‹ Contribution À L'Étude De La Grossesse GémellaireChapitre 8 sur 14 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

A. Pronostic maternel. — Au cours de la grossesse, la morbidité atteint un chiffre bien plus élevé que dans la grossesse simple. Sur les 200 cas en effet, nous avons trouvé 45 fois de l’albuminurie, 19 fois des vomissements, a fois de l’hydramnios.

Au cours de l'accouchement, ce qui aggrave surtout le pronostic, c’est la dystocie d’origine fœtale : les présentations vicieuses, l'engagement simultané des deux fœtus au moment de l’accouchement ou le coincement au moment du dégagement. On peut observer quelquefois la rupture utérine.

La délivrance s'accompagne souvent d’hémorra- gies abondantes (nous en avons relevé 16 cas) ; elles sont dues au décollement du placenta.

Les suites de couches sont moins bonnes, souvent . les femmes font des poussées de température ; dans 5 cas nous avons noté un véritable état infectieux. La lymphangite et les abcès du sein ne sont pas rares. MM. Maygrier et Démelin ont signalé la fréquence et les dangers de la rétention placentaire dans la grossesse gémellaire.

Dubois signale une mortalité de 9,9 610 en réalité, cette proportion est considérablement diminuée

maintenant. Sur 200 accouchements gémellaires à la Clinique Tarnier, les observations ne relatent qu’un seul décès, ce qui donne par conséquent 0,5 0/0. Dans ce seul cas que nous avons pu trouver, la mort était due à une infection puerpérale.

Enfin, au point de vue des conséquences éloignées, il faut signaler que ce gros utérus revenant lentement sur lui-même tend à se mettre en rétroversion. ,

M. Bar donne comme causes de cette morbidité :

1° La fréquence des interventions ;

2° La fatigue de la femme fréquemment albuminurique ;

3° Les hémorragies anémiantes :

4° Les tares fréquentes.

Le pronostic dans les bassins rétrécis est moins sombre par suite de la petitesse des fœtus.

. B. Pronostic pour les enfants. —- Si la grossesse gémellaire aggrave ie pronostic pour la mère, il est encore beaucoup plus sombre pourles jumeaux.

La morti-natalité est beaucoup plus fréquente que dans la grossesse simple. Nous avons trouvé 22 mort-nés sur un total de {oo enfants, ce qui donne 5,5 0/0, proportion. qui se rapproche de celle de Strassmann qui donne 5,81 0/0. Si nous ajoutons à ce chiffre le nombre des enfants qui n’ont pas vécu. par suite d’avortement, nous comptons 34 mort-nés, ce qui porte la proportion à 8,5 o/o.

Le nombre des enfants qui meurent dans les quelques jours qui suivent la naissance est encore beaucoup plus considérable. Nous n'avons pas moins

relevé 63 décès, soit 19,15 oJo, et ce chiffre est bien inférieur à celui donné par certains auteurs qui d’après eux pourraient atteindre : 23 et même 34 0J0. Ce moindre pourcentage que nous avons trouvé provient sars doute de l'impossibilité de connaître le sort qui est réservé à ces enfants après leur sortie souvent précoce de l'hôpital.

Il nous reste à voir pourquoi la he est si élevée dans la grossesse gémellaire.

Ce mauvais pronostic serait dû :

1° À ce que ces enfants sont des prématurés dans 23,5 0/0 des cas ;

°° A la fréquence des interventions dans 19,5 0/0 sur le premier enfant et surtout sur le second dans 23,5 o/o des cas ;

3° Aux procidences du cordon avec presque une égale fréquence pour les deux enfants ;

4° À l’hémorragie par décollement placentaire atteignant surtout le deuxième enfant ;

5° À ce que ces enfants sont de des dése nérés, surtout s’il s agit d'une grossesse univitelline où l’on doit toujours soupçonner la syphilis.

Nous terminerons cette étude en faisant remarquer qu’en cas de dystocie fœtale, la vie des deux enfants est très compromise, et la mort survient par asphyxie, hémorragie ou enfin par compression cérébrale, et la dystocie par enclavement est d'autant plus à redouter que dans ces cas, l'accouchement se ter- -mine souvent par une embryolomie. |

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