X..., 28 ans, antécédents bons
Une grenouillette sublinguale du côté gauche avait été ouverte, évacuéeel cautérisée aunitrate d'argent. La tumeur avail reparu, empiétant à gauche du frein de la langue el paraissant plus volumineuse que la première fois. Le malade ne voulut, pas subir d'autre opération qu'une incision et il partit en voyage. h hi
Quatre mois après, réapparition de la tumeur dans la régionsus-hyoïdienne latérale, celle-ci augmente rapidement et fait une saillie du volume d’une mandarine dans la réscion sousmaxillaire.
Anesthésie. — Incision longue cinq centimètres dans la région sus-hyoïdienne. Les difficultés de la disseclion furent considérables. La paroi de la poche, mince semblait s'étendre profondément vers le haut de la langue el se déchira à plusieurs reprises.
On en réséqua le plus possible et on draina. Tout se passa bien sans grande réaction inflammaloire. La cicatrisation était presque faite quand un jour (3 semaines après l'opération) une nouvelle grossesse apparut sous la langue à droite, cette fois. La pression ne put les faire évacuer par le drain ; on évacua ce
kyste au moyen d’un canule et on fit une injection à la teintu-
Eu
die
re diode pure qui distendit la nouvelle poche et dessina même nettement sous la langue et sous le plancher de nouvelles tumeurs, ce qui confirma l'hypothèse de prolongements multiples et très irréguliers, non oblitérés, du kyste primitif.
Cette injection de teinture d’iode poussée avec une certaine force et qu’on laissa ressortir par la canule détermina une dou- -leur intense et presque une syncope chez le malade qu’on pansait assis. L'iode avait probablement brûléle nerf lingual car les douleurs remontaient dans la partie profonde de ja langue, s'irradiaient dans les parties lalérales du larynx, jusqu’à la base du crâne. Quelques heures après, le cou élait devenu’ énorme el le malade éprouvait une gêne respiraloire telle qu'on craignait un instant un œdèmede la glotte : les douleurs et !a réaction inflammatoire durèrent, plus atténuées,cependant, pendant plusieurs jours.
Au bout de5 à 6 jours, on s’aperçut que la muqueuse du plancher sublingual et de la face inférieure de la pointe de la langue était sphacélée ; l’iode avait détrui’ en entier les parois de la tumeur.y compris la muqueuse qui la recouvrait exlérieurement, La bouche fut lavée avec des solutions antiseptiques.
Quand le plancher de Ja bouche fut réparé, on enleva le drain
et on laissa la cicatrisation se faire librement.
Pefdant quelques mois, la langue un peu collée au plancher de la bouche par la cicatrisation de ce dernier était gênée par les mouvements de déglutition et de phonation, mais peu à peu
elle récupera sa souplesse.
Il n’g eut pas de récidive. Le résultat parait excellent.
Lee