‹ Contribution à l'étude de la grenouillette sus-hyoïdienneChapitre 21 sur 47 · __ DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

__ DIAGNOSTIC

Il Gt généralement très facile. Le plus souvent, en effet, ils agit d’un individu qui a déjà été opéré une ou plusieurs fois pour une grenouillette sublinguale et qui un beau jour, présente au niveau de la région sus-hyoïdienne, une voussure qui se développe lentement, sans douleur et qui a les trois grands caractères suivants : Fluctuation, extrême mollesse, réductibilité apparente ou réelle. En même temps, la saillie sublinguale s’est reproduite plus ou moins nettement, mais il est rare que la fluctuation puisse être transmise de cette dernière à la poche sus-hyoïdienne.

Le diagnostic différentiel est à faire avec les tumeurs solides, avec les tumeurs demi-solides, et avec les tumeurs liquides de a région sus-hyoïdienne,

Les tumeurs du premier groupe, quoique solides, présentent cependant, sinon sur toute leur étendue, du moins en certains points, une consistance molle,et par conséquent doivent être passées en revue dans cette étude clinique.

Le sarcome de la glande sous-maxillaire ou des qanglions voisins est d’un diagnostic généralement facile, grâce à l’évolution rapide, à l’adhérence aux parties voi-

sines, à l’engorgement ganglionnaire, à la consistance

inégale qu'il présente, dure par places molle dans d’autres, et au retentissement sur l’état général.

Quant au cancer des ganglions de cette région, il est toujours consécutif à un cancer voisin et de plus il est toujours de consistance dure.

L’adénite tuberculeuse qui a une consistance ferme au début peut finalement se ramollir, et dès lorssimuler une | grenouillette, mais elle s’en distinguera toujours par la tendance à l’adhérence aux tissus sous-jacents et, surtout à la peau qui ne tarde pas à devenir violacée et às’ulcérer. De plus, il est bien rare que l’adénite tuberculeuse soit absolument localisée à cette régionet que les poumons soit indemnes.

Quant aux tumeurs du maxillaire Supérieur, elles adhèrent {oujours à cet os et ne peuvent être confondues avec la grenouillette, |

Les tumeurs demi-solides Sont représentées par les li- Pomes ; tantôt ceux-ci occupent le plancher de la bouche et peuvent, lorsqu'ils sont très volumineux, déterminer une légère voussure de la région sus-hyoïdienne et alors soulever légèrement, lorsqu'ils sont très con- Sidérables, le plancher de Ja bouche, Dans le premier cas le diagnostic s'impose, d’abord, il n'existe pas de tulueur sus-hyoïdienne, et de plus, la coloration jaunâtre du lipome est nettement visible par transparence, sous la Müuqueuse buccale. Dans le second Cas, au contraire, l’erleur est très facile à commettre malgré les trois grands Caractères habituels des lipomes : mollesse, lobulation,

fausse fluctuation.

) sl . (2 - L Parmi les tumeurs liquides, nous éliminerons tout d’a-

Ê Cr pie 0

bord les abcès chauds toujours facilementreconnaissables, grâce à leurs signes habituels : rougeur, douleur, chaleur et tuméfaction. |

Sans doute, la grenouillette peut suppurer, mais cette supuration, nous l’avons dit, est généralement consécutive à la ponction, et alors les commémoratifs permettront de faire un diagnostic précis.

Les abcès froids sous-maxillaires ont été souvent confondus avec la grenouillette. La confusion n’est quère possible, cependant, car ils sont consécutifs le plus souvent à des adénites tuberculeuses, mais elle est quelquefois difficile à éviter, lorsqu'ils sont dûs à des otites. La recherche attentive d’un point osseux douloureux sera indispensable pour trancher la question. D'ailleurs, lPabcès froid a toujours tendance à ulcérer tôt ou tard les téquments ; donc en cas de doute, l’évolution de la maladie imposera [e diagnostic.

Les kystes hydatiques de la région sont souventpris pour des kystes dermoïdes, rarement pour des grenouillettes car s'ils sont très durs, fluctuants,ils sont en revanche à limites très précises, non réductibles, etne sont pas précédés de l'apparition d’une tumeur sublinguale. La position de ces kystes donnera un liquide clair comme de l’eau de roche, dans lequel on pourra retrouver au microscope les crochets caractéristiques.

Les kystes sébacés sont rarement très volumineux à cette région, et de plus, ne présentent pas la mollesse et la réductibilité vraie ou fausse, spéciale de la grenouillette.

Enfin le diagnostic différentiel avecles kystes dermoïdes

ù ire %

de la région sus-hyoïdienne est suivant les cas très facie à

le ou très difficile. Lorsque, ce qui est la règle, le kyste

dermoïde est médian, il ne peut être confondu avec la

. grenouillette toujours latérale, mais quelquefois il est latéral et aiors le diagnostic est extrêment délicat, surtout

Tdrsque, comme dans le cas observé chez M. le Professeur

Le Dentu (1), le kyste fait à la fois saillie à la région sus- | ‘A

hyoïdienne et sur le plancher de la bouche. 11 faudra alors se rappeler que habituellement le kyste dermoïde a NL une consistance beaucoup plus ferme que la grenouillette, 4 qu'il est moins nettement fluctuant, qu'il conserve surtout l'empreinte du doigt, qu’il adhère au maxillaire inférieur et qu’au niveau de la région sublinguale, la saillie qu'il

forme est non pas bleuâtre, mais qrisâtre ou jaunâtre.

Page 1