‹ Contribution à l'Étude de la LèpreChapitre 24 sur 44 · MORPHOLOGIE DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE DES LÉSIONS

On retrouve les lésions que nous avons déjà décrit ; les nodules sont rares. La forme diffuse s’y rencontre fréquemment ; les formes bourgonnantes et les ulcérations moins souvent ; elles semblent dépendre de la structure de la région.

Nous considérerons l’épiglotte, le glotte et le vestibule.

EpPiGLotTrEe. — L’infiltration de l’épiglotte existe souvent sans occasionner de troubles notables. A l’examen, on constate parfois une épiglotte hypertrophiée, irrégulière, de teinte violacée ou fauve. Elle est projetée en arrière, perd de sa mobilité et recouvre l’orifice laryngé. Chez un de nos malades, traité d’ailleurs depuis de nombreuses années, nous avons observé une épiglotte fauve, dont la couleur tranchait sur la muqueuse environnante. Elle recouvrait l’orifice laryngé, au point de ne pas permettre la vue des cordes pendant l'expiration. Présentant un bord presque régulier, d’environ deux milimmètres d'épaisseur, elle avait une surface unie ; peu mobile, il nous a fallu la récliner en avant avec un crochet pour continuer l’examen du larynx et nous avons été frappé de sa consistance spéciale : très molle, se laissant déformer par l'instrument, elle

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reprenait ensuite sa position en clapet comme une feuille de caoutchouc. L’infiltration semblait se limiter à l’épiglotte.

À côté de ces formes d’inflltration, nous avons trouvé des nodules siégeant sur le bord libre et le déformant. Ils sont en général de la grosseur d’un pois dont la base infiltrée est peu nette, et se confond avec le tissu environnant. Ils sont de couleur brun fauve, analogues à ceux de la face, et paraissent peu sensibles ; nous n’avons pas trouvé de lépromes ailleurs que sur le bord libre.

Enfin, l’épiglotte peut être tapissée de petites végétations, surélevées d’environ un demi-milimètre, à limites assez nettes ; ce sont des sortes de petites plaques, à surface irrégulière et piquetée, rappelant un peu l’aspect d’un papier de verre à gros grains. Généralement situées vers le bord libre, elles peuvent en modifier le contour, qui devient irrégulier, festonné. Ces formations ont une teinte plus pâle que la muqueuse environnante, mais sont piquetées de points brunâtres ; ces lésions sont analogues aux formations que nous avons décrites, sur le palais et le voile, et quelquefois la similitude d’aspect qu’elles présentent au niveau du palais, du voile et du larynx est frappante

Lorsque ces différentes lésions ont évolué (et il ne nous a pas été possible d’en suivre la marche), elles peuvent aboutir à des mutilations de l’épiglotte. C’est ainsi que cet organe peut subir des pertes de substance considérables, dont les conséquences, au point de vue fonctionnel, sont graves. Chez un malade soigné, il ne restait qu’une languette rosée, avec des traînées de tissu cicatriciel plus pâle ; large seulement d’un centimètre, réduite en hauteur, rigide, scléreuse, elle avait un pourtour irrégulier et difforme, ne rappelant en rien l’organe sain. Obturant imparfaitement l’orifice laryngé, les sécrétions du pharynx et du cavum peuvent aisément infecter le larynx et l’arbre respiratoire, et c’est là une des causes de l'infection trachéo-bronchique du lépreux, la barrière mécanique contre l'infection descendante n’existant plus.

ARYTHÉNOIDES. — Les replis arythénoïdes sont le siège de productions bourgeonnantes, en chou-fleur qui semblent se

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limiter à la muqueuse. Cependant les mouvements sont quelquefois réduits.

VESTIBULE. — La muqueuse du vestibule laryngien peut être atteinte par le processus d'infiltration. Mais nous n’avons trouvé ni des nodules, ni des ulcérations.

GLOTTE. — Les cordes et les bandes ventriculaires nous paraissent indemnes de lésions spécifiques.

Ces malades ont constamment des troubles de la voix, qui sont dûs à de la laryngite catharrale banale. Les cordes sont plus ou moins régulières, rosées, variqueuses. Il y a fréquemment des signes d’arthrite.

Les phénomènes douloureux sont constants dans les formes avancées, et semblent plus marqués au moment des poussées. Les lésions sont la conséquence des troubles pharyngés et des délabrements de la filière nasale.

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