OBSERVATION X
(Résumee) - (Wäirchow’s. Archiv. 1872. — Thèse de Marey, 1884).
Albert Schültz, 5 ans, reçu le 1° décembre 1871 dans notre hôpital. -
Mère saine, père scrofuleux dans sa première enfance.
A neuf mois, glande au cou; elle fut ouverte par un médecin et ne guérit qu'après une longue suppuration. A 2 ans, rougeole; à la suite, tumeurs ganglionnaires du cou qui s’accrurent rapidement. En même temps pâleur, perte des forces, perte de l'appétit et diarrhée. Toux pénible.
État actuel. — Hypertrophies ganglionnaires dans les régions cervicales, sus et sous-claviculaires, axillaires et
inguinales. Du côté droit du cou, elles forment une tumeur
grosse comme une tête d'enfant, ramollie à sa partie supérieure et recouverte à ce niveau par une peau rougie. Elle est formée de tumeurs plus petites du volume d’un œuf de pigeon. Toutes les autres tumeurs sont très dures.
Apathie. Fréquents maux de tête, léger degré de surdité, Dilatation des deux pupilles; un peu de diplopie à cause d’un léger strabisme divergent de l'œil droit. Pas d’appétit, diarrhée. Tympanisme abdominal qui empêche de déterminer les limites du foie et de la rate. Urine jaune clair sans albumine ni pigment biliaire. Pouls à 124, petit et faible, dyspnée, catarrhe humide avec secrétion muqueuse, globules blancs de petites dimensions, dans la proportion de 1 pour 30 globules rouges.
Traitement tonique. Les glandes du cou allèrent en augmentant considérablement, en même temps qued'’autres apparurent dans la région sous-occipitale du côté gaucheet dans le médiastin. Matité dans la région sous-claviculaire et dans la fosse sous-épineuse du côté droit et faiblesse respiratoire très grande au même niveau.
Bientôt apparurent des sueurs profuses, de l’anasarque, une dyspnée progressive et le petit malade mourut le 6 janvier au milieu des symptômes de l’œdème pulmonaire aigu. Notons que le pouls fut toujours très accéléré, oscillant entre 120 et 160 pulsations par minute.
L'’autopsie pratiquée 4 heures après la mort révèle les lésions suivantes : contre la paroi postérieure du sternum, ganglions atteignant la grosseur d'un haricot. Un peu de liquide trouble et blanchatre dans la plèvre droite. Au hile
des poumons, nombre considérable de ganglions; œdème
DIRE us
pulmonaire sans tubercules et quelques noyaux gris, gros comme des pois dans le parenchyme pulmonaire. |
50 grammes d’un liquide jaune clair dans le péricarde ; dans le cœur, caillots grisâtres, avec des noyaux blancs dans l'oreillette droite, teinte laiteuse de l’endocarde ; 300 à 350 grammes de liquide blanchâtre dans le péritoine.
Rate, 10 centimètres sur 6, consistance ferme et couleur rougeâtre : sur ce fond rouge se voient un grand nombre de noyaux fermes d’un gris-jaunâtre.
Gros ganglions au hile du rein gauche, reins agrandis surtout aux dépens de leur substance corticale, Noyaux d’une consistance ferme et d’un jaune sale dans leur parenchyme. Canal cholédoque entouré d’un gros ganglion, qui cependant ne gêne pas le cours de la bile. Glandes iléocœcales et mésentériques volumineuses. Liquide laiteux et terne à la coupe; dans le mésentère, conduit lymphatique visible à l'œil nu sous forme d’un cordon blanchätre.
Au cou, les tumeurs gangiionnaires englobent les sternomastoïdiens; elles adhèrent à la peau et sont d’un gris jaunâtre à la coupe. Elles se prolongent dans le thorax et englobent le nerf vague du côté gauche. Les ganglions axillaires et inguinaux sont denses et d’un gris pâle.
En arrière du trou optique droit, tumeur inégale et bosselée de la grosseur d’une petite cerise, jaunâtre, assez
ferme et revêtue d’un réseau vasculaire.
OBsEervaATION XI.
(Revue mensuelle des maladies de l'enfance, 1884. — Docteur Wadham, in the Lancet, 26 janu., 1884.)
