‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 11 sur 51 · LE · texte numérisé non relu

LE

atteints d’atrophie musculaire sans exagération des réflexes, où la scoliose manque, où l’on trouve sur le trajet des nerfs des lépromes, où l’on peut constater de l’'éosinophilie sanguine, où l’on voit coexister le masque lépreux avec chute des sourcils et des cils ».

Ces discussions étant rappelées, notons que le polymorphisme présenté par la lèpre nerveuse a pu rendre encore des diagnostics hésitants chez des malades à antécédents mal connus, présentant certaines atrophies musculaires à type ARAN-Du- CHENNE, ou chez des sujets atteints d’un syndrôme pseudo-tabétique, d'origine éthylique par exemple (JEANSELME et RIST). Nous signalons seulement ces cas relativement rares, où la vraie nature de la maladie est décelée par les symptômes accessoires. Mais nous devons maintenant mentionner les formes les plus fréquentes sous lesquelles se manifeste la lèpre à l’époque contemporaine en France, celles où le diagnostic qui se pose est de savoir l’origine exotique, ou au contraire autochtone de l'affection. À la suite des travaux de ZAMBACO, de HALLOPEAU (18917) on'a reconnu dans notre pays l'existence de sujets n'ayant jamais été au contact des lépreux, et qui cependant présentent un aspect typique de la maladie: lèpre à forme nerveuse, à forme cutanée ou à forme mixte. De bonnes descriptions en ont été données dans des travaux récents par PLATEAU, ROVERY (1905), PERRIN. Ces sujets ont été principalement signalés en Bretagne, dans les Alpes maritimes, et dans le Massif Central (MILIAN, 1909), où ils constituent des foyers véritables, peu intenses certaine-

Drop

ment, en voie de régression complète, mais dont l'existence ne peut être mise en doute.

Dans certaines vallées pyrénéennes subsistent encore des cagots, étudiés par MAGITOT, CAJARD et Fay (1907), qui présentent des manifestations atténuées de lépre héréditaire : dystrophies unguéales (ongles de carcoïls), plaques d’hyperhératose, alopécie totale ou localisée, main en griffe, avec mutilations de panaris analgésique. D'autres stigmates, tenant à des tares scrofuleuses et surtout à la dégénérescence provoquée chez ces malheureux par la nécessité des unions consanguines et les mauvaises conditions hygéniques, se juxtaposent aux précédents sans relever de la même spécificité morbide (DELAUNAY).

La lèpre autochtone ne semble pas se manifester seulement sous une forme nerveuse, dont nous avons vu le polymorphisme, ni sous une forme mixte. ZAMBACO a voulu lui rattacher un certain nombre d’affections assez rares, à étiologie encore obscure. |

Se basant sur des faits dans lesquels il voyait l'évolution confirmer son diagnostic, cet auteur tint la sclérodactylie, la morphée, certains cas de maladie de RAYNAUD, certaines amputations congénitales (aïnhum) comme étant des manifestations lépreuses.

Il mit en relief les analogies indiscutables de sclérodermies à formes lentes et extensives avec certains phénomènes observés au cours de la lèpre : crises d’asphyxie locale siégeant de préférence aux doigts, suivies d’indurations cutanées symé-

triques de la face (masque de cire, épaississement du nez, des lèvres, joues, oreilles) et des doigts (selérodactylie avec peau livide. couverte de bulles et de points de gangrène, collée à l'os, ongles détruits, phalangettes disparues) ; apparition fréquente de mélanodermie et de plaques pigmentées. Aussi ces affections ne seraient-elles « qu’une variété de lèpre restant le plus souvent à sa première période, sans apparition du tableau complet de l'affection : c'est de la lèpre fruste ; observée dans les contrées où la lèpre sévit sporadique, atténueé, . anormale, comme en France et dans l’Europe centrale. »

On objecra l'absence d'élimination de séquestres, de poussées successives, de tubercules, de facies léonin, d'anesthésie. ZAMBACO répondit que la lèpre revêtait des aspects innombrables que l'absence du B. de HANSEN n'avait aucune signification, et qu'il était remarquable de rencontrer la sclérodermie dans des foyers lépreux avérés.

