GÉNÉRALITÉS ET RÉSUMÉ BIBLIOGRAPHIQUE
La laine se différencie du poil, avec lequel elle a, d’autre part, beaucoup d’analogie, par sa structure frisée, son élasticité et sa douceur. L'examen microscopique d’une fibre permet de distinguer trois catégories dans les cellules constitutives :
1° A l’extérieur, une couche épithéliale d’écailles cornées, aplaties, se recouvrant, irrégulièrement disposées en entonnoir autour de la fibre; c’est à la présence de ces écailles que MonGE et de nombreux chimistes après lui ont attribué la propriété de feutrage ;
2° Sous ces écailles, la substance dite corticale, formée de cellules allongées, fusiformes, intimement liées entre elles, auxquelles on rapporte la grande affinité de la laine pour les matières colorantes et sa ténacité;
3° À l’intérieur, une substance médullaire constituée par des cellules cubiques ou rhomboédriques; cette couche, qui rend le poil dur, cassant, est presque inexistante dans les belles qualités de laine.
Des racines, irrégulièrement disséminées dans la peau du mouton, partent des mèches de poils collés ensemble par un produit très complexe, sécrété par l'animal et auquel on a donné le nom général de suint.
Le développement et les propriétés finales de la laine dépendent d’un nombre considérable de facteurs, parmi lesquels on peut citer : le climat, la nourriture, la race,
l'état physique du sujet, la portion du corps où l'on prélève l'échantillon (1).
Indépendamment du suint et des poussières retenues mécaniquement par la toison, la laine renferme en permanence de l’eau : c’est en effet la fibre la plus hygroscopique que l’on connaisse.
Elle peut retenir jusqu'à 50 % de son poids d’eau sans paraître humide, d’où la nécessité de procéder à un conditionnement (2) semblable à celui qui est pratiqué sur la soie.
Dans la laine non lavée, la quantité d’eau retenue varie en raison inverse de la quantité de matière grasse; dans la laine lavée, cette quantité est proportionnelle à la finesse des brins (CHEVREUL).
On admet quelquefois que la portion de l’eau qui est éliminée par chauffage est de l’eau de constitution d’un hydrate de kératine.
I1 faut un chauffage prolongé à 200° pour chasser complètement cette eau de constitution; aussi, la déshydratation totale est toujours accompagnée d’une décomposition partielle.
Plongée dans l’eau chaude, la laine se ramollit, gonfle, devient plastique (3), propriété utilisée dans le fixage de
(1) Warson Sir. J. Soc. Chem. Ind., t. var, p. 17; Bull. Soc. Chem. (3), t. 1x, p. 52 (1889).
(2) Voir :
Gray. T.I.B.A., « Apprêt des tissus de laine » (1924-1995). J.-J. Hucurs. Trans. Farad. Soc., t. xxir, p. 178 (1926); J. Soc. Dy. Col., p. 857 (nov. 1926).
Barker et Hencus. Textile Inst., t. xvir, p. 453 (1926). (3) Reycnarer. Bull. Soc. Belg., t. xx1x, p. 291 (1920): Central Blatt., t. x, p. 139 (1921).
Harrison. Proc. Roy. Soc. A., t. LxxxxIV, p. 460 (1918); 2° Report on Colloid Chem., p. 64 (1919).