Un enfant de 5 ans 1/2, entre à l'hôpital Saint-Georges le 17 mars 1883. Six semaines avant son entrée, il présentait les symptômes suivants: douleurs abdominales, constipation, toux, insomnies. Amélioration de ces douleurs et disparition de la constipation par un traitement approprié. Deux jours avant son entrée, nouvelles douleurs abdominales. Enfant pâle, irritable, peau sèche, tuméfaction des amygdales. Engorgement des ganglions cervicaux. Langue sale; gencives tuméfiées, pàles, saignantes; haleine fétide, toux légère. Rien d’anormal du côté du cœur et des poumons ; abdomen un peu ballonné et résistant. Pas d’augmentation des viscères abdominaux. Température : 30. Pouls fréquent, faible. Perte d'appétit, Vomissements de matière bilieuse toutes les nuits et constipation. Urine trouble, non albumineuse. Ces symptômes s’accentuèrent. La respiration devint fréquente et difficile. La température oscillait entre 38° et 39°. En mème temps existait une grande prostration.
L'examen du sang permit de constater trois globules
blancs pour un globule rouge. La mort arriva le 12 novem-
bre malgré le traitement (purgatif, fer, vin et viande crue),
À l’autopsie, on trouva sur la surface des organes internes, des pétéchies. Poumons päles mais normaux. Caillots décolorés dans les cavités du cœur, dont la substance était blanc opaque et très friable. Ganglions mésentériques hypertrophiés. Foie pâle, non friable; à la coupe, de petits points de substance blanc-jaunâtre, et quelques petits infarctus. Rate hypertrophiée avec des infarctus jaunâtres. Reins très pâles mais sains. Cerveau normal. Sur la rétine de l'œil examiné de nombreuses petites ecchymoses.
Il s'agissait chez ce malade de leucocythémie et d'’a-
dénie.
OBsERvATION XII.
Revue des Sciences médicales. — Hayem, 15 janvier 1804,
Eichhorst relate l’histoire d'un garçon de 8 ans atteint d’hémorrhagies stomacales profuses et répétées, d’anémie grave, d’ascite et de leucémie consécutive. Les globules blancs du sang étaient dans la proportion de 1 à 11,4 par rapport aux globules rouges. Mort au bout de 15 jours. Les lésions les plus nettes portèrent sur la rate et l’estomac et consistèrent en de nombreux ulcères de la muqueuse stomacale et hypertrophie de la rate. Ajoutons la présence
d'un pigment granuleux, jaune brunatre, le long des parois des artères spléniques. Ce pigment renfermait du fer. La moelle des os ne présentait aucune modification appréciable. -
Il s'agissait, par conséquent, d’une leucémie aiguë, d’ori-
gine uniquement splénique.
OgsEervarTION XIII.
(Revue des Sciences médicales, tome XX X1X, 1® fascicule.)
Enfant de 8 ans, ayant succombé à une leucocythémie datant de 5 mois. Pour les auteurs, cette évolution rapide est caractéristique de la leucocythémie chez les enfants. Chez le sujet en question, on avait noté pendant la vie l’hypertrophie du foie et de la rate, une tumeur médiastine et des tumeurs ganglionnaires. Les reins, surtout le gauche, étaient énormes.
Examen du sang : diminution rapide des globules et des hématoblastes, accroissement du nombre des leucocytes à un seul noyau, tandis que les leucocytes multinucléés (habituellement les plus nombreux) deviennent rares. A l’autopsie, la moelle osseuse fut trouvée malade, les reins infil-
trés de leucocytes, les ganglions partout hyperplasiés.
Les recherches microbiologiques ne révélèrent aucun
micro-organisme.
OBsERvATIüON XIV.
(Résumee)
(Rendu. Thèse de Demange. — Lymphademie intestinale, Jorme neoplasique, leucocythémie.)
G. Alphonse, 11 ans, salle Saint-Louis, n° 20, serviee de M. Rendu, 15 avril 1872. Mère morte tuberculeuse, huit frères et sœurs morts de maladies inconnues.
Depuis 15 jours cet enfant se plaint de tympanite abdominale ; 1l souffre du ventre, a maigri; depuis la veille il a des vomissements bilieux.
- À son entrée, on constate l’état suivant : pommettes rouges, pouls petit, fréquent. Ce qui frappe, c'est le volume du ventre dont la forme est irrégulière ; il existe une saillie très notable au niveau de l'hypochondre gauche au-dessous
des fausses côtes. On perçoit à ce niveau une tumeur volu-
mineuse, de la grosseur du poing, facile à circonscrire, peu
douloureuse. Il n’y a pas de signes évidents d'ascite, mais la sonorité et la matité se répartissent également. Respiration fréquente; développement des veines de l’épigastre.