La nature et l’étiologie de la sclécodermie est mal connue. On peut retenir l'origine lépreuse, mais on sait aussi que cette affection germe sur un terrain arthritique, chez la femme de prétérence, chez les tabétiques, à la suite de vives émotions ou de traumatismes artériels (HUDELO-MRACEK), chez des syringomyéliques (CLAUDE). On invoque actuellement l'insuffisance polygiandulaire, et l'on considère la sclérodermie, partielle ou généralisée, comme idiopathique (PERRIN, DARIER).

La morphée (chéloïde blanche d'ADDISON, morphea alba d'E. WILSON) est une forme de sclérodermie localisée. Elle se présente sous l'aspect de taches ovalaires lilas, à centre de couleur vieil

RS are

ivoire, de consistance parcheminée, encerclées d'un liseré pigmenté «comme dessiné à l'estompe »

(BESNIER) encadré d’une zone lilas (lilac ring) ; ces plaques siègent au dos, à la poitrine, à la face, aux bras, aux cuisses, et sont indolores et anesthésiques. L'origine lépreuse de cette affection, décrite par BESNIER, TENNESSON, VIDAL, comme une entité

analogue à certaines formes de lèpre américaine a

été réclamée par ZAMBACO et’ par HARDY.

Pour les classiques, il y a morphées et morphées, certaines dûes à la lèpre : tâches erythémato-pigmentées du début, cicatrices et tâches hyper ou achromiques, ou leuco-mélanodermiques consécutives aux bulles ; ces léprides tuberculeuses, blanches ou fortement pigmentées sont caractérisées par leur anesthésie et présentent le B. de HANSEN (DARIER).

Dans la lèpre, à la surface de la peau, on peut observer des tâches achromiques et des nappes pigmentées, — constituant le vitiligo gravior des anciens auteurs, mais leur identité avec le vitiligo vrai, primitif, dû à un trouble des glandes à sécrétion interne dont les plaques ne sont pas anesthésiques ne peut plus être soutenue. (DARIER).

L’érythème polymorphe, que les recherches modernes font considérer comme non spécifique ni contagieux, (c'est un pseudo-exanthème) serait une réaction de sensibilité de l'organisme à l'influence d’une infection plus ou moins virulente : rhumatisme, angines, blennorrhagie, syphilis, tuberculose (Pon- CET), lèpre, — d'actions réflexes, ou d’auto-intoxications (DARIER). Le diagnostic de son origine sera donc des plus délicats, et ainsi que nous le disait M. le Pr FAVRE (de Lyon), seul, l'examen du

Es

So e

mucus nasal d'un malade, atteint d’erithème polymorphe a pu orienter le diagnostic, et faire porter

celui de lèpre.

Quelles que soient les erreurs commises dans le diagnostic de la lèpre européenne, et les différentes interprétations de ses formes cliniques, il semble bien qu'on doive, avec ZAMBACO conclure à « la présence de lépreux dans plusieurs départements français d'où ils ne sont jamais sortis, et où ils n'ont jamais été en contact avec les éléphantiasiques (1). » Et c'est le mérite de cet auteur d’avoir attiré sur ce point l'attention du monde médical.

Répartition des foyers lépreux en France

La BRETAGNE constitue, actuellement encore, le point de notre territoire national, où l’on a observé le plus grand nombre de cas de lèpre autochtone. Ce mal y sévissait bien avant le xe siècle; les études de CORRE, PLATEAU, PROUFF, DE CLOSMA- DEUC, celles de l’'archéologue TRÉVEDY et de l'historien LOBINEAU ont montré qu'il y avait été importé par les Phéniciens, venus coloniser l’Armorique aux ve et vie siècles ; il fut dénommé morbus phenicicus, et ravagea le pays pendant des siècles. Les Croisades déterminèrent là, comme ailleurs une recrudescence du fléau. M. de CLOSMADEUC a signalé 29 léproseries en Morbihan ; ces maladreries, ladreries, caquineries ou meselleries

(1) On sait que par elephantiasis, les Grecs désignaient la lèpre, et plus spécialement la f. tuberculeuse ; par leuce, pitiligo, morphea, la f. anesthésique. Notre terme d’elephantiasis s'applique uniquement à l'EL. des Arabes.

