‹ Contribution à l'étude de la LactophénineChapitre 11 sur 31 · SET · texte numérisé non relu

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que la lactophénine n’a aucune action fâcheuse ni sur les globules ni sur l’oxyhémoglobine, chez l'animal sain. Chez les animaux rendus fébricitants nous n’avons pas non plus trouvé de production de méthémoglobine. Nous avons examiné leur sang à plusieurs reprises, 2 h.1/2 et 5 heures après leur avoir fait iigérer des doses très fortes de médicament, et le spectroscope ne nous y a montré que les bandes d'absorption ordinaires de l’oxyhémoglobine.

Action sur l'appareil respiratoire. — A dose toxique, nous avons constaté, chez le lapin et la grenouille, une diminution du nombre et de l’amplitude des respirations. Chez cette dernière, les mouvements respiratoires s'arrêtent avant les battements du cœur.

Action sur le système nerveux. — Ezxyerience I. — Le 10 octobre, à 2 h. 45 du soir, nous faisons ingérer à une grenouille n° 1, 0 er. 10 de lactophénine en poudre ; à 2 h. 50, une grenouille n° 2 en ingère 0 gr. 20 centig. et une autre grenouille n° 3en reçoit à 3 h. 0 gr. 05 cent.

Une heure après : rien d’apparent chez les noi etn° 3; la n°2 présente une diminution des mouvements. Les réflexes sont également diminués, mais non abolis, dans le train postérieur.

Deux heures après : Même état, sinon une diminution du nombre des respirations, chez la grenouille n° 2. à

Le lendemain matin, les animaux 1 et 3se

portent £ien, la grenouille n° 2 semble morte : elle est en résolution complète, insensible, aussi bien dans le train antérieur qu dans le train postérieur. Sion la pince, elle ne réagit plus : les réflexes sont abolis, sauf cependant le réflexe cornéen qui persiste encore, mais faible. — Respiration très ralentie. — Battements du cœur très lents, mais perceptibles et réguliers.

Même état dans la soirée.

Le 20 octobre, les grenouilles 1 et 3 sont toujours très vigoureuses ; chez la troisième, le réflexe cornéen n'existe plus, et on ne perçoit plus les mouvements respiratoires.

Cependant, à l'ouverture du thorax, le cœur bat encore 6 à 8 fois à la minute. L’estomac est rempli de lactophénine non absorbée.

Expérience II. — On injecte sous la peau d’une grenouille n° 1, 1 cc. d’une solution à 1/20 de lactophénine dans l'alcool à 90°, c’est-à-dire 0 gr. 05 cent. de médicament, et à une grenouille témoin n° 2, 1 ce. d'alcool à 90°. Une troisième grenouille recoit de même sous la peau, une injection de 0 gr. 05 de médicament pulvérisé finement et mis en suspension dans l’eau distillée. Les injections sont faites dans le sac dorsai.

Au bout de 15 minutes environ, la grenouille n° ! présente une paralysie du train postérieur avec anesthésie et abolition des réflexes. On note une diminution du nombre des respirations.

Vingt minutes apres l'injection, la grenouille

le

est en résolution complète. On ouvre le thorax: le cœur bat encore, mais lentement.

La grenouille témoin présente une paraplésie du membre postérieur correspondant au côté où a élé faite l'injection, mais il n’y a pas d’abolition des réftexes, ni anesthésie: c’est donc là un effet local de l’alcool. Rien de particulier à noter du côté du cœur ni de la respiration.

La grenouille n° 3 se porte bien

On fait alors à une quatrième grenouille une injection semblable à celle qu’a reçue la n° 1 :; en peude temps, ‘elle présente les mêmes phénomènesque cette dernière. Le lendemain, elle se trouve encore dans le même état. La grenouille n° 3 a aussi subi l'influence du médicamentet se trouve en résolution, comme la précédente.

On voit, par suite, que la lactophénine en solution dans l’alcool est absorbée bien plus vite qu’en suspension dans l’eau, en injection sous cutanée, et que celle-ci a plus d’effet encore qu’une même quantité administrée par le tube digestif.

Expérience IIT. — Chez une grenouille mise en résolution musculaire par l’action de notre médicament, on excite par un courant faradique, les muscles, à travers la peau ou directement : ils se contractent fortement. La substance n’agit donc pas comme poison musculaire; son action doit porter surle système nerveux :est-ce sur le nerf moteur ?