Diagnostic : péritonite tuberculeuse.
Le 16. — La tympanite augmente, la tumeur plus diffuse.
Le 24. — Cécité complète et subite.
Le 25. — Double épanchement pleural; tympanite excessive, pouls 150.
Le 26. — Mort. -
Auropsie,— Liquide séro-purulent dans abdomen. Péritoine soudé à tumeur qui a envahi l’appendice, le cœcum et lintestin grêle. La tumeur occupe toute la masse du mésentère et le paquet des ganglions mésentériques ; elle a un volume de deux poings et se continue avec l'extrémité du cœcum et de l’appendice. Donne peu de suc à la pression.
On trouve des noyaux de généralisation dans les reins et sur les plèvres.
La cécité doit être attribuée à une obstruction des vaisseaux rétiniens par les globules blancs (les vaisseaux en sont remplis), la leucocythémie est certaine.
Le microscope révèle, dans la tumeur, le tissu réticulé
et des cellules lymphatiques.
OBSERVATION XV (Resumée)
(Picot. — Thèse de Demang'e, 1874. — Lymphadémie intesfinale, forme néoplasique. — Lueocythémie.)
Mathey, Charles, 12 ans, entré le 10 juin à l'hôpital des
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Le CRE
Eafants malades, salle Saint-Jean, 32, service de M. Labric. Il a commencé à maigrir depuis deux mois ; il souffre depuis trois semaines; il a pris le lit il y a huit jours et s’est aperçu que ses bourses enflaient. ;
A son entrée, on constate une tumeur dans la région iliaque droite mate à la percussion, non mobile, paraissant adhérer à la paroi abdominale et indépendante du foie; le ventre est distendu par les gaz; veines abdominales dilatées; rien d’anormal au poumon si ce n’est une respiration très soufflante. Pas de signes de tuberculose, vomissements bilieux, l’enfant n’a pas de fièvre mais souffre beaucoup et ne dort pas.
11 août. — Ponction abdominale qui donne issue à un
litre de liquide purulent.
Le 13. — Vomissements depuis la veille, mort à 4 heures.
AuTopPsie. — Reins et foie normaux.
La tumeur, examinée par le docteur Rendu, est un lymphadenôme s'étendant à la valvule iléo-cœcale et infiltrant également la paroi abdominale. Même tissu morbide à la partie supérieure du diaphragme et dans les ganglions bronchiques.
OBsERvATIioN XVI
(Thèse J. Simon, 1861. — Gazette des hôpitaux, 1856).
Un garçon de 13 ans, qui avait eu des fièvres intermit-
pie
tentes, eut des symptômes d'anémie avec des hémorrhagies graves. Le sang, examiné au microscope, contenait peu de globules rouges et un nombre considérable de globules blancs. ë
A l’autopsie, on trouva des caillots mous, noirâtres, dans les ventricules du cœur, une hémorrhagie méningée vers le sacrum, des ecchymoses à la surface du cœur, sous le
péritoine; la rate était très volumineuse.
Ogservarion XVII
(Revue mensuelle des maladies de l'enfance, mar r885. G.-H. Roger.)
