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Hernies épigastriques étranglées et grossesse
‘ L'existence de la hernie épigastrique étranglée pendant la grossesse est des plus rares, affirme PATEL. Dans les tra- Aaux de SENCERT (1904), dans la thèse de DANJARD (Lyon, 1912), il n'est pas fait mention de cas semblables. Quelle est donc l'influence de la grossesse sur une hernie épigastrique préexistante, puisqu'un axiome affirme l’incompatibilité de l’une et de l’autre ?
« Il arrive très souvent, dit FISCHER, que des hernies qui « existaient avant la grossesse diminuent, puis disparais- « sert au fur et à mesure que celle-ci évolue. L'’utérus aug- « mentant de volume, s'élève hors du petit bassin, repous- « sant les anses intestinales, réduisant les anses herniées, « s’il y en a, comme le fait la main de l'opérateur qui réduit « une anse intestinale etranglée par la voie intra-abdomi- « nale de LAWSON-TRAIT. »
La grossesse semble donc, selon FISCHER, devoir être une condition éminemment défavorable à l’étranglement d’une hernie préexistante. Ceci se manifesterait dès le deuxième mois, pour les hernies inguinales et crurales, après le cinquième pour les hernies cmbilicales, et plus tard encore pour les hernies de la ‘igne blanche sus-ombilicale.
Les hernies irréductibles par adhérences ne rentreront pas; loin de là, le soulèvement du pédicule par l'utérus vravide, pourra devenir unc cause de tiraillement, d’étalement, dont l’engouement des parties herniées, puis leur étranglement pourront être la conséquence.
D'autre part, l’inflexion habituelle de l’utérus gravide vers la droite laisse libre la partie gauche de la cavité abdo-
minale où s’amoncellent les anses qui vont peser sur les orifices herniaires déjà élaigis par la distension pariétale. Malgré ces réserves, l'ascension de l’utérus reste un phénomène de la plus heureuse influence pour prévenir létranglement des hernies en général.
Toutes les causes mécaniques d’étranglement sont aussi favorablement influencées par la grossesse; la distension de la paroi abdominale amène un élargissement de la ligne blanche et de ses orifices, dont les bords s’amincissent, constituant à vrai dire une prédisposition à la sortie de Fintestin, mais diminuant aussi les chances d’étranglement.
Telles sont les raisons de la rareté de l’étranglement herniaire chez la femme gravide, avec les précautions et les ménagements dont elle s’entoure (d'après SENCERT).
Deux observations illustrent cet exposé :
Le cas de M. PATEL, unique dans la littérature médicale; montre que la hernie épigastrique peut s’étrangler pourtant pendant la grossesse. Il s’agit d’une femme de 29 ans, au cinquième mois de la gestation. Après l'intervention, la grossesse continua d'évoluer normalement.
C’est ensuite l'observation de Daniel FABRE : une jeune femme voit se produire chez elle une hernie épigastrique à la suite d'un premier accouchement (diastasis des droits). Une deuxième grossesse est le point de départ d'une augmentation de volume de cette hernie. Une troisième gestation, deux ans après, est interrompue au huitième mois, Car la tumeur épigastrique, ayant acquis les dimensions d’une tête de fœtus, gêne l’accommodation. |
Que conclure de tous ces faits ? Devons-nous les interpréter comme des exceptions ? Devons-nous au contraire