‹ Contribution à l'étude de la laineChapitre 27 sur 61 · EST LE · texte numérisé non relu

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mique formé par la réduction de l'acide picrique. On peut déceler cet acide et rendre en même temps la réaction plus sensible en diazotant le liquide résiduaire par la méthode habituelle et copulant le diazoïque obtenu avec du B naphtol ammoniacal, ce qui conduit à une matière colorante azoïque rouge, soluble dans l’éther (réaction de DEr- . RIEN).

À quoi rapporter cette réaction picrique dans le cas de la laine ?

ABDERHALDEN (1) a bien réussi à isoler des dicétopipérazines ou anhydrides d’amino-acides des produits d’hydrolyse partielle de cette fibre, mais elle renferme, peutêtre, suivant K. von ALLWÔGRDEN, un hydrate de carbone, l’elasticum, à propriétés réductrices nettes; mais, surtout, elle renferme en proportions considérables du soufre qui passe aisément à l’état de sulfure par action alcaline, sulfure dont on connaît depuis longtemps les propriétés réductrices vis-à-vis des dérivés nitrés; particularité sur laquelle ABDERHALDEN (2) lui-même a formellement attiré l'attention.

La formation de sulfure alcalin par l’action du carbonate de soude sur la laine, peut se suivre facilement par la réaction au plombite de sodium. L’intensité de la réaction d'ABDERHALDEN est tout à fait proportionnelle à l’intensité de la réaction au plombite.

Si on effectue la réaction picrique d'ABDERHALDEN sur de la cystine elle-même, on constate que la réaction ne

devient positive qu’au bout d’un long temps, ce qui sem-

(1) ArperHaLpex et Komm. Zeit, Phystw. Ch., t. CXXXXV, p. 308 (1925).

(2) ABDERHALDEN et Quasr. Zeit. Physio. Ch., &. LI, p. 145. Pour les réactifs du carbonyl, voir nombreux articles de: ABDERHALDEN. Zeit. f. Physio. C'hem., 139, 140, etc.

blerait enlever de la valeur à l’objeetion précédente; mais il convient de remarquer que la tystine ne donne pas plus vite la réaction au plombite de sodium, fait qui a été invoqué par quelques chimistes pour déclarer que tout le soufre de la laine (qui donne immédiatement la réaction noire du plombite) n’était pas engagé dans cet aminoacide.

Nous avons obtenu une réaction pierique positive faible sur quelques échantillons de soie, particulièrement nette avec des grèges, nous n'avons pas hésité à attribuer la réaction au soufre que renfermaient ces soles.

SISLEY avait constaté (mais non publié), depuis plusieurs années, que la plupart des soies renfermaient cet élément. M. Morez a repris cette étude et dosé le soufre dans un grand nombre de soies. Notre observation se trouve donc ainsi doublement confirmée.

La réaction picrique d’ABBDERHALDEN, suivie de la réaction de DERRIEN, effectuée suivant la technique de M. A. MOREL, nous a permis de mettre en évidence la grande exaltation de labilité du soufre par insolation de la laine (1).

En effet, la réaction picrique est presque immédiate avec une laine insolée; de plus, il n'est ‘pas besoin de recourir à un agent alcalin énergique pour amener le soufre kératinique à l’état de sulfure; un alcali faible suffit, C’est ainsi que si l’on répète la réaction avec de l’ammoniaque diluée N/5, on s'aperçoit que la réaction est négative avec la laine-mère, mais fortement positive

avec la laine insolée.

(1) Voir notamment :

A. More et A. Simfon. Section Lyonnaise de la Soc. Chim. (16 juillet 1926).

L. Meunier et G. Rey. Section Tyonnaise ele la Soc. Chim. (16 juillet 1926).

Cette réaction est susceptible d’être généralisée et, au

lieu d'utiliser les propriétés réductrices des sulfures visà-vis de l’acide picrique, on peut les utiliser pour réduire d'autres dérivés nitrés d’amines, phénols, carbures. - De plus, la transformation de dérivés nitrés aromatiques en amines susceptibles d’être diazotées et copulées permet d'imaginer un grand nombre de réactions colorées simples pour mettre en évidence la grande labilité du soufre de la laine insolée lorsqu'on la soumet à l’action des alcalis.

La métanitraniline est particulièrement commode, car le simple traitement à l'acide nitreux du bain résiduaire qui renferme la métaphénylènediamine, donne la matière

colorante bien connue sous le nom de brun BISMAROK.

4° RÉACTION AU NITROPRUSSIATE (1).

Divers auteurs signalent que la laine donne une réaction positive au nitroprussiate de sodium; cette observation n’est vraie qu'autant que l’on opère avec un agent alcalin suffisamment énergique pour cliver le soufre de la kératine et l’amener à l’état de sulfure, qui donne la réaction violet-pourpre très sensible avec le nitroprussiate.

Si l’agent alcalin est faible, la réaction est négative. Voici comment nous exécutons ce test au nitroprussiate la laine est imprégnée, pendant quelques minutes, à froid, d'une solution aqueuse de mitroprussiate de 0,5 à 1 °;, renfermant en outre 1 à 2 % de sulfate de zinc, qui intervient pour sensibiliser la réaction par un mécanisme non encore élucidé.

- L'échantillon est ensuite débarrassé de l'excès de liquide

(1) ARNOLD. Zeit. Physio. Chem., t. rxx, p. 300, 314-395. Harris. Proceedings Roy. Soc. B., t. xorv, p. 426-441-450 (1923); À bstracts of the Chem. Soc., p. 492 (1923).

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qui le baigne par centrifugation ou par essorage dans des doubles de papier filtre, puis exposé aux vapeurs ammoniacales au goulot d’un flacon d’ammoniaque concentrée.

La laine-mère donne une réaction négative.

La laine blanchie au soufre donne évidemment une une forte coloration rose-rouge.

Les portions insolées d’un mouchet de laine neutre ou d’étoffes de laines blanches neutres se colorent en rougeviolet assez stable.

On sait que, pour les matières protéiques solubles, la dénaturation est la transformation à laquelle correspond l’apparition de la réactivité au nitroprussiate, qui se produit en général avant la coagulation des protéines, sous l’action des différents agents mécaniques, physiques, chimiques ou biologiques (BLANCHETIÈRE, loc.-cit.).

La lumière est done un agent de dénaturation de la

laine.

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