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de la poche une grande quantité d'une sorte de pommade ou de beurre jaunâtre, dans lequel on trouve de rares cheveux. La poche est alors commodément saisie avec des pinces et attirée hors de la plaie. Mais il existe une aihérence profonde et antérieure si solide, que je suis conduit à couper le muscle mylohyoïdien pour la délacher et achever l’exlirpation. Ce pian musculaire sectionné, je pense sans trop de peine libérer et extraire la partie profonde de la poche. Celle-c1 était en somme comme en bissac et présentait deux loges secondaires, étant coudée au niveau du bord postérieur du mylo-hyoïdien Je n'ai pas pu isoler de pédicule allant s'insérer au maxillaire.
L'adhérence antérieure et profonde qui génait l’extraction de mon kyste, se faisait aux tendons des muscles géniens. La muqueuse buccale, bien que réunie par une cicatrice à la paroi kystique, a pu être décollée sans déchirure et la cavité de la bouche ne communique point avec le foyer opératoire. Celuici est profond et spacieux et il s’y produit en différents points des suintements sanguins qui nécessitent des ligatures, et m'obligent à laisser un pelit drain. Sutures profondes comprenant le mylo-hyoïdien et sutures cutanées au crin.
Dans certaines de ces opérations on à signalé des troubles resfiratoires au moment des manœuvres nécessitées par l'extraction de la poche.
11 ne s’est produit icirien de semblable. La respiration est demeurée très régulière pendant toute la durée de l'opération. 11 est vrai que ces ennuis surviennent particulièrement quand il y a des adhérences hyoïdiennes, ce quin’était pas le cas chez notre inalade.
Les suiles de l'intervention ont été très satisfaisantes. Pendant
deux jours le malade a élé incommodé par un crachotement
fréquent et pénible et par la gène que lui causaient les mouvéments de déglutition. Il y avait en outre un gonflement en bour-
relet de la muqueuse buccale œdémateuse.
Dès le troisième jour ces phénomènes s'amendaient. Le drain
fut ôlé le cinquième jour.
A ce moment il n'y avait plus ni douleur, ni gonfiement de la muqueuse, etlès mouvements de la langue étaient redevenus faciles, en même temps que le besoin de cracher sans cesse avait disparu. |
Les fils furent ôlés le 24 septembre. La réunion était parfaite. Le malade nous a quittés dès le lendemain 25.
M. Petit, chef du laboratoire de M. Le Dentu, a eu la complaisance d’éludier la paroi du kyste et le liquide recueillis au cours de l'intervention. ;
Sur ses préparations, on constate avec une grande netteté que cette paroi est constituée par un derme et un épiderme.
Cet épiderme présentait une couche profonde comparable au corps de Malpighi, un siratum granulosum et une couche épaisse de cellules lamellaires et cornées.
Le magma butyreux, qui remplissait le kyste, était formé par ces cellules devenues libres et agglomérées entre elles. Dans l'épaisseur de la paroi on voyait un grand nombre de très belles glandes sébacées et quelques follicules pileux, constatation intéressante, car ces poils et glandes manquent très souvent dans les dermoïdes du plancher de la bouche. Par contre,
il n'y avait pas de papilles.
! Quant au liquide, il a été étudié d’abord au microscope, el cel
examen n'a rien montré que de débris cellulaires et de crisaux d'acide gras. Cliniquement il présentait cette particula-
rité de contenir du sulfocyanure de potassium, La présence de
ce Sel a d'abord causé quelque surprise à M. Petit, mais toutes les réactions appropriées l'ont conduit à cette même conclusion que Son existence dans ce liquide était incontestable. Il a eru cependant devoir faire vérifier son analyse par un chimiste distingué, M. Bricemoret, qui lui aussi a faitla même constatation.
La présence du sulfo-cyanure de potassium est en effet assez singulière dans un kyste dermoïde. À la vérité, même dans une grenouillette, le fait aurait été anormal, car le liquide des grenouillettes diffère de la salive et en particulier, diverses analyses ont montré qu’il ne contenait point de sulfo-cyanure de potassium. Dans notre cas, si le kyste était demeuré clos pendant toute son évolution, le fait eût été d'une interprétation difficile. Mais il n’en a pas été ainsi. Pendant plusieurs semaines, le kyste a été mis en communication large avec la bouche et la salive s’introduisail librement dans la poche devenue äinsi une annexe de la cavité buccale. Puis le kyste s’est refermé et il n’y a rien d'étonnant que quelques éléments de la salive soient demeurés emprisonnés dans sa cavité.
Sans doute, ils se seraient modifiés et auraient disparu à la langue, mais l'époque des précédentes interventions est encore toute récente. J
Etant donné que ce kyste avait été longtemps ouvert dans la bouche, milieu où vivent normalement de nombreux germes, on Arai dû rencontrer dans cette poche des micro-organismes. Mais, contrairement à notre altente, le contenu du kyste
étail stérile, comme celui des dermoïdes qui sont restés complé-
tement clos,