Si on met à nu le sciatique et qu’on excite, au

moyen des mêmes courants, soit le nerf intact, soit le bout périphérique du nerf sectionné, que l’on répète sur une grenouille saine la même expérience avec des courants de même intensité, on voit les muscles innervés par le sciatique se contracter avec une force sensiblement égale dans les deux cas. La lactophénine n’agit donc pas sur la conductibilité motrice du nerf en dehors de son trajet médullaire.

Si on excite le bout central du sciatique sectionné, pas plus alors que quand on pinçait ou cautérisait la patte de l’animal avant la section du uerf, on n'obtient de réflexes en aucun point du corps. L'action médicamenteuse porte donc surtout sur le nerf ou les centres sensitifs.

Expérience IV.— Avant d’administrer la lactophénine, on met à nu le sciatique et on lie en masse la patte correspondante. De cette façon, le nerf est mis à l’abri de l’action médicamenteuse. Lorsque la grenouille est inerte, on excite le nerf. Il ne se produit aucun réflexe. Le nerf étant préservé, ce sont donc les centres soit médullaires, soit encéphaliques quisont atteints.Sion sectionne alors la moëlle de la même grenouille au-dessous du bulbe, et que l’on répète les mêmes excitations on n'obtient pas davantage de réflexes. Les centres médullaires, sinon les centres encéphaliques sont donc touchés.

Expérience V. — On prend deux grenouilles et on les ligature en masse, en laissant seulement

en dehors de la ligature la moëlle et la colonne vertébrale, de facon à priver autant que possible de circulation, toute la moitié inférieure du Corps.

A l’une, on injecte alors, sous la peau de la par-tie antérieure, 1 cc. d’une solution alcoolique de lactophénine à 1120 : l’autre animal sert de témoin.

Une demi-heure après, on examine le pouvoir réflexe de ces animaux, à l’aide de courants faradiques. Avéc des courants très forts, on obtient des réflexes dans les deux cas, mais ils sont plus étendus et se généralisent plus vite chez l’animal témoin. À des courants faibles, ce dernier réagit très bien, tandis que l’autre qui a recu de la lactophénine, ne réagit pas.

Comme la moëlle était protégée, du moins prèsque en totalité, par la ligature contre l’action médicamenteuse, tandis que le cerveau ne l'était pas, il faut bien admettre que celui-ci a été intéressé.

Si cependant on sectionne la moëlle de cette grenouille au bulbe, on voit que les réflexes ne reparaissent que faiblement dans la partie sous jacente, alors que sur la grenouille témoin ils sont au contraire plus forts qu'avant la même opération. La faiblesse des réflexes constatée chez le premier de ces animaux, après section dela moëlle, dépend peut-être en partie de ce que les muscles privés quelque temps de circulation ont une contractilité moindre, peut-être aussi de ce que la

moëlle reste toujours quelque peu irriguée (artéres spinales), par le sang, même aprèsnotre ligature, peut-être, mais moins plausiblement, d’une persistance partielle de l'action inhibitrice du cerveau sur le pouvoir réflexe médullaire.

Expérience VI. — Deux grenouilles sont ligaturées en masse au-dessous du train antérieur, comme dans l'expérience précédente, puis on leur sectionne la moëlle au-dessous du bulbe, et à l’une on injecte dans le train antérieur, de la lactophénine : l’autre sert de témoin. Lorsque le médicament a agi, on constate chez les deux animaux des réflexes d’intensité égale dans les membres : ils persistent de même dans la tête de la grenouille témoin, alors qu'ils sont abolis chez l’autre. Le cerveau subit donc, bien certainement l’action médicamenteuse, cette expérience confirme encore la précédente.

Expérience VIT. — TI s’agit d’un lapin pesant 2 kilog. 720, auquel on fait ingérer, au moyen de la sonde stomacale, à 9 h. 40 du matin, 4 gr. T5 de lactophénine, c’est-à-dire environ 1 gr. 75 par kilog. d'animal. Ps

Au bout d'environ 3/4 d'heure, l’animal, dont la température est tombée de 39° 4 à 36°6, présente une paralysie avec anesthésie du train postérieur. On ne provoque plus de réflexes en pinçant les pattes paralysées, mais les réflexes et la sensibilité ainsi que le mouvement, persistent dans letrain antérieur et la tête.

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