étaient des ensembles de cabanes, de chaumières, établies à distance des lieux habités, et constituaient des villages, appelés aussi maisons rouges (PLATEAU). Les lépreux y vivaient côte à côte, et exerçaient en général le métier de cordiers. Au xvIe siècle, l'épidémie déclina ; les lépreux purent voyager et, se promener au milieu des populations saines, à condition de porter une marque de drap rouge cousue sur leur robe. À

L'importance de l'épidémie de lèpre et la terreur qu’elle inspira se traduisent encore parmi les populations bretonnes ; on se souvient des kakous, caquets, caqueux, cachets, capots, cordiers qui furent les descendants des lépreux ; des légendes, des mots conservés dans les dialectes locaux, certaines dénominations de lieux en conservent le souvenir. |

De nos jours, CORRE, cité par ZAMBACO « estime que la lèpre n’a jamais disparu de la Bretagne, et qu'elle y persiste sous des formes frustes qui expliquent sa moindre contagiosité. » Ces 2 auteurs ont observé des cas de lèpre autochtone atténuée, mutilante, à forme léonine ou ulcéreuse classique, ce qui était à prévoir, car « une maladie qui, pendant des siècles a ravagé cette contrée, qui laissa des souvenirs ineffaçables, encore bien vivaces, que le voyageur rencontre partout, tant dans les villes que dans les campagnes et les plus petits hameaux de Bretagne, ne pouvait disparaître comme par enchantement sans laisser de traces à la queu-leuleu. » HALLOPEAU, JEANSELME affirment l'existence d’un foyer lépreux aux environs de Guingamp. CLAUDE admet que ie nombre de panaris analgésiques rencontrés en Bretagne permet de penser qu'il

NT). JP

s'agit là d’une névrite toxique ou infectieuse à prédominance locale, peut être d’origine lépreuse. C'est ce que soutenait ZAMBACO, qui écrivait « qu'après la masse de lépreux vivants en Bretagae pendant des siècles, et dont Îles descendants portent encore le poids et le souvenir de l’aversion populaire sous les noms de kakous » il devait y avoir des reliquats de la maladie. Aussi cet auteur s'étonnait-il de ce que MORVAN n'ait pas été frappé par l'histoire de son pays en ce qui concerne la lépre.

Tout en admettant en Bretagne l'existence de cette maladie, EHLERS (de Copenhague) estimait que les sujets qui en étaient atteints, avaient été contagionnés au contact des marins islandais. Cette objection serait plausible, mais en plus des cas où: ce mécanisme n'a pu être démontré, elle ne vaudrait que pour les seuls habitants de l'Armorique. Or, d’autres provinces de France présentent des lépreux autochtones, de nos jours encore.

La VENDÉE, les COTES-DU-NORD eurent, elles aussi, à souffrir de Ia lèpre au Moyen-Age. En NORMANDIE, on retrouve la trace de 29 léproseries, dont les plus importantes furent situées aux alentours de Bayeux, Lisieux, Caen, Bolbec, Beaulieu, Dieppe. Le lépreux n'avait ni le droit de contracter, ni celui de tester, mais il conservait l’usufruit de ses biens (GUILLONARD, 1875 ; DU CASTEL, 1891).

La LORRAINE aurait possédé 59 léproseries où bordes, les principales à Metz, Toul, Verdun, où elles furent l’objet de nombreuses libéralités. Les ladres,ou mazels, mezels, mezieux, frères lépreux, bons malades étaient considérés comme étant sous le coup d’un châtiment de Dieu (BUVIGNIER).

eee

Dans l'YONNE, près d'Auxerre et de Tonnerre, existent encore des léproseries. Les lépreux, chose remarquable, n’y ont jamais été frappés de mort civile, ni de l'incapacité de jouir et de disposer de leurs biens : on les traitait comme des religieux, non comme des parias (BOUVIER).

Les provinces du NORD subirent au Moyen-Age, l'atteinte de cette même épidémie: il y avait des léproseries à Lille, à Béthune, à Calais. En FLAN- DRE, dans le HAINAUT, le lépreux n'était pas dépouillé de son patrimoine (LELOIR, 1893).

