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remplacé par une formation bourgeonnante d'aspect typique ; Je rebord alvéolaire a disparu, mais une inflltration s’arrête au palais. Le frein de la lèvre supérieure est hypertrophié, bourgeonnant et il pend. l
La langue, hypertrophiée, peu mobile, présente au niveau du V lingual cinq nodules gros comme des pois, peu surélevés, bien délimités, dont la teinte rosée et unie tranche sur l’état saburral de la muqueuse. Ces nodules sont peu sensibles.
Dans le tiers antérieur de la langue on trouve trois plaques blanc nacré, adhérentes, vernissées, d’aspect leucoplasique.
On trouve à la face dorsale des petites végétations rosées analogues à celles du voile.
Pharynx : La muqueuse du pharynx est modifiée. Elle est épaissie, infiltrée, plus pâle, tapissée de croûtes peu adhérentes venant du cavum. Elle présente des granulations de la grosseur d’une lentille et jaunâtres. :
Les piliers antérieurs ont un aspect normal. Les piliers postérieurs, recouverts de granulations, donnent quand on appuie l’abaisse-langue, la sensation d’une corde tendue.
Cette infiltration de la muqueuse rétrécit les diamètres de la cavité.
La base de la langue est normale, l’amygdale linguale subsiste, mais par contre les loges pharyngées sont vides.
Larynx : L'examen du larynx est difficile. La malade ouvre peu la bouche, gènée par les fissures de commissures labiales. L’hypertrophie de la langue et son peu de mobilité gênent l’introduction du miroir, mais il n’y a pas de réflexes nauséeux.
Epiglotte : Elle est infiltrée, rosée et comme éversée en arrière, recouvrant et masquant l’orifice laryngé. On aperçoit seulement les replis arythénoïdes qui présentent des végétations à petits grains, rosées, d'aspect framboisé, à bords nets, au niveau de l'insertion.
Après cocaïnisation, et en réclinant en avant l’épiglotte, qui donne une sensation cartonneuse, on découvre les cordes, dont seul le tiers postérieur est visible.
Elles sont recouvertes de mucosités blanchâtres, s’accolent mal et ont un aspect framboisé, irrégulier. Leur mobilité est presque normale. En raison du bloquage de l’épiglotte et des végétations des replis arythénoïdes, on ne peut voir la sous-glotte.
.. OREILLE. — a) Les pavillons sont infiltrés, les conduits auditifs externes normaux. Les tympans bien visibles sont ternes,
Le 4:
rétractés. Le triangle lumineux a disparu et le manche du marteau, surtout à droite, fait une saillie très marquée.
b) L’audition est diminuée surtout à gauche.
Voici les résultats de l’examen auditif :
Montre Oreille D Oreille G | Or. normale RAR POS RARE OR 0 l2RCn ET EU BR RENE 5 cm 0
Le Weber est latéralisé à gauche
Oreille D Oreille G | Or. normale
Os 10 20 40
Rinne Schwabach ; —— — Le
Air 10 IE; 20
| BETeR L ÉSSENA D RE 15”’à10cm | 15” à 3 cm 90? Champ AU 14 à 64 16 à 64 18 à 64
Ces chiffres signifient :
1° Que l'audition par l'air est réduite et bien inférieure à l’audition normale.
AD Lee
2° Que l'audition par l’os diminuée à droite est cependant presque normale à gauche (20/15).
3° Le champ auditif est réduit pour les sons aigus, plus à droite qu’à gauche.
En résumé il y a une diminution de l’audition due surtout aux lésions de l'oreille moyenne à gauche et aussi à des lésions probables de l'oreille interne.
EXAMEN VESTIBULAIRE, — Nous avons recherché le nystagmus et les vertiges.
a) Il n’y a pas de nystagmus spontané.
b) Les épreuves rotatoires nous donnent un nystagmus immédiat qui dure 30” avec un entrainement peu net. Cependant dans la rotation vers la droite, il y a un léger entrainement vers la droite.
c) Les épreuves caloriques nous donnent un systagmus douteux, un entrainement du côté de l’oreille étudiée, léger et seulement après 300 c/m d’eau à 20° au lieu de 150 environ.
b) La marche, la station debout donnent des résultats normaux.
e) L’excitation galvanique du vestibule est plus fertile en renseignements : alors que chez un individu normal on obtient une Cet examen vestibulaire indique une hypo-excitabilité.
