycémie augmente. — Ou bien l'hormone pancréatique agit sur le foie : la grenouille privée de son foie et de son pancréas n’a pas de diabète. — De même le foie isolé où l’on fait passer un liquide de circulation artificielle perd moins de glycogène si on ajoute au liquide un extrait de pancréas. — Si ce foie provient d’un animal dépancréaté, la propriété qu'il avait perdue d’emmagasiner le glycogène est rétablie quand on y fait passer des liqueurs chargées de, ce même extrait.
Dans ces conditions, l'hormone agit-elle pour activer la production de glycogène, ou pour diminuer la production de glucose ?
D’autres, à la suite de R. Lépine, ont pensé que l'hormone agissait sur le sucre du sang : R. Lénine a montré que le pouvoir glvcogénique du sang est très diminué après l'extirpation du pancréas.
D'autre part, l'amélioration que l'insuline apporte dans le métabolisme des hydrates de carbone, des graisses en particulier, est à considérer : tandis que le foie des animaux dépancréatés est aussi surchargé en graisses que pauvre en glycogène, celui
des animaux traités par l'insuline est exeript de
or.
cette surcharge. Ajoutons que, sous la même influence, on voit chez le dépancréaté, disparaître l'excès de graisses qui, on le sait, est lié pour une grande part à l’acétonémie.
Pour importante que soit l’action de l'insuline sur le métabolisme des graisses, elle n’apparaît cependant que comme une conséquence de son action sur les sucres.
En somme, on est en présence de faits bien établis montrant le rôle du foie; l'analyse chimique intègre parfaitement ces faits dans le métabolisme général, mais la physiologie est encore impuisante à dégager le mécanisme de régulation de cette foncetion du foie. — Les faits sont nombreux, mais discordants et très complexes.
Donc pour les sucres, les graisses et les albuminoïdes, 1l existe après la cellule intestinale un barrage actif, certain mais inexplorable, car de trop nombreux facteurs interviennent comme nous allons le répéter en précisant l’action du foie sur les grais-
ses et les albuminoïdes.
b) La part du foie dans le métabolisme des graisses.
On s’est demandé si le foie avait une action sur les matières grasses, on à pu répondre affirmativement après les quelques expériences suivantes, de date déjà ancienne.
On trouve plus de graisses dans le sang de la veineporte que dans celui des veines sus-hépatiques. — En faisant ingérer divers corps gras à des cobayes
et en les sacrifiant sept heures après, On à retrouvé dans les cellules hépatiques des granulations graisseuses en grande quantité, et cela est vrai pour les graisses végétales comme pour les autres; on peut les identifier dans le foie de l’animal sacrifié après expérience comme l’a montré Lebedeff.
D'autre part, le foie forme et détruit les graisses; il en forme au détriment des hydrates de carbone surtout et des protéiques comme le montrent les expériences de régimes extlusifs; il les détruit et il n’est d’ailleurs pas le seul à exercer cette action lipodiérétique; à ce sujet on cite les récentes expériences de Roger.
Si l’on conserve à létude des fragments d’organes, on constate après quelques heures un déficit nettement appréciable; nous ne voulons pas dire dédoublement en acide gras et glycérine par lipolyse, mais destruction par combustion ou lipodiérèse. Un moyen de s’en assurer est le suivant :
Sur un chien sacrifié en pleine digestion par hémorragie, on fait des organes deux parts : l’une est
stérilisée à 100° et est maintenue à l’abri des fermen-
tations, l’autre est laissée à elle-même à l’abri seule-
ment de la fermentation; après 18 heures on pratique des dosages comparatifs qui montrent que trois organes sont en tête pour la destruction des graisses : le foie, le poumon, puis les ganglions mésentériques. Qu'il soit dit en passant que pareil phénoméne se voit dans le sang; il y a en effet une grosse destruction de graisses dans le sang artériel, par comparaison avec le sang veineux: d’après Doyon