CONTAGION DIRECTE ET INDIRECTE
La leishmaniose cutanée étant inoculable à l’homme et à certains animaux, il nous paraît intéressant de savoir dans quelles mesures la contagion directe peut intervenir.
Il faut entendre par contagion directe, des cas de primo-infection et non pas des cas d’auto-inoculation
résultant de grattages,
LME
En effet, l'enfant et l'adulte peuvent s’inoculer le bouton en transmettant à l’aide des ongles les parasites d’un région de la peau sur une autre partie du corps préalablement excoriée. Les auto-inoculations ainsi produites, peuvent être très fréquentes ; en fait, elles sont couramment constatées en Iraq.
Cependant, le développement dans ces cas d’auto-inoculation est possible seulement à condition qu'il existe une solution de continuité, même légère, de la surface cutanée. La peau saine constitue une barrière infranchissable. |
WEnyon a ainsi pu obtenir un bouton typique, soit en injectant le virus dans le derme, soit, en le déposant sur une écorchure. Mais son expérience a donné un résultat négatif, toutes les fois qu'il s’est borné à déposer le parasite sur la peau indemme.
Nous en trouverons la raison dans les travaux de L. Parror et F. Lesroquer, qui l’attribuent à l’immobilité des Leishmania. Ces derniers déclarent, que les Leishmania sont pourvues d'un périplaste résistant, qui constitue une véritable coque ne leur permettant pas la pénétration à travers la peau saine.
La nécssité d’une lésion préalable de la peau servant de voie d'introduction a été aussi mise en lumière par tous les observateurs du bouton d'Orient.
JEANSELME dans son cours de dermatologie exotique écrit :
« À l’époque favorable au développement du bouton d'Orient, toute solution de continuité des téguments est
une porte d'entrée pour la maladie ; les ulcérations se
développent également sur les petites plaies, les boutons d'acné, les éléments d’impétigo, les pustules vaccinales ».
Laveran cite des cas où les boutons s'étaient greffés sur des pustules d’acné ou d’impétigo, sur des plaies consécutives à des brülures ou à l'application de vésicatoires, enfin sur des pustules vaccinales.
Le Dr Bussrère résume les observations faites dans les régions de Basrah et du Golfe Persique :
« Elles démontrent avec la dernière évidence, parmi les ouvriers arabes, que par milliers, le très actif mouvement commercial de la cueillette et de la manipulation des dattes amène chaque année à Basrah, la fréquence extrême du bouton aux jambes et aux avant-bras, c’està-dire sur les parties du corps non recouvertes qui sont inévitablement le siège de plaies minimes ne recevant aucun soin et sur lesquelles les mouches pullulent librement. »
Ceci établi, examinons la part qui revient à la contagion directe et indirecte dans la production des boutons.
D’après LAVERAN, cette question est très controversée, ce qui à son avis, tient aux conditions défavorables de l'observation relative aux faits de contagion,
Toutefois, LAVERAN et d’autres auteurs, reconnaissent la possibilité d’une contagion directe d'homme à homme, ou indirecte, par l'intermédiaire de linges et d'objets de toilette.
L. PArRoT a contesté, dans diverses publications faites en 1929, la possibilité de cette contagion directe. Il donne un certain nombre d'arguments démontrant la diffi-
culté de sa réalisation.