Obs. 6. DEL... (14 ANS)
Janvier 1925.
Il ÿ a deux ans environ le petit malade a eu des épistaxis ; son nez présentait un écoulement au début, gris, blanchâtre. Cette rhinite s’est accentuée. Les épistaxis sont devenus plus fréquentes. Cependant il ne se souvient pas d’avoir eu de céphalée, ni de fièvre, ni d’autres troubles. Il éprouvait des démangeaisons autour de l’orifice narinaire et souillait un mouchoir par jour.
Un mois environ, après le début de ces troubles, sans cause apparente, il a été pris de céphalée assez intense ; son état général s’est modifié, au point que l’abattement et la fatigue générale l’ont obligé à s’aliter quelques jours ; les épistaxis se sont peu à peu tari, assez rapidement cependant, puisque lorsqu'il s’est levé toute hémoragie nasale avait cessée.
, . Peu à peu sa vue s’affaiblit, au point que ses parents, inquiets, le conduisent aux Quinze Vingts où, pensant à de la spécificité, on lui fait un traitement de quinby. Aucune amélioration ne se produit et pendant le cours du traitement, vers Novembre
rt à
Le Seal
1924, peu de jours après son admission, apparait un petit nodule dans la fossette sus-mentonnière ; cette éruption s’est accompagnée de vives démangeaisons. Ce petit nodule grossit assez rapidement, et un mois après, en décembre environ, une papule apparait vers la joue droite. Les troubles de la vision et du nez s’accroissent. Il entre à Saint-Louis dans le service du docteur Ravaud en Janvier 1925 et le diagnostic de lèpre est porté.
Actuellement : La cécité est presque complète.
Sous la lèvre inférieure, comblant la fossette sus-mentonnière, Se trouve un tubercule gros comme une noisette, semblant pédiculé, dont la surface, de teinte légèrement brune, est variqueuse et présente une petie croutelle foncée recouvrant une ulcération rosée.
Sur la joue droite, une grosse papule, plate, de relief peu élevé, à contours polycyclique et fauve.
Sur la région temporo-jugale, du bord de l'orbite aux cheveux s'étale une macule fauve.
De nombreux lépromes boursoufflent les deux joues et la peau du front.
Le nez est infiltré, élargi, le lobule hypertrophié et variqueux. Une large papule fauve sur l’aile droite et la moitié correspondante du lobule accentue la dissymétrie du nez ; la sous-cloison est épaissie, les orifices narinaires sont réduits.
La filière nasale est encombrée de croûtes brunâtres et de mucosités blanchâtres. À droite sur la cloison, au niveau de la tache vasculaire, on voit quelques croûtes minces, rouge brun, dénonçant des épistaxis récentes, dont se plaint d’ailleurs le jeune malade, mais elles sont peu fréquentes. Il accuse aussi quelques démangeaisons : La muqueuse de la cloison est infiltrée, épaissie, mais de couleur normale. On ne voit d’ailleurs que la région antérieure de la cloison cartilagineuse.
A gauche : La filière est plus atrésiée qu’à droite, le cornet inférieur hypertrophié, de couleur normale, s’accole à la cloison. Il y a cependant quelques varicosités à sa surface. La muqueuse est tapissée d’un écoulement blanchâtre, filant, avec quelques croutes, sans odeur ; la cocaïne adrénalinée ayant peu d’action, et le reste de la Hiére nasale n’est pas visible ; toute manœuvre avec le porte-coton ou le spéculum font saigner les tissus.
A droite : Les muqueuses de la cloison et de la paroi externe sont aussi infiltrées, épaissies. Le cornet inférieur est atrophié et comme à gauche on ne peut voir plis loin.