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À 10 h. 45 m. on note une paralysie avec anesthésie et perte des réflexes dans le train antérieur ; le réflexe cornéen persiste, le nombre des respirations et des battements du cœur est sensiblement diminué.
A 11h. 15 m. le lapin est pris de frissons violents et répétés, les sécrétions salivaire et lacrymale paraissent très augmentées. Temp : 36° 9.
11h. 1/2 — L'animal est inerte, couché sur le flanc ; il ne peut se tenir sur ses pattes. Le réflexe cornéen persiste, mais faible. L'animal ne semble plus percevoir le bruit que l’on fait près de lui, tandis que jusque là il remuait au moindie bruit, les membres non paralysés.
Midi. — Même état.
Midi 15m. — Frissons continuels ; l’animal est inerte, les paupières à demi fermées. Temp. 3502.
Midi 1/2. — La sensibilité tactile a reparu, mais l’anesthésie persiste : l'animal est moins prostré.
1h. 1/2. — Temp. 35° 2. Les frissons persistent; la respiration est toujours très ralentie.
2h. 15. — Temp. 35. L'animal est plus vigoureux, il peut de nouveau se soutenir sur ses pattes de devant ; quelques réflexes dans le train antérieur.
3h. 19.— Temp. 35 4. Même état. Frissons continus.
4h. 15. — L'animal se remet peu à peu. Temp.
30° 8. Le lendemain matin, l’animal est complètement rétabli.
Nous avons observé les mêmes phénomènes nerveux, les mêmes frissons, la même hypothermie chez un autre lapin de ! kg. 980 auquel nous avions fait avaler 4 gr. environ de lactophénine.
Chez les lapins que nous avions inoculés avec des cultures de staphylocoque, de streptocoque de bacille pyocyanique, de bacillus Zactis aerogenes, nous avons remarqué que, avec des doses de 1 gr. par kg., on obtenait, soit après le premier jour, soit après le second, une parésie, une diminution des réflexes et de la sensibilité, très passagères, c’est vrai, mais semblables à celles ‘ que l’on obtenait chez l’animal sain, avec des doses plus élevées. (1 gr. 50 par kg.)
Ces phénomènes étaient plus prononcés dans le train postérieur auquel ils restaient souvent limités. Parfois aussi ils se produisaient dans le train antérieur.
De toutes ces expériences, on peut tirer les conclusions suivantes :
1° La lactophénine agit sur toutes les parties de l’axe encéphalorachidien. Pouvons-nous aller plus loin, et dire qu’elle agit plutôt sur le cerveau ou sur le bulbe que sur la moëlle, ou qu’elle a une action prédominante sur telle ou telle de ces parties? Nous ne croyons pas pouvoir apprécier la question de quantité ; quant à la priorité de l’action médicamenteuse sur tel ou tel centre nerveux, nous avons constaté, chez le lapin comme chez la grenouille, qu’elle débute par le train postérieur,
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pour gagner ensuite le train antérieur. Nous avons vu en outre que les réflexes de la partie céphalique disparaissent, chez la grenouille, après ceux du train antérieur et que la respiration s'arrête plus tard, longtemps avant le cœur, qui meurt enfin paralysé en diastole. La lactophénine semble donc agir sur la moëlle d’abord, sur l’encéphale ensuite, et en dernier lieu sur le bulbe.
2° Les nerfs périphériques soit moteurs, soit sensitifs paraissent peu subir l’action du médicament.
3° Les centres sensitifs, soit médullaires, soit encéphaliques sont atteints plus fortement que les” centres moteurs. Est-ce à dire que ceux-ci soient intacts? Les mouvements volontaires sont sinon totalement impossibles du moins très atténués, si on emploie des doses toxiques : témoin nos lapins, qui, au début de l’intoxication, et lorsqu'on voulait les saisir, remuaient très bien la tête et les membres antérieurs alors que les pattes postérieures restaient inertes : les centres moteurs subissent donc l’action médicamenteuse. Mais cette paralysie peut tenir ou bien à ce que les centres de volition sont influencés ou bien à ce que les mouvements commandés par ces centres restés intacts ne sont plus transmis directement aux muscles par les cornes antérieures de la moëlle altérées.
Si l’on admettait la première de ces hypothèses, il faudrait convenir que la lactophénine a une
action sinon primitive, du moins prépondérante et très localisée sur les centres cérébraux; dans la seconde, il faudrait admettre que la substance grise médullaire est intéressée surtout et que les cornes antérieures le sont juste assez pour intercepter la voie de transmission des ordres de notre volition, sans toutefois l'être suffisamment pour intercepter l’arc réflexe lorsque l’on excite les nerfs à l’aide de courants induits. S'il en était ainsi, les malades ayant absorbé de la lactophénine devraient présenter, à un certain degré de la parésie de certains groupes musculaires, et une diminution des réflexes, phénomènes que nous n’avons jamais observés en clinique, avec des doses thérapeutiques alors même que l’analgésie était déjà très manifeste. À
Nous ne croyons pas pouvoir nous prononcer catégoriquement sur ce point, quoique nous penchions en faveur d'une action sur les cornes antérieures, moins prononcée certainement que celle du médicament sur les cornes postérieures.
Toxicité. — La lactophénine est très peu toxique. Nous avons vu des lapins résister à des doses de 2 gr. par kg. et des grenouilles supporter 0 cg. 15 en ingestion stomacale. Chez l’homme, on a administré jusqu’à 6 gr. sans accident grave. Cette inocuité du médicament est peut-être due en partie à son peu de solubilité et, par suite, à la lenteur avec laquelle 1l est absorbé.
Action antiseptique. — H. Strauss a constaté
qu'en solution aqueuse diluée, la lactophénine n'entrave, ni n'empêche le développement de la levure de bière, mais qu’au contraire, elle Pactive et l’accélère. En solution alcoolique à 5 0/0, elle jouirait pourtant de propriétés antizymotiques et antiseptiques, mais n'est-ce pas là un effet de l’alcoo! ?
Grâce au concours de notre ami Thiry, préparateur de M. le Professeur Macé, nous avons pu faire quelques expériences sur l’action antiseptique du médicament que nous étudiions. Le tableau suivant indique nos résultats :
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