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PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE

Si l’on veut réaliser une bonne prophylaxie individuelle, il faut tenir compte des données étiologiques propres au bouton d'Orient. Elles nous permettent de prendre les précautions indispensables pour éviter la maladie.

L'hygiène de la peau est très importante et doit attirer l'attention de chacun dans un pays où la saison chaude est particulièrement longue (juin à octobre). La peau maintenue constamment en état de propreté, est égale à une armure entretenue et réfractaire à la rouille.

Les enfants qui sont généralement atteints par le bouton, méritent des soins minutieux. Les moindres plaies et écorchures devront être badigeonnées à la teinture d’iode, en vue d’éviter une infection par un moyen

indirect.

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Il faut éviter que les enfants non infectés contractent la maladie au contact d'enfants atteints. Pour éviter à ces derniers les auto-inoculations successives, il serait utile de ieur couper les ongles très courts et ainsi les empêcher de se gratter et de transporter le virus sur d'autres parties du corps. Les soins à donner à un individu atteint doivent réaliser les conditions d’aseptie et d’antiseptie indispensables. Aucun objet ayant déjà servi ne doit être remployé avant nettoyage préalable.

Les ulcérations doivent être soignées, et ne doivent ètre, en aucun cas, mises à nu sous peine de favoriser la

contagion et de s'infecter secondairement.

Les personnes qui entourent le malade ou qui lé soignent, à moins d’avoir acquis le bénéfice d’une immunité, doivent prendre toutes les précautions utiles pour éviter la contagion.

L'individu doit aussi veiller à empêcher les mouches de se poser et de se nourrir sur des lésions ou sur une partie du corps. Il serait utile d'entreprendre dans les habitations une lutte contre les mouches en vue de réduire leur nombre autant que possible et par là même, les méfaits que ces mouches sont capables d’engendrer. Les pièges, les attrapes-mouches et les papiers col-

lants,-etc., sont à conseiller.

Quant aux phlébotomes, il importe d'éviter leurs piqüres. Ces insectes ayant une taille minime, peuvent traverser même les moustiquaires fines. L'emploi des mousti-

quaires à mailles fines est une nécessfté absolue pour les habitants.

En raison du genre de vie des Bagdadiens et des conditions climatériques de l’Iraq, il est eñ fait presque impossible pour l'habitant, malgré les mesures de protection dont il puisse s’entourer, d'échapper aux piqûres des moustiques. Toutefois, il paraît, du moins dans certains cas, possible de diminuer les chances d’inoculation naturelle en badigeonnant avec de l'alcool ou de la teinture d'iode les piqûres de ces insectes.

Nous estimons que l’inoculation « provoquée » appliquée sur les enfants serait un excellent moyen préventif, en ce sens que, si elle était pratiquée sur les parties vêtues du corps, elle garantirait dans l’avenir, l'absence des lésions au visage. Du reste, ce ne serait que reprendre l’ancien usage des [sraélistes de Bagdad, en observant toutefois, les règles modernes de l’aseptie et de lantiseptie.

Ces mesures devraient être entreprises par des médecins et appliquées systématiquement à tous les enfants du pays qui ont atteint l’âge d’un an. Le point d'inoculation qui nous paraît le plus favorable, serait la face externe de la cuisse. Le virus serait déposé sur un point de cette région préalablement scarifié. Le bouton ainsi inoculé, évoluerait sous la surveillance du praticien. 1] fournirait à l'individu une immunité le mettant à l'abri de l’infection naturelle.

L'inoculation sera provoquée à l’aide de virus prélevé sur un enfant sain, ou bien au moyen de virus entretenu soit dans son milieu de culture spécifique, (milieu N.N.N.) soit mieux encore sur des souris.

Cette culture des parasites pourrait être organisée dans

les laboratoires de l’Institut Pasteur de Bagdad qui sur demande enverrait le virus à tous les médecins ainsi que cela se passe pour le vaccin antivariolique.

En ce qui concerne les étrangers qui séjournent en Iraq, il est aussi dans leur intérêt de subir l'inoculation « provoquée ».

Si cette «inoculation provoquée » était généralisée, il serait intéressant de constater après quelques années ses effets par rapport à l'inoculation naturelle. Probablement, cette dernière diminuerait considérablement, puisque les boutons provoqués évolueraient sous les vêtements à l’abri de toute contamination.

Par analogie pour ce qui se passe pour les microbes et leurs vaccins, des expérimentateurs tels que L. PARROT, ont recherché à immuniser des singes par vaccination au moyen de virus aflagellé après chauffage à 56 degrés durant une demi-heure.

« Cette vaccination, écrit ParroT, ne semble pas particulièrement difficile à réaliser ; surtout si l’on raisonne par analogie. La connaissance des vaccins bactériens ; la facilité avec laquelle on les prépare ; leur succès incitent naturellement à compter qu’il suffira d'appliquer aux Leishmania la technique bactériologique ordinaire pour obtenir un vaccin efficace. On isole le virus, on le tue par la chaleur ou autrement, on l’injecte... Mais, dans la pratique, les choses ne vont pas avec cette simplicité apparemment rationnelle ».

I résulte de ces expériences et d’autres qui ont été entreprises dans un même but, qu’un animal ne peut

être immunisé avec un pareil vaccin,

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Daprès Parror, l'infection réelle du sujet est nécessaire, pour obtenir l’immunité contre la leishmaniose cutanée. Un vaccin antileishmanien ne vaccinera que dans la mesure où il aura produit une réaction manifeste. Ce qui revient à dire, que la solution du problème paraît résider dans la « Leishmanisation qui consiste à trouver un procédé d'atténuation, d'inoculation ou du dosage du virus permettant de conférer à coup sûr un bouton d'Orient abortif.

Or, quel que soit le procédé, il faut de toute façon

réaliser « l’Inoculation Provoquée ».

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