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et Morel l’action est due à un ferment contenu dans les globules rouges.
Cette action formatrice et destructive des graisses s'étend même aux lipoides comme la cholestérine.
La destruction des graisses et acides gras se fait en passant par les produits cétoniques : acide acétylacétique, acétone, acide $-oxvhutyrique ; la même fonction cétogène du foie s’exerce aussi sur les divers acides aminés; il en résulte que, si le foie est déficient, ou simplement débordé, il n’achèvera pas de détruire les graisses, mais produira de lacétonémie.
Il y a là un rôle antitoxique.
Quant à la cholestérine, nous dirons simplement que c’est un alcool monoatomique. On la rencontre en particulier dans la bile et dans les calculs biliaires; il apparaît comme une substance blanche cris-
tallisée.
La cholestérine existe normalement dans le sang où son taux varie de 1 gr. 20 à 1 gr. 80 par litre.
Contrairement à ce que l’on eroyait autrefois, ce n’est pas la vésicule biliaire qui fabrique la cholestérine, mais bien le foie. On a aussi rapporté sa production à la sécrétion interne des capsules surrénales, la partie corticale seule jouant un rôle dans cette production.
On a étudié les circonstances de production de lhypo et de l’hypercholestérinémie. Le premier cas se rencontre chez les affaiblis, le second -— où le taux normal peut passer de 1 gr. 50 à 2 à 3 grammes
de cholestérine par litre de sang — chez les hépati-
ques et particulièrement les lithiasiques biliaires, et aussi chez les brightiques.
La cholestérine joue un rôle dans la fonction antitoxique; on sait en effet que c’est au métabolisme de la cholestérine que la cortico-surrénale doit sa fonction antitoxique et qu’il y a hypocholestérinémie dans
les infections.
c) Le foie et les matières protéiques.
Claude Bernard a montré l’action du foie sur les matières albuminoïdes en constatant que l'injection d’ovalbumine dans une veine mésaraïque n'était pas suivie du passage de cette ovalbumine dans les urines, alors qu’on y retrouvait ce produit lorsque l'injection avait été pratiquée dans la jugulaire.
Le foie est capable de transformer ces matières protéiques puisqu'il peut, avec un régime uniquement composé de matières azotées, refaire sa réserve de glycogène. Il fabrique des matières protéiques puisqu'il forme du fibrinogène. Mais surtout il les détruit et c’est là la fonction uréopoiétique que nous allons examiner.
Cette notion du rôle du foie dans la production de l'urée avait été entrevue dès 1846 par Bouchardat qui, dans son annuaire de thérapeutique, écrivait : « Il existe certainement une relation qu’on trouvera un jour entre les fonctions du foie et la production de l’urée. » Mais ce sont de Cyon et Waldemar von Schrôder qui, par leurs méthodes des circulations artificielles, ont mis les choses au point :
ils ont montré que le liquide de circulation se chargeait d’urée
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dans le foie alors que sa teneur en cette matière augmentait de façon négligeable dans les autres organes, en particulier dans le rein.
: De même la suppression de la fonction hépatique par ligature des vaisseaux de l'organe diminue la quantitée d'urée de l'urine alors que l’extirpation des reins détermine une augmentation de lurée sanguine.
C’est donc le rein qui élimine l’urée formée par le foie. Nous n’insistons pas sur les modes de formation de l’urée; on sait qu’au point de vue chimie pure la synthèse totale de Purée est possible (expérience de Wôhler), que l’urée peut être obtenue à partir de NHB3 et CO?2; du carbonate et du carbamate de NH; des acides aminés qui, on le sait, peuvent s’écrire schématiquement « acide gras NH3 », l'acide gras est éliminé sous forme de CO2 et H20 surtout sur champ pulmonaire, et NH3 donne de l’urée.
Dans tous ces cas il y a formation de l’urée par simple déshydratation, exception faite de larginine qui donne de l’urée par hydrolyse. - Enfin on peut en partant de l’acide urique, déchet de la digestion des nucléo-protéines des-noyaux, soit d’origine endogène (cela correspond à l’usure cellulaire), soit d’origine exogène (rôle de l’alimentation), arriver à la formation d’urée. Au point de vue physiologique expérimentale et pathologique, toutes ces réactions chimiques réalisées in vitro par la chimie se retrouvent, et cela en reproduisant surtout les expériences de circulation artificielles de W. von Schrôder, et les
expériences d'exclusion du foie par le moyen d’une
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fistule d’Eck complétée par une ligature de lartère hépatique. — Ellés aboutissent à démontrer la pos- -sibilité pour le foie de réaliser les synthèses que nous avons indiquées, et la baisse du taux de l’urée toutes les fois qu'après ingestion ou injection de ces « matières premières de l’urée » on supprime physiologiquement le foie.
