AUGMENTATION DE L'ACIDITÉ DE LA FIBRE
L’hydrogène sulfuré qui, selon toute vraisemblance, est le corps qui se forme en premier lieu dans l’action de la lumière sur la laine, s’oxyde rapidement sous l’action combinée de cet agent et de l’eau hygroscopique, d’abord en gaz sulfureux (auquel on peut rapporter le léger blanchissement de la fibre dans les premiers moments de l’insolation), puis, plus tard et très lentement, en acide sulfurique.
On peut, en effet, déceler l'ion SO‘ dans l'eau d'épuisement d’une laine longtemps insolée.
Si, avec GiILLET (loc.-cit.), on admet que l’action combinée de la lumière et de l'oxygène détermine la formation d'ozonide sur la laine, on peut supposer que l’eau
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oxygénée naissante, qui se produit lors de la décomposition de l’ozonide, oxyde le soufre en SO! H? comme l’ont montré BREINL et Bavpiscu.
L'acidité sulfurique croissante de la fibre entraîne un carbonisage léger qui est décelé par le jaunissement de la laine.
On peut mettre facilement cette acidité en évidence en procédant à des touches, à l’aide des indicateurs colorés, sur les parties insolées et les parties non insolées d’une serge de laine fine, ou mieux, en plongeant simultanément, dans des solutions de ces indicateurs dans l’eau distillée neutre, des mouchets de laine-mère pure, d’une part, de cette même laine insolée, d'autre part.
La différence est particulièrement sensible avec le rouge de méthyle, excellent indicateur, sans erreur saline ou protéique, dont la zone de virage s'étale de part et d'autre du point isoélectrique de la laine.
Une portion de cet acide passe dans l’eau d’épuisement et peut servir à un dosage approximatif par une méthode analogue à la méthode de répartition proposée par Woop- MANSEY (1) pour la détermination de l’acidité des laines.
Nous avons, par exemple, découpé deux échantillons d’un molleton de laine neutralisés par des lavages à l’eau distillée neutre, pesant chacun 10 gr. à. Un des échantillons fut exposé quarante heures à la lampe à vapeur de mercure, l’autre conservé à l’obscurité. Les deux échantillons furent ensuite introduits dans 200 eme. d'eau distillée. On laissa en contact vingt-quatre heures, en agitant de temps en temps.
On préleva ensuite 50 eme. du bain résiduaire que l’on
(1) Woopmaxsey. J. of the Soc. of Dyers and Col., t. xxx1v, p. 172 (1918).
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