‹ Contribution à l'étude de la législation antituberculeuse française: Le tuberculeux, le médecin, le législateurChapitre 5 sur 49 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

La tuberculose au point de vue médical.

La tuberculose n’est pas seulement un mal social, comme le paupérisme ou la prostitution, elle n'est pas une infortune individuelle, congénitale ou accidentelle, comme la surdi-mutité ou la cécité ; aussi il ne suffit pas de classer les tuberculeux au point de vue social, comme font pour les vagabonds les règlements de police, ou au point de vue personnel, comme tout le monde le fait d'instinct pour ‘les aveugles. C’est avant tout une maladie et, pour la combattre, il nous faut l’envisager d’abord du point de vue médical.

Quelles ressources d'ordre médical aurons-nous donc pour lutter contre cette maladie ?

H y à un traitement de la tuberculose, variant suivant ses formes et ses degrés. Il consiste avant tout dans l'immobilisation.

1° La cure simple est indispensable. C’est le repos, limmobilisation de tout le corps et autant que possible de l'esprit pendant un certain nombre d'heures par jour. Elle immobilise les lésions et économise les forces de l’organisme qui doivent se tendre contre l'invasion microbienne ;

2 La collapsothérapie crée des résurrections ; pneumothorax, phrénicectomie, thoracoplastie, plâtrage, immobilisent l'organe lésé.

3° On doit y ajouter la cure d'air, très désintoxicante, les cures de soleilet de rayons U.-V., vivifiantes et bactéricides, mais congestives, donc inutilisables, même dangereuses pour les organes congestifs, comme les poumons ; l’insolation, pour les autres formes de tuberculose (tuberculoses osseuses, articulaires, péritonéales, rénales, laryngées) est, au contraire, très indiquée.

4° Les traitements chimiques ne sont pas à dédaigner complètement. Les produits qui tonifient l'organisme, reminéralisent, augmentent le taux de la cholestérine, ont un pouvoir adjuvant probable. L'aurothérapie voudrait être un traitement spécifique.

Mais ces traitements chimiques sont si insuffisants à l'heure actuelle que nul ne peut parler de guérison par leur seule action. La cure de repos, comme nous l'avons dit, est indispensable.

Il est vrai que toute maladie infectieuse nécessite le repos. Qui ordonnerait un traitement ambulatoire à un typhique par exemple ? Mais il y a une grande différence entre la tuberculose et les autres maladies infectieuses, c'est que celle-là est longue ; pendant longtemps ie malade est contagieux, pendant longtemps il a besoin de soins Spéciaux.

Nous avons dit que ces soins varient suivant les formes et les degrés de la maladie. Aussi, il est bon de classer les malades, pour les orienter judicieusement.

Nous adopterons la nomenclature préconisée par une Commission composée de six médecins, membres du Conseil de surveillance de l'Office d'Hygiène du Département de la Seine, MM. les professeurs F. Bezançon, Léon Bernard et Sergent, D" Méry, Guinard, Georges Guinon, Kuss, Thierry et Bitterlin, sur les bases apportées par le D' Kuss, et qui fut, dès sa publication, en novembre 1921, rendue obligatoire dans tous les dispensaires de lOffice Public d'Hygiène Sociale de la Seine.

Diagnostics

Définition et observations

Phtisie pulmonaire

Tuberculose pulmonaire

ouverte

Tuberculoses pulmonaires

fermées

avérées, actives

Tuberculoses pulmonaires

fermées,

avérées inactives

Tuberculose chronique avancée cachectisante avec expectoration bacillifère.

Tuberculose avec bacilles constatés dans les crachats ou avec foyers tuberculeux donnant des signes indubitables de ramollissement.

Avérées : c’est-à-dire avec lésions pulmonaires manifestes ayant les caractères des lésions tuberculeuses.

Actives : c’est-à-dire avec symptômes fonctionnels ou généraux dûs à la tuberculose (et non à une autre cause morbide surajoutée) ou avec signes d'évolution actuelle ou récente.

Inactives : c’est-à-dire pour lesquelles on ne trouve ni symptômes généraux ou fonctionnels attribuables à la tuberculose, ni signes d'évolution active ou récente.

Adénopathies bronchiques, Diagnostics ne devant être employés, sauf tuberculeuses actives

Adénopathies bronchiques tuberculeuses inactives

Autres tuberculoses sans tuberculose pulmonaire

En contact de cohabita-

tion :

À. Enfants!

B. Adultes

cas exceptionnels, que pour les enfants, et à la condition que des signes définis d’adénopathies médiestinale ou biliaire aient été trouvés et notés aux fiches. Pour la signification des mots : « active » et « inactive », voir ci-dessus.

| On rangera dans cette catégorie toutes les localisations autres que la localisation pulmonaire et en particulier les pleurésies tuberculeuses primitives, les laryngites tubercu- | leuses primitives, etc.

Sujet vivant au voisinage immédiat d’un tu-

; berculeux contagieux ; le diagnostic implique la nécessité d’un travail social intense des visiteuses. Il ne sera porté que dans les cas où il y a :

19 des preuves péremptoires de la contagiosité du malade, fournies par l’examen clinique ou des crachats ;}!

PE ve

Nos Diagnostics Définition et observations

20 une enquête de la visiteuse établissant la cohabitation du tuberculeux et des sujets EXPOSÉS ;

30 un examen médical au dispensaire montrant l’absence de signes de lésions tuberculeuses chez le sujet «en contact ».

d En surveillance À. Enfants | Ayant été antérieurement expo-

| sés, par contact, à un danger

B. Adultes | de contamination actuellement

disparu.

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