- Mais là comme ailleurs le foie est-il seul à former de l’urée ? Sur quels matériaux surtout agit-il ? Nous répondons avec les classiques que, si le liquide de circulation artificielle s'enrichit beaucoup en urée dans le foie, il se charge aussi de ce produit dans les autres organes. — Enfin, c’est surtout à partir des acides aminés et de NHS que le foie travaille.
Il résulte de ces considérations que la glande hépatique joue un rôle dans l’urémie (J. Teissier), et que dans linsuffisance hépatique on peut par des dosages explorer le foie. :
Mais, outre que le foie n’est pas seul formateur d’urée, il faut tenir compte de l’état du rein dont la perméabilité plus ou moins grande retentit sur le foie placé en amont. Nous verrons d’ailleurs que le rein à une grosse part dans le syndrome « ictère grave » qui à longtemps été donné comme l’expression de linsuffisance hépatique la plus prononcée correspondant à une lésion anatomique définie : lPatrophie jaune aiguë du foie.
.Comment alors discerner ce qui revient au rein, plus où moins lésé, et au foie, placé entre la muqueuse intestinale dont le rôle dans le métabolisme
des albuminoïdes n’est pas nul bien que Delaunay
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ait démontré la présence d’acides aminés dans la veine-porte (ce qui tendrait à réduire la cellule intestinale au rang de filtre passif), et le rein lésé.
En matière de conclusion de cette rapide révision de la physiologie du foie, révision sans prétention, destinée à rassembler les idées classiques que nous possédons sur cette physiologie, nous allons voir ce qu'il faut entendre par fonction antitoxique du foie et nous aboutirons à l’étude du syndrome, dit d’insuffisance hépatique, et aux procédés cliniques d'exploration du foie.
La formation de l’urée par le foie peut être considérée comme une fonction antitoxique; l’urée en effet n’est pas toxique comme le montre l’expérience et son rôle dans lurémie est bien discuté; faut-il alors dans ce syndrome accuser NH (Teissier), l’azote résiduel de Chabanier, en tout cas si l’on continue à doser l’urée, c’est qu’elle semble varier parallèlement à ces substances. |
La destruction des acides gras est aussi une fonction antitoxique et l’acétonémie est en partie liée à une déficience hépatique; il faut cependant y faire la part du pancréas comme nous lavons vu plus haut.
Pour juger du pouvoir antitoxique du foie, on peut faire appel soit à la méthode chimique, ou méthode des recherches comparatives de substances injectées dans le foie et les autres tissus, soit à une méthode physiologique consistant à comparer la toxicité d’une solution avant et après la traversée hépa-
tique.
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On constate ainsi que nombre de substances injectées sont retenues, telles que l’arsenic, le plomb, la morphine, et que de la sorte les injections de toxiques par la veine-porte doivent, pour être nocives, être plus importantes que faites dans une veine quelconque; cela est particulièrement frappant pour les alcaloïdes et surtout la strychnine.
Quant à savoir si le foie se contente d’accumuler de telles substances ou s’il les transforme, cela est mal précisé; quel est le rôle exact de la cholestérine dans les infections ? Le mécanisme de cette action est également ignoré; pour H. Roger, il serait en relation avec la fonction glycogénique du foie ; nous reviendrons sur ce sujet à propos de la glycuronurie.
Il ne faut pas oublier, pour être complet, que dans le foie une partie de l'acide sulfurique, dérivé de l'oxydation du soufre de certaines albumines, s’unit aux composés aromatiques, phénols et indols résultant de la fermentation bactérienne intestinale. Or les phénols sont particulièrement toxiques, beaucoup plus que les phényl-sulfates; voilà encore une fonction antitoxique.
Les conjugués glycuroniques dont nous parlerons plus loin paraissent au premier plan les témoins de
la fonction antitoxique du foie.