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MODIFICATIONS CHIMIQUES

Dans notre étude des modifications chimiques de la laine durant l'exposition à la lumière, nous sommes partis des expériences simples suivantes

1° En plongeant quelques minutes un échantillon de tissu de laine bien neutre, dont une portion seulement a été insolée, dans une solution froide de quinone à 2 °/00 dans l’eau distillée, on voit que les portions non insolées se colorent en brun-violet et les portions insolées, plus rapidement, en jaune chamois.

L'expérience peut être effectuée dans la vapeur de quinone.

2° Si on répète la même expérience avec un filé ou

un tissu de laine blanchie au soufre, non neutralisé, on constate également que la quinone monte rapidement en jaune chamois. Il y avait done là une indication sur la présence possible de l'acide sulfureux dans la laine insolée, comme dans la laine blanchie au soufre.

Il semblerait que, conformément aux idées classiques, le gaz sulfureux ne puisse subsister longtemps sur la laine, la présence simultanée de l'oxygène atmosphérique et de l’eau hygroscopique renfermée naturellement dans la fibre devant entraîner une oxydation en acide sulfurique (comme l’a montré Dumas sur les toiles d'établissements de. bains sulfureux) d’autant plus rapide qu’iei la surface réactionnelle est considérable.

Il n’en est rien : PATERSON (1) a montré que le gaz sulfureux est retenu très énergiquement par la fibre, qu’un séchage énergique à 70-100° ne l’enlève pas et qu'il a pu en retrouver dans des bobines au bout de douze ans. -

Y aurait-il une combinaison chimique dans le genre de celle signalée par RevcxLer (2) (0,88 mol. de SO? par kilog. de laine), dont l’existence semble confirmée par les récents travaux de RAYNES (3) ?

Nous avons pu déceler de petites quantités de gaz sulfureux dans une serge et divers filés de laine blanchis au soufre et qui étaient au laboratoire depuis fort longtemps.

Nous avons utilisé, pour suivre les modifications subies par la laine sous l’action des rayons ultra-violets, cinq séries de réactions ou d'observations

1° Réaction à la quinone;

(1) PaTERsoN. J. Soc. Dy. Col., p. 112 (1909), cité dans Miss Cook, Text. Institute, p. 371, I (1926).

(2) RexcHezer. J. Chim. Phys., €. virr, p. 3 (1910).

(3) Raynes. Text. Inst., p. 579, 1 (août 1926).

Réaction à l’alloxane et à la ninhydrine; Réaction ‘picrique d’'ABDERHALDEN ;

4° Réaction au nitro-prussiate ; L'augmentation de l'acidité de la fibre;

6° La variation du pouvoir tinetorial.

4° RÉACTION A LA QUINONE.

L'action des quinones sur les amines a été assez étudiée après les travaux de HorrManx (1) sur la dianilhiquonone. VILLE, ASTRE, STEVIGNON (2) ont expérimenté les acides aminés et montré que, suivant les conditions tt le milieu réactionnel (alcool, acide acétique), on aboutissait, soit à une monoanilinoquinone, soit à une dianilinoquinone, soit enfin à une dianilinoquinone-monoanilinoquinone. MM. Meunier et SEYEWwETz (3) ont, les premiers, reconnu la présence d’hydroquinone dans les bains de quinone dans lesquels sont immergées des peaux ou des feuilles de gélatine, indice d’une oxydation du protide. Admettant pour la matière albuminoïde la formule simhifiée R-NF?, ils concluent à la formation des corps colo-

rés en brun des types :

0 R-N-0\ REIN OS CFA: 2) ou | D (1 :4) 0 R-N-0 Ces essais leur ont permis de donner une théorie satisfaisante du tannage végétal; on sait également que la quinone peut être considérée comme le premier tanin synthétique et le meilleur, seul son prix encore élevé s'oppo-

sant à un emploi plus général.

(1) Horkmann. Jahresberichte, p. 415 (1863).

(2) Vire, AsTRe, Srévianon, ©. R., t. oxx, p. 684-878; B. Soc. Chim., t. xrur, p. 746 (1895), et t. xv, p. 1029.

(3) Meunier et Seyewerz. Collegium, p. 195-202 (1908): B. F., p. 385057 (février 1907).

NT

Toutes les quinones, indistinctement, ne donnent pas des combinaisons de ce genre, il faut des quinones renfermant le groupe CO — CH = CH — CO.

Surpa (1) l’a vérifié pour les fibres animales, SUCHANEK (2) avec les acides méta et paraminobenzoïques.

Ces résultats sont en accord avec la théorie de PosNEr (3) sur les produits d'addition de la quinone, théorie qui repose elle-même sur la formule de la quinone de THIELE (4) aux valences partielles.

La réaction quinone-amines s'effectue avec une vitesse très variable suivant la nature du milieu et la force de la base aminée, elle procède d'autant plus lentement que la base est plus faible, ce qui explique pourquoi, toutes choses égales d’ailleurs, la soie se colore beaucoup moins vite que la laine.

La réaction du milieu influe aussi sur la coloration et sur la vitesse de formation.

En règle générale, on peut dire que la coloration est d'autant plus foncée et apparaît d'autant plus rapidement que le Px de la liqueur est plus élevé. On peut se servir de ces remarques pour se faire une idée approximative de l’acidité d'un tissu de laine blanche.

La réaction est très rapide en solution alcoolique. Les

colorations obtenues sont solides au lavage à l’eau, mais

(1) Surpa. Zeit. f. Physio., t. Lxxxv, p. 8308 (1913); À., &. coccxvi. p. 113-63, 164-81, 181-88 (1918).

(2) SucHANEK. J. prak. Chem.,; t. cxxxx, p. 467 (1914).

(3) Posxer. Ann. der Chem., t. cocxxxvi, p. 106.

(4) Tareze. Ann. der Chem., t. coovr, p. 132.

: Voir aussi:

Friscaer-Somraper. B. 43, p. 525 (1910).

STEGMUND. J. prak. Chém., t. LxxxiIr, p. 409 (1910). TrAuBE. B. 44, t. 111, p. 3145 (1911).

A. THomas et M. Kezzv. J. S. L. T. C!., t. vrix, p. 308 (1925). BLANCHETIÈRE. Loc.-cit.

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