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MODIFICATIONS PHYSIQUES

La laine naturellement colorée (pigment brun-noir, par exemple) se décolore en grande partie. La laine presque blanche, qui est la variété la plus courante, blanchit aussi légèrement ; elle prend ensuite un ton crème qui croît graduellement et passe au jaune, comme une laine fortement chauffée, bien que sa température n'excède pas 25 à 30°.

Après une insolation prolongée, le toucher souple et moelleux disparaît, la fibre devient rêche, se casse facilement et se pulvérise même par simple friction entre les doigts.

L’échantillon acquiert une odeur désagréable rappelant celle de plumes brûlées, odeur qu’il communique à son eau d’épuisement, indice de la formation de produits solubles.

Là belle flüorescence blanc-violacée, assez intense, de la laine examinée à la lumière de Woop (lumière ultraviolette filtrée sur un verre à l’oxyde de nickel) décroît régulièrement et fait place à une fluorescence terne, jaunôtre.

IT est curieux de noter iei qu'avec la soie naturelle on assiste à un phénomène inverse; les bandes insolées d’une fine mousseline de soie étant beaucoup plus fluorescentes que les portions non insolées.

Il y a disparition de la double réfraction de la fibre de

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gauche :

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Nicols croisés.

A gauche: laine initiale.

A droite: laine insolée.

Pointe de laine.

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laine, comme on peut s’en assurer avec un microscope polarisant en nicols croisés.

Les photographies ci-contre font ressortir les modifications microscopiques et dispensent de commentaires (fig. detre):

L'abaissement de la tension superficielle de contact avec l’eau est considérable ; il entraîne une grande facilité de mouillage de la laine insolée, presque égale à celle de la laine chlorée, et une modification du gonflement de la fibre (voir chapitre spécial du gonflement).

Nous avions déja fait cette observation au cours de teintures de tissus très bourrus, avec des colorants de cuve; nous avions remarqué que, sur la face insolée, les poils se tassaient sur eux-mêmes pour donner des sortes de grains.

On peut répéter simplement cette expérience de la façon suivante : on place une longueur de fibre de 1 centimètre environ, préalablement partiellement insolée, sur un verre de montre, on fait tomber sur ce poil une ou deux gouttes de soude N/50; aussitôt, on assiste à une série de mouvements brusques, de contorsions du poil, dont la durée varie avec la grosseur de la fibre et la concentration de liqueur employée.

On peut expliquer ces mouvements par les différences de vitesses de gonflement et de gonflement final existant entre les portions insolées et les portions non insolées.

Une portion insolée gonfle immédiatement beaucoup : c'est-à-dire que sa section augmente et sa longueur diminue. À

Si nous avons côte à côte, sur une même fibre, une face insolée et une face non insolée, puisque la première se raccourcit, la deuxième, qui est solidaire de la première, devra se cintrer.

Lorsque la fibre de laine n’est insolée que sur une face,

tous les cintres se font dans le même sens (portion insolée à l’intérieur); le poil se présente alors sous forme de tirebouchon, de crosse d’évêque, de spirale très tassée sur ellemême.

On trouvera, sur la photographie ci-contre, un exemple des images curieuses ainsi obtenues (fig. 3).

Lorsque l’insolation est régulière, c’est-à-dire lorsque la fibre a reçu une quantité égale de lumière sur toutes ses faces, on ne doit rien avoir théoriquement, par raison de symétrie; c’est ce que l’on constate pratiquement avec des poils de laine qui ont été maintes fois retournés au cours de leur exposition.

Nous montrerons plus loin que l’insolation, prolongée, ne déplace pas le point isoélectrique de la laine.

En résumé, la lumière agit comme les radiations calorifiques pour modifier la viscosité du gel, c’est-à-dire abaisser sa résistance mécanique, diminuer sa tension superficielle de contact avec l’eau, augmenter le gonflement et la plasticité de la fibre mouillée.

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