OBSERVATION I (PERSONNELLE
(recueillie au service de M. le Professeur Bernheim)
Rhumatisme articulaire aigu.
Constant V..., 28 ans, garçon de café ; marié, a 2 frères dont l’un est rhumatisant. Pas d’antécédents héréditaires. À eu la scarlatine ; s’est engagé aux dragons à 18 ans.
Sa première attaque de rhumatisme a débuté aux manœuvres ;. il est resté 3 mois à l’hôpital militaire. Toutes ses articulations ont été prises tour à tour.
Il est entré à 8 reprises dans le service de M. le Professeur Spillmann en 1891, pour de nouvelles attaques. Il a eu une angine très douloureuse en décembre 1894. Le salicylate de soude lui donne des vertiges et des bourdonnements d'oreilles.
Il est tombé malade le 14 juillet, est resté 11 jours au lit ; puis il à essayé de reprendre son travail, mais, forcé de s’aliter à nouveau, il entre à l'hôpital le 3 août.
o août. — Le poignet droit, l’articulation sterno-claviculaire gauche, le genou et larticulation tibio tarsienne
gauche sont douloureux. Le malade prend ? gr. de phénacétine et on lui fait des frictions salicylées.
Tempér. — matin, 38° 2 ; soir, 38°.
4 août. — Nous trouvons le malade dans l’état suivant : Constitution bonne. Tempér. : 3802 — P. 84. L'appareil digestif ne présente rien de particulier. — Du côté del’appareil respiratoire : bronchite légère. La pointe du cœur bat au 5° espace en dedans du mamelon. Pouls régulier, égal. Soufile léger au 1% temps et à la pointe du cœur, sans douleur précordiale.
Douleurs vives à la pression dans les muscles des gouttières vertébrales, de la nuquz et des espaces intercostaux. Genoux peu gonflés, mais très sensibles. Crampes dans les bras et les mollets.
Le malade prend à 1 h. 172 du soir 0 gr. 50 de lactophénine. À 5h. les douleurs ont déjà diminué. Tempér. 38° On donne un second cachet de 0 gr. 50.
6 août. — Le malade a beaucoup sué la nuit. Douleurs bien moins vives. Tempér. 370 4; P. 76. On continue le traitement. k
7 août. — Plus de douleurs dans les genoux. Douleurs légères dans la hanche et le coude droits ; elles persistent assez fortes dans la nuque. Sueurs abondantes. Bruits du cœur sourds. Souffle prolongé à la pointe. Pas de palpitations ni de dyspnée. T. 370 6; P. 88. Le soir, le malade se trouve mieux. On porte à 2? gr. la dose de médicament.
8août. — Le malade a mal dormi lanuit, La fièvre a remonté à 38°. L’épaule et le coude droits sont douloureux.
9 août. — Les douleurs sont moins vives. Sommeil calme. Sueurs peu abondantes. -
10 août, — Plus de douleurs spontanées. Les mouvements étendus seuls sont pénibles. |
11 août. — L'amélioration continue. Le malade se lève.
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On diminue de moitié la dose journalière du médicament.
13 août. — Les douleurs ont reparu dans l’épaule droite et la main gauche ; on rend ? gr. de lactophénine.
14 août. — Le malade a beaucoup sué. Sommeil calme, de durée assez courte (4 heures). Les douleurs diminuent.
16 août. -— Il ne reste plus qu’un léger engourdissement des membres. Le malade se lève. Temp. 37° 4. P. 84. — 1 gr. de lactophénine.
17 août. — Le malade se porte bien.
19 août. — L’épaule gauche est reprise; mais moins fortement que la première fois. Sueurs abondantes. Pas de sommeil. On rend 2 or. de lactophénine.
20 août. — Le malade va bien, se lève ; on diminue la dose de médicament.
21 août. - Même état. On cesse le traitement.
22 août. — Douleurs légères qui cèdent à un cachet de 0 gr. 50. Nous quittons le malade à peu près guéri; il ne lui reste qu'un léger engourdissement dans l’épaule gauche. Il a cependant été repris quelques jours plus tard au poignet gauche. On lui à fait alors du 7 au 13 septembre, des frictions salicylées, avec une pommade ainsi formulée :
Acide ne Ut Essence de térébenthine® aà 5 gr.
DANCE) Axonge 50 gr.
L’acide salicylique a fait, lui aussi, cesser les douleurs, mais leur disparition n’a, pas plus qu'avec la lactophénine, été absolument définitive, car le malade nous a dit avoir souffert encore une quinzaine de jours après sa sortie de l'hôpital. Les frictions ont eu de plus, linconvénient de produire une chute presque compléte de l’épiderme aux points où on les a faites.
OBSERVATION II (PERSONNELLE) (Recueillie au service de M. le Professeur Bernheim) Rhumatisme articulaire aigu
W... chauffeur à la Compagnie des chemins de fer de l'Est, 34 ans, a eu à l’âge de 23 ans, une première attaque de rhumatisme qui a duré 3 semaines. Il a été traité par le salicylate de soude qui provoquait chez lui des étourdissements.
Sa mère est une migraineuse, sa sœur rhumatisante. Le 2 août, il a été pris de vives douleurs dans le genou gauche ; puis le genou droit, l'épaule droite et enfin l’épaule gauche, ont été atteints successivement. Le malade s'est alité, privé de sommeil et d’appétit. II à été traité alors par la phénacétine. Les douleurs ont un peu diminué, mais n’ont pas disparu. Il a cessé la médication le 14. et est entré à l’hôpital le 16.
Le malade marche difficilement. Son genou gauche est très sensivle, œdématié ; les articulations scapulo-humérales sont atteintes, mais un peu moins que le genou. T..88 5. P. 96.
Appareil digestif: Langue sèche. Pas d’appétit. Vomissements fréquents. Selles régulières, mais rares.
Appareil respiratoire : Le malade tousse peu. Expectoration muqueuse assez abondante. Râles humides bronchiques en arrière, aux deux temps de la respiration et des deux côtés de la poitrine.
Rien d’anormal du côté du cœur, ni de la circulation.
Pas d’albumine dans l'urine qui est rare et de teinte foncée.
On ordonne un purgatif (sulfate de soude 30 gr.) et deux cachets de lactophénine de 1 gr. chacun.
17 août. Temp. 37°7. P. 88. Le malade a peu dormi. Les douleurs persistent assez vives. Peu de sueurs. Le malade mange un peu. Toux plus fréquente. Expectora tion abondante. On continue la lactophénine.
18 août. — Le malade n’éprouve plus de douleurs spontanées.
19 août. — Même état. Sensation d’engourdissement dans les articulations du petit doigt de la main droite et dans le poignet gauche. Le malade a bien dormi. L’appétit est revenu.
20 août. — Le malade n’a pas souffert la nuit, mais les mouvements du genou et de l'épaule gauches sont encore un peu douloureux. Sueurs profuses.
22 août. — Plus de douleurs. Les mouvements sont assez faciles et seulement un peu sensibles à l’épaule gauche.
On diminue la dose de lactophénine progressivement. Une huitaine après, le malade est sorti guéri de l’hôpital. La température qui a été en décroissant depuis le 17 août, est revenue à la normale le 20.