INFLUENCE DES SELS SÉRIE LYOPHILE DE HOFMEISTER
Les éléments de courbe obtenus avec chaque tampon se raccordent assez mal quelquefois, ce qui peut faire croire à l'existence de nouveaux points singuliers comme celui qui à été trouvé à PH=—7,1 dans le cas de la gélatine.
Par emploi de liqueurs-tampons couvrant l’intervalle
suspect, nous avons vérifié l’inexistence de ces points.
Comme les irrégularités ne se manifestent qu'aux changements de tampon, nous avons été amenés à penser que les sels jouaient un rôle appréciable, bien qu'ils n’existent pas dans les tampons avec une haute concentration (M/5).
HorMeisrer (1) a, le premier, signalé que des blocs de gélatine gonflaient différemment dans des solutions salines concentrées. Ses expériences l’avaient conduit à classer les ions en ions hydratants et ions déshydratants et à établir des séries que l’on a coutume d'appeler depuis : « séries lyophiles de HOoFMEISTER ».
Si de nombreux auteurs ont vérifié l'exactitude des résultats expérimentaux de HOorMEïISTER, dans des cas. variés, l'accord n’est cependant pas fait sur la validité de ces séries. LoEr a montré la nécessité de ne tirer de conclusions au sujet de l’activité relative des ions que d’expériences faites à égales concentrations d'ions H et il a nié la réalité des séries de HorMEISTER, contrairement à l'opinion de spécialistes éminents, comme Wo Pauzr, Wo OsrwaLp, KuHN, etc. (2).
() Zur LEHRE von DER WIRKUNG DER SALZE. Arch. Exper. Pathol., 24-247 (1888). (2) Ouvrages cités, de Los.
AO
On ne peut manquer d’être frappé par le fait que les sels qui gonflent beaucoup et dispersent facilement sont les sels les plus solubles et susceptibles de donner le plus grand nombre d'hydrates (von WErmarn, DuBosc).
Sans rechercher dans les innombrables travaux pour et contre les séries de HorMEISTER, la cause qui entraîne la variation du gonflement d’une même protéine dans différentes solutions salines, nous avons tenu à nous assurer expérimentalement de l’influence que pouvaient avoir les sels sur les gonflements de la laine, tels que nous les mesurons.
Pour cela, nous avons immergé des flottes de laine dégraissée, lavée aux acides et à l’eau distillée (cendres inférieures à 0,15 %), pendant quarante-huit heures à 18°-20°, dans des solutions normales de différents sels de sodium préparées avec des réactifs purs.
À titre d'indication, nous avons joint au tableau récapitulatif ci-contre le PH de la solution saline mesuré colorimétriquement immédiatement après l'enlèvement de l’échantillon.
Sels en solution normale PH final TL: Gonflement
No
1 Sulfocyanure de sodium..... 5,6 18° 56,5 % 2 Sulfocyanure de calcium... 4,6 18° 99,7 % 5 Sulfocyanure d'amonium. .. ar 18° SIA 4 Iodure de sodium............ 5,8 18° 5 ARS a BrOMATeLTeENARREE ER Eee D,2 180 5e & 6 Ghlorate tie Na rer eee as 18° DEAR 7 Nitrate de sodium. .......…. 5,6 18° De RESE 8 Chlorure de sodium.......... 6 180 48,3 % 9 Acétate de sodium.......... 7 18° 47,8 % 10 Sulfate de sodium........... 6,2 18° 46,2 % ill Citrate de-sOdIUEM.....,...... 7,2-7,4 18° 45,7 % 12 Hat distillerie 6,4 18° 44,8 % 13 Sulfocyanure de potassium... 5,4 15° 4 % 14 Iodure de potassium......... D,4 15° 56,3 %
Les résultats conduisent à classer les ions d’après leur aptitude respective à gonfler la fibre de laine (sans tenir compte du PH) dans l’ordre :
LYCSNY Br) NO%:) CLOS, > C1 }-CHS CO0 > FS0! ) citrate
peu différent de celui établi primitivement par Hormers- TER et reconnu vrai (à quelques inversions près dans certains cas particuliers) par de nombreux auteurs.
Il nous a paru intéressant d'examiner alors si l’addition d'un sel, comme le sulfate de soude, fréquemment pratiquée dans la teinture de la laine, était susceptible d’entraîner des variations de gonflement dignes d’être prises en considération dans cette opération.
L'expérience effectuée sur de la laine, à deux PH différents, avec des quantités croissantes de sulfate de soude, a montré que cette influence jouait, mais que le gonflement diminue de quantités négligeables avec. les doses de sulfate de soude habituellement employées en teinture (20 % du poids de la fibre dans des bains de 40 volumes).
On notera que vers PH—4,2, c’est-à-dire sensiblement au point isoélectrique, la différence est nulle.
Ne Cmc. de SO4 Na? à 1°/, dans 200 eme. 12" gonflement 2° gonflement de solution PH = 4,2 PH = 1,8-2
Il est possible toutefois qu’à la température du bouillon la différence soit beaucoup plus sensible.
Avec des sels comme les sulfocyanures à haute concenration et à haute température, on peut exagérer le gonflement à l'extrême et atteindre la peptisation. C’est ainsi que nous avons pu disperser une petite quantité de laine blanche dans une solution concentrée et chaude de sulfocyanure de calcium; la liqueur claire (à chaud) ainsi obtenue possède une très belle fluorescence violette à la lumière de Woop et précipite, par addition d'alcool, des flocons blancs, volumineux, présentant aussi une fluorescence intense et donnant toutes les réactions de la laine initiale; on sait, d’ailleurs, tout le parti que tire Von WEimARx d'expériences analogues.