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1580 que l’on signale pour la première fois les troübles cardiaques qui peuvent marquer et compliquer son évolution. HÉNISH insiste sur « la pésanteur dans la région précordiale, les palpitations, la petitesse, l'accélération et l'inégalité du pouls ». Cependant cette simple et adroite notation clinique passe inapercue, ou, tout au moins, n’est pas isolée du syndrome infectieux; et il faut attendre les grandes épidémies du xXIx° siècle pour assister à l’apparition des premiers travaux sur la question.
Le premier, HUCHARD, en France, consacre une série d’arücles et de leçons cliniques à la grippe cardiaque: il décrit des lésions de l’endocarde, du myocarde et du péricarde. Mais déjà 1] note finement que la péricardite est presque tou- Jours secondarre à la broncho-pneumonie, et que, dans son étiologie, « la grippe n'intervient qu’indirectement. Il ne s'agit que d’une infection surajoutée à la maladie. 3 Enfin il considère la grippe comme une « complice de l’état asystolique » et insiste sur son action sur les cœurs malades.
PETER, de son côté, consacre quelques articles à la grippe cardiaque, insistant sur les réveils de rhumatisme par la grippe, et sur les formes adynamiques déjà signalées par BALLET.
Une série de thèses se succèdent, qui s’inspirent de ces travaux: celles de MIRZA, LEBRETON, DE BATZ, LE Maux. CH. FIESSINGER insiste sur l’endocardite infectieuse de la grippe: nous ne pouvons citer tous les autres travaux sur les ‘endocardites attribuées à la grippe, puisque, selon nous, ils ne se rattachent qu'en très petit nombre, ou surtout indirectement à la question. JOUSSET, en 1903, étudie la grippe cardiovasculaire. MINET et LEGRAND publient un article sur la grippe cardiaque dans un numéro du Paris-Médical. La thèse de LEGRAND était consacrée à ce sujet.
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En Allemagne, les travaux de HUCHARD eurent une influence notable. LEYDEN, en 1890, observe une répercussion désastreuse de la grippe sur le cœur des obèses et des vieillards. PAWNISKI multiplie des observations, souvent très discutables de myocardites, de péricardites, d’endocardites grippales. SCHOTT, en 1900, puis en 1919, insiste sur la fréquence des atteintes cardiaques de la grippe, et il en trace un pronostic sérieux, particulièrement chez les artério-scléreux, et les malades porteurs de lésions valvulaires. RUHE- MANN décrit également des formes sévères et surtout des myocardites, chez des sujets préalablement atteints de cardiopathies. ROMBERG et KRAUSE, puis MULLER, soulignent successivement l'importance et la gravité de la grippe cardiaque. En somme, les auteurs allemands notent assez souvent un fâcheux retentissement de la grippe sur le cœur, et ils invoquent presque tous des lésions anatomiques.
Par contre, en Angleterre, les opinions sont extrêmement
divergentes. SAMSON, qui a étudié cent cas de grippes cardia- :
ques, incrimine des troubles nerveux et thyroïdiens. En 1919, un numéro du /ractictionner est consacré à la grippe. POWELL et WEST accordent une place importante à l’insuffisance myocardique au cours de la grippe, alors que Mac- KENZIE ne reconnait aucune action directe des toxines grippales sur les cœurs sains, et nie formellement leur mauvaise influence sur les cœurs déjà tarés. Suivant la description du grand chnicien anglais, il n'y aurait que des faux cardiaques du fait même de la grippe et l’on ne devrait en rendre responsables que les troubles profonds du système nerveux, portant aussi sur le psychisme et l'appareil vaso-moteur.
En Suisse, EICHHORST publie une étude très intéressante, où 1l met en relief les troubles fonctionnels du myocarde.