Le nommé Lef..., Adolphe, âgé de 14 ans, entré le 19 novembre 1884 à l'hôpital Trousseau, salle Legendre, n°29:
Cet enfant est adressé à M. Cadet de Gassicourt par M. le docteur Hirne, qui le soigne contre une anémie extrême qu’expliquent peut-être les hémorrhagies gingivales fort abondantes et se répétant depuis un an. Eninterrogeant la mère du malade, nous apprenons qu’il n’y a jamais eu d’accidents hémorrhagiques dans la famille. L'enfant n’a ni frère ni sœur. Sa mère est d’une bonne
santé, Son frère et son grand-père sont morts d’alcoolisme,
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Jusqu'à l'âge de 13 ans, il s'est bien porté. Il n'avait eu qu’une rougeole d’ailleurs fort bénigne, à l’âge de 8 ans. Il y a un an, sans cause appréciable, les gencives sont devenues fougueuses et saignantes; en même temps, l'enfant commençait à s’affaiblir. Il était alors dans une pension où il se trouvait dans de fort bonnes conditions hygiéniques. Au moment des vacances (août 1884), il rentra chez sa mère, qui put l’observer plus facilement. Elle prétend qu’elle remarqua souvent sur le corps de son fils des ecchymoses que provoquait le plus léger ou le moindre attouchement. Elle n’a pas observé qu’une légère coupure accidentelle fut suivie d’une hémorrhagie abondante. A la fin de septembre, l'enfant a été mis en apprentissage chez un serrurier, aux environs de Paris. Il était bien logé et bien nourri, mais était soumis à des fatigues excessives. On lui faisait faire de longues courses et porter de lourds fardeaux. Ainsi, l’état du malade s’aggrava-t-il encore au bout de vingt jours, c’est-à-dire vers le milieu d'octobre; tout travail devint impossible. L'enfant revint chez sa mère plus anémique et plus faible que jamais. Les gencives étaient extrêmement gonfléesetsaignaientconstamment. M. Hirne, appelé auprès du malade, institua un traitement tonique et ordonna à l’intérieur du perchlorure de fer ; les hémorrhagies n’en persistèrent pas moins. Le 11 novembre, on remarqua au niveau de la malléole externe, du côté gauche, une tumeur violacée et fluctuante qui. s'était développée subitement. Une petite incision donna issue à quelques gouttes de sang.
Le 16, M. Hirne constata, sur la gencive gauche supé-
rieure, une plaque de sphacèle, siégeant au niveau de la )
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première petite molaire. Le lendemain, cette plaque s'était notablement accrue; M. Hirne la toucha, ainsi que ie bord sain, au thermo-cautère, et envoya le malade à l'hôpital.
- Etat actuel le jour de l'entrée (19 novembre 1884). L’enfant est d’une taille assez grande pour son âge. Il ne paraît pas maigre mais les chairs sont molles et d’un blanc cireux. Les muqueuses sont absolument décolorées; à peine si l’on peut saisir une légère différence de coloration au niveau des lèvres. La faiblesse est extrême; le malade est abattu; il ne remue qu'avec peine ; au moindre mouvement, la dypsnée est intense. La langue est blanche, l'haleine horriblement fétide, l’appétit perdu, pourtant les fonctions digestives se font assez bien; il n’y a ni diarrhée ni constipation. La température est élevée et oscille autour de 30. Le pouls est régulier et ne donne que 84 pulsations. Au cœur, on trouve un souffle anémique, assez intense, à la base et au premier temps. Il existe également un souffle dans les vaisseaux du cou. Notons, enfin, qu’il n'y a pas d'albumine dans les urines. L’altération principale est celle de la bouche. Le gencives sont fougueuses, tomenteuses, formant des bourrelets volumineux entre les dents. Elles sont d’une coloration violacée. A gauche, se voit la plaque de gangrène, tranchant nettement sur les parties voisines par son aspect pultacé et sa coloration grisàtre. Cette plaque présente 3 centimètres sur 1 centimètre de haut.
M. Cadet institue également un traitement réconfortant : rhum, quinquina, et, le 24 novembre ajoute deux cuillerées de sirop d'iodure de fer. En même temps, lavage de la bouche avec des solutions saturées d'acide borique.
Les phénomènes restent en l'état jusqu’au 2 décembre, On
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constate alors un point de gangrène occupant le côté gauche de la gencive inférieure, au niveau de la canine. L'escarre de la gencive supérieure se détache. Attouchements à la teinture d’iode.
5 décembre. — L'enfant se plaint de souffrir beaucoup. Le sphacèle a augmenté; il s'étend sur les 2 gencives du côté gauche, depuis les canines jusqu'aux dernières molaires. ;
Attouchements avec l'acide chromique dilué.
Le 7. — L'aspect des plaques est meilleur, mais il apparaît un point de gangrène sur la genciveinférieure du côté droit. Les douleurs sont très vives et privent le malade de tout sommeil. :
Pilule extrait thébaïque 0,02.
Le to. — Hier soir, à 4 heures, l'enfant ayant pris son verre avec la main droite, le laissa subitement échapper. Pendant quelques instants il ne put remuer le bras droit. Peu à peu, les mouvements reparurent mais restèrent difficiles. Ce matin, le membre supérieur du côté droit est notablement moins fort que celui de gauche. Le malade paraît plus faible qu'hier. Il se.plaint de vertiges. La connaissance est parfaite. L'examen de l’urine décèle une petite quantité d’albumine rétractile (o gr. 50) par litre.
Le 