À PARIS il y aurait actuellement en circulation dans les rues 150 lépreux environ, presque tous d'origine exotique (DARIER). Une des premières léproseries parisiennes fut l'hôpital Saint-Lazare, qui existait déjà vers 1110 ; de 1515 jusqu’au xvire siècle il fut administré par l'ordre de saint Victor. -En 1632, saint Vincent de Paul y installa les lazaristes ou Prêtres de la mission, qui s'occupèrent de prédications et non de soins à donner aux malades. |

Au x111e siècle, à Saint-Maur, il y avait une importante :maladrerie, où les lépreux étaient moines. Au xive siècle il n'existait pas moins de 45 léproseries dans la banlieue parisienne (1).

A LYON, des cas de lépre d’origine coloniale ont été observés durant ces dernières années par nos maîtres MM. NICOLAS, FAVRE, BONNET (2). Les

(1) LE GRanp. Les Maisons Dieu et léproseries du diocèse de Paris au milieu du xiv° s. Mémoire à la Soc. de l'Hist. de Paris et de l’Ile-de-France-Paris, Champion 1893.

(2) Nicolas, Favre, Gaté, Juvin : lèpre nerveuse avec tâches achromiques et b. de H dans les tâches chez sujet

mena Es

Prs TEISSIER et LÉPINE ont vu des syringomyéliques classés par ZAMBACO parmi les lépreux atténués. M. le Pr FROMENT discutait à l'Hôtel-Dieu en janvier 1924, l'origine lépreuse possible d’un cas de panaris analgésique, et MM. BONNET et GAYET ont signalé un cas analogue en 1909. On n’a relevé aucune observation de lèpre autochtone (1).

La lépre a apparu dans la région Lyonnaise au Vie siècle. Elle y aurait été apportée, ainsi qu’en Charollais et en Bourgogne (Vite siècle) par les Lombards.

Le Mipi ne fut guère plus favorisé que les autres régions de notre pays, s'il faut en croire AMBROISE PARÉ, d’après qui la ladrerie y était plus fréquente que dans le reste de la France. Le mal, selon ZAM- BACO, y fut introduit par les Celtes émigrés d'Asie, — premier foyer de la lèpre, aussi haut qu'on remonte dans l'histoire, et d'Egypte, puis par les Carthaginois, les Sarrazins, les Basques, les Juifs ; ces lépreux ont laissé des descendants offrant des analogies avec leurs ancêtres, sous des dénominations diverses ; aux Pyrénées on les appelait cagots, en Guyenne, gafets ou gahets,en Gascogne, cassots. Ils étaient l’objet de l’aversion générale et relégués dans des localités spéciales, loin de la population saine, qui les évitait.

originaire de Mogador — Société médicale des hôpitaux de Lyon, 14 fév. 1922.

Bonnet: Un cas de lèpre — Comm. à la Soc. Nat. de

médecine et des x médicales, 30 mai 1923.

Bonnet : Lèpre frustre simulant syphilides tuberculeuses chez sujet ayant séjourné à Madagascar en 1918, id., 27 janvier 1924. |

(1) Cf. Berter : La lèpre en France, thèse de Lyon, 1911.

Les lépreux ont été, semble-t-il, très nombreux ; ils ont laissé des traces de leur passage à Saint- Jean de Lutz, à Bayonne (léproserie, fontaine des Agoths), à Baïgory, près de Cambo, à Salies de Béarn, à Bagnères de Bigorres. Leur histoire et celle des cagots, dont la présence a été signalée dés 1892 par RECLUS a été faite par MAGITOT, DUFOURQUÉ, ZAMBACO, et FAY.

Lourdes a été un nid de lépreux. Près de Pau existe la léproserie de Lescar, dirigée autrefois pasles hospitaliers de Saint-Lazare. À Argelès on observe encore de nombreux cagots ; à Oloron, un certain nombre de cas de panaris analgésiques. L'épidémie des Basses Pyrénées a eu une recrudescence marquée lors de l'invasion des Sarrazins qu'on accusa d’avoir importé la lèpre, dénommée pour cette raison mal arabe.

A Castres, à Toulouse, l'existence des léproseries ou méselleries a été établie par RocHAS, CUGuUIL- LIÈRE thèse de (1898) : maladreries des Minimes ou d’Arnaud Bernard, — de Ia porte Matabiau, — mézelierie de la Porte Neuve, — Saint-Cyprien, — Sainte-Radegonde. Avant l'édification de ces maisons par les diverses paroisses, les lépreux étaient isolés dans de petites cabanes, loin des grands chemins, iis allaient mendier aux portes de la ville. À Toulouse, au xvIIe siècle on notait un nombre assez élevé de cagarots ou cagots.

