LECTURE
plus, par les terribles épidémies du Moyen-Age. En QUERCY, selon E. ALBE, il y a eu 150 malaudies, maladies ou malayries, mais il est probable que dans ce nombre entrent en ligne de compte des établissements hospitaliers ouverts à tous les malades. Cahors, Figeac, Gourdon, Moissac, Montauban possédaient chacune deux léproseries. Ces dernières, situées aux portes des bourgs, étaient l'objet de grandes générosités, et constituaient de petites agglomérations ; certaines étaient pourvues de chapelles. Les lépreux conservaient leurs biens et faisaient des dotations à qui bon leur semblait. Souvent leurs maisons, leurs jardins faisaient partie intégrante de la léproserie. Les malades pouvaient sortir au dehors, pour s'occuper de leurs affaires. Ils étaient gouvernés par l’un d'eux, le chef (majeur, seigneur), et par les consuls de la ville voisine (administrateurs, gardiens des biens). Ils ne pouvaient exercer aucune charge publique.
Après les massacres de 1321-23, et jusqu'à la Révolution il subsista une maladrerie aux. environs de Cahors. On nota en cette province la présence de lépreux jusqu’au xviIe siècle.
En AUVERGNE la lèpre autochtone ne semble pas avoir disparu complètement. Dans le CANTAL paraissent subsister de petits foyers lépreux dont l'existence a été révélée au cours de ces quinze dernières années. Le Pr MiLtaAN et le Dr Roucay (1) ont signalé l'observation d’un sujet de 32 ans, né à Lherm (près de Pléaux) présentant un syndrôme
(x) cf. ZamBaco Pacua : la lèpre à travers les siècles et ler contrées 1914 — pages 219-220.
syringomyélique, à forme spasmodique ; la réaction de fixation faite par ABRAMI fut positive, et confirma l’origine lépreuse présumée ; le malade fut atteint peu après d'une ampution du pouce.
M. MiLiAN, en 1909 (1), a présenté un malade attéint d'une affection du cuir chevelu qu'il attribuait à la lèpre. Il s'agissait d'un homme, originaire de l'Aveyron, ayant vécu dans le voisinage des massifs montagnieux du Cantal ; dans les antécédents on ne relevait aucune maladie sérieuse. Cet homme présentait une pseudo-pelade de Brocq et une anesthésie totale dans le territoire du n. fémorocutané.
En 1923, M. ACHARD a publié un cas typique de - paréso-analgésie des extrémités supérieures, chez un Auvergnat qui avait, ilest vrai, fait un séjour assez court en Bretagne ; il en supputait la possibilité de l'origine lépreuse (2).
Le LIMOUSIN qui, autrefois, en compta un nombre considérable, voit disparaître ses derniers lépreux. Dans la partie haute du pays, répondant actuellement au département de la Haute-Vienne, Îles médecins en ont observé quelques cas bien caractérisés, durant ces cinquantes dernières années (3) ; dans la Creuse, à Bourganeuf, vivait vers 1900 une jeune fille, morte vers sa 13e année, dont le visage
(1) Mrcian. Pseudo-pelade et lèpre autochtone. Soc. méd. des hôp. de Paris — 23 avril 1909.
(2) AcnarD. Maladie de Morvan. Progrès médical, 5 déc.
(3) Guiserr, Les L'proseries de Limoges, Introduction. p. 5.
San
écaiileux et le corps ulcéré, la firent considérer comme lépreuse (1).
En BAS-LIMOUSIN, représenté de nos jours par le département de la Corrèze, nous avons relevé au registre d'entrée de l'Hôpital de Tulle, le passage des malades suivants :