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Aux Etats-Unis paraissent de nombreux travaux concernant les atteintes du cœur au cours de la grippe: nous ne citerons que ceux de CURTIN et WATSON, et l’article de SABSHIN, qui attribue à une paralysie vaso-motrice l’ensemble des troubles cardio-vasculaires. Nous n’insisterons pas sur le travail de Green CUSTOM qui reproduit intégralement, mot pour mot, l’article de MINET et LEGRAND, sans que soit cité le nom de ces auteurs.
Dans les pays de langue latine; signalons les articles de GRAN Y SAN MARTIN, HUERTAS, PAGANELLI, FORTU- NATO ; SIMICI, qui insiste sur le traitement de l'insuffisance cardiaque grippale par la Strophantine en injection endo-veineuse.
Les diverses conceptions de la grippe cardiaque. — Essai de classification. —— La plupart de ces travaux avaient pour but une classification de la grippe cardiaque. Schématiquement, nous considérerons deux étapes: la classification de HUCHARD et de son école, fondée sur l'anatomie pathologique; puis les classifications qui font aux troubles fonctionnels une part de plus en plus grande, sans nier cependant la fréquence et l'importance des troubles organiques. HUCHARD, et après lui MIRZA, décrivent une péricardite sèche ou avec épanchement et alors purulente; une endocardite végétante ou ulcéreuse, qui s'accompagne dans la majorité des cas de. lésions pulmonaires; enfin une myocardite aiguë diffuse, constante pour HUCHARD qui se traduit à l’autopsie par un cœur « décoloré, dilaté, friable, de teinte feuille morte ».
Dans cette classification très schématique, MIRZA se rend compte qu'il ne fait que côtoyer le problème:
« La plupart des lésions cardiaques sont dues à des in-
fections secondaires. Peut-être y a-t-il un poison grippal, dont l’action débilitante porte principalement sur l'appareil circulatoire. Les grippes les plus bénignes en apparence peuvent avoir les conséquences les plus graves. >» « Il est un certain nombre de phénomènes qui paraissent dus à un poison grippal. Ces phénomènes dont les uns ont leur siège dans la circulation périphérique, les autres dans le cœur lui-même, ne semblent pas dépendre d’une lésion du cœur et des vaisseaux. Ce sont eux qui nous paraissent représenter véritablement la symptomatologie grippale de l’appareil circulatoire. »
Mais une réaction se produit et divers auteurs étrangers vont mettre au premier rang les troubles fonctionnels dont l’importance échappe encore à l'école française:
SAMSON, le premier, en 1894, dans une communication à la Société Royale de Médecine et de Chirurgie de Londres, divise la grippe cardiaque en quatre grands syndromes fonctionnels:
Le cœur rapide;
Le cœur lent;
Le cœur irrégulier; Le cœur douloureux.
Nocora, en 1898, laisse de côté les lésions organiques du cœur et considère dans la grippe cardiaque, par ordre de fréquence :
L'embryocardie;
Le pouls irrégulier:
Le pouls intermittent:
Les palpitations:;
Les prostrations;
La syncope;
Le pouls lent; L’affaiblissement du cœur:
L’arythmie ;
La tachycardie;
Les douleurs angineuses.
C'était peut-être diviser à l'extrême le syndrome et la réalité chinique ne correspond guère à cette classification de fréquence. Cependant, l'idée est reprise par EICHHORST qui introduit à côté des grands syndromes anatomiques, les grands syndromes fonctionnels, sans préoccupation pathogénique :
Le cœur tachycardique grippal; Le cœur bradycardique grippal:
Le cœur extrasystolique grippal:
Le cœur névralgique grippal.
MINET et LEGRAND reprennent à peu de chose près cette classification et dissocient la « myocardite grippale » en plusieurs syndromes qui prennent place à côté de l’endo-péricardite:
Le cœur grippal tachycardique; Le cœur grippal bradycardique:; Le cœur grippal arythmique:
Le cœur grippal syncopal:;
. Le cœur grippal névralgique.
Nous acceptons cette classification dans la mesure où elle n'envisage que les troubles fonctionnels: seuls pour nous, ils portent, .en effet, la marque de la grippe, qui se traduit, où qu’elle agisse, par un caractère fugace, et qui ne laisse qu’exceptionnellement des lésions définitives.