En 1893 le Pr CAUBET a présenté des malades atteints de lèpre autochtone mutilante, — BASSET a observé une lépreuse frappé de chute des doigts et des orteils avec exanthèmes érysipélatiformes à répétition, avec gonflement des nerfs cubitaux, — et un lépreux à masque léonin.

er.

À Bordeaux, où l’on voit actuellement un assez grand nombre de lépreux venus des foyers étrangers contemporains, la lèpre autochtone n'a été rencontrée qu'exceptionnellement (PITRES (1) et HARDY).

À Montpellier, elle a été signalée par GRASSET, qui montra des types cliniques d'intensité variable, depuis les cas les plus frustes, jusqu'aux formes les mieux caractérisées. La lèpre aux xIve et xve siècles n'était pas rare à Avignon ; elle y suscita de nombreux procès.

Les ALPES MARITIMES constituent le foyer lépreux le plus considérable après le foyer breton. Il a êté étudié au début du xiIxe siècle par VALENTIN, puis par CHANTEMEYL et MOREZ en 1888, et dans ces vingt dernière années par ZAMBACO, EHLERS et BOINET. L'épidémie y aurait été importée par les Phéniciens, les Lombards, les Sarrazins. Selon ROVERY (1905), il y aurait de nos jours environ 40 cas de lèpre autochtone revêtant tous les aspects cliniques, y compris les formes léonine et mutilante ; ce nombre serait en régression. Actuellement il y a encore des foyers non éteints à Ezer la Turbie (léproserie de San Remo), dans la vallée du Paillon, près de Nice, à Menton.

La lèpre est, en DAUPHINÉ, à l’état de souvenir. Au xvIIe siècle il y avait encore dans cette province

(1) Pitres. La lèpre en Gironde : Soc. de Méd. et de ch. de Bordeaux 19 déc. 1902 ; Gazette hebd. "sc. med. Bordeaux, 31 déc. 1902 ; Journal de méd. de Bordeaux, 4-11 janvier 1903.

Pausier : les procès, en suspicion de lèpre dans la région d'Avignon aux x1v'et xv* siècle. La Franée médicale, aoûtseptembre 1911.

RCA ES

44 maladreries appartenant à l'O. de Saint-Lazare et du Mt Carmel (1).

Le PoiTou ne fut pas épargné par les épidémies du Moyen-Age. L'’aumônerie de Saint-Lazare, de Poitiers, fondée dès 1267, se composait de cabanes isolés, car les lépreux n’habitaient jamais plusieurs ‘ensemble : l'administration d'abord ecclésiastique passa ensuite au pouvoir civil. Les malades constituaient une confrérie, dirigée par le chapelain, et pour leur admission, ils étaient tenus d'apporter leur mobilier et une certaine somme d'argent et devaient avoir habité la ville depuis un certain laps de temps. Les lépreux devinrent rares au XVIe siècle; ils étaient alors dénommés ladres, blancs, cachots, caquots, la maladrerie fut fermée vers 1550 (2). ;

Le PÉRIGORD eut, lui aussi, ses lépreux. A Périgueux existait la maladrerie de Saint-Hippolyte, et la Font des Malades. À Nontron une maladrie ou malatie contenait vers 1730 dix familles de ladres, subsistant de père en fils depuis 700 ans, s’alliant entre eux, Se tenant aux portes des églises, ayant ruisseaux et fontaines particulières ; ils éxerçaient

la profession de tisserands. J1 y en avait aussi à Bergerac, Angoulème, Brussace, Latourblanche, Chalus, Laroche-Beaumont (3).

Le MASSIF CENTRAL ne fut pas épargné, iui non

(1) Ulysse Chevalier. Notice historique sur la maladrerie de Voley près Romans-Romans, 1850.

(2) P. Rambaud. L'aumônerie de Saint-Lazare à Poitiers. — La France médicale, juillet août 1971.

(3) Dujarric Descombes — Voyage du Chevalier de Lagrange Chancel.— Bull. Soc. hist. et arch. du Périgord Périgueux : Ribes, 1916-1917.

Page 1