LU RARES
sur des orientaux arrivant d’une région endémique et atteints de boutons d'Orient. Il en a conclu que la guérison du bouton d'Orient sans cicatrice était la règle.
F. Cnapon dans sa thèse de 1929, a rapporté les mêmes observations, et déclare qu'après l’application de synectol, aucune brûlure ne se produirait malgré la tempéra- Lure de 120 degrés. L’épiderme sous l’action de ce produit deviendrait fin, fragile, blanchâtre et d'aspect cicatriciel, disparaissant au bout de trois semaines à un mois. Après ce temps, il ne resterait aucune trace de l'affection.
Il faut noter en ce qui concerne l'application de ce traitement, que jusqu à l'heure actuelle, celui-ci n’a été pratiqué à Alep, que par son auteur. Avant de pouvoir s'exprimer sur la valeur de ce produit, il conviendrait d'entreprendre une étude dont les résultats seraient constatés par plusieurs autres praticiens dans différentes régions.
On voit d’après les résultats favorables acquis, que le bouton d'Orient est influencé par plusieurs médicaments. Les rayons X paraissent gagner atuellement beaucoup de faveur en vue de leur application dans la guérison de cette dermatose. ;
Une question importante se pose à propos du traitement de l’affection par rapport à l’immunité.
À quel moment de leur évolution faut-il traiter ces lésions afin de ne pas priver leurs porteurs d’une-immunité que confère l'affection après guérison ?
La réponse est variable selon que l’on s'adresse à un individu porteur de boutons d'Orient contractés en pays
endémique et venant habiter une région indemne, ou bien
suivant qu'il s’agit de malade résidant continuellement dans un pays endémique.
Dans le premier cas, le traitement précoce s'impose et doit être entrepris le plus vite possible par l’une des différentes méthodes de traitement citées plus haut. Car l'individu qui ne reviendra pas habiter un pays infecté, n’a pas besoin d’avoir une immunité aussi solide et durable que celui qui, résidant dans une région en1émique est exposé à contracter le bouton d'Orient.
Dans le deuxième cas, il ne faut point se hâter pour traiter les boutons, mais il semble préférable de n’entreprendre le traitement qu'après un certain temps qui reste à déterminer, pendant lequel l'organisme aurail acquis des propriétés si précieuses du phénomène de l'immunité. Toutefois, dans les cas où les lésions prennent le type phagédénique, il est urgent de les traiter le plus vite possible sans tarder.
L'infection secondaire et la suppuration doivent être évitées, ou traitées soigneusement. Il faut veiller à ce que les boutons soient maintenus en parfait état de propreté. Le nettoyage de la surface peut être fait avec les solutions antiseptiques ordinaires. LAvERAN recommande, dans les cas de boutons ulcérés, contre ces infections bactériennes surajoutées, l’emploi des lotions phéniquées à r % ou bien le sublimé à 1 %o. Il est bien entendu que ces solutions n’ont aucune action directe sur la leishmaniose.
L'état général doit également attirer l'attention du médecin traitant. Il ne manquera pas de prescrire les toniques et les reconstituants, entre autres, le fer, l’arse-
nic et le quinquina, pour mettre l’organisme à mime de
DE
lutter avec plus d'efficacité contre la leishmaniose. L'ali, mentation et l'hygiène générale des personnes porteurs de lésions, sera l’objet d’un examen attentif. Un OTganisme en bon état de santé résistera davantage au déve-
loppement et à l'extension des lésions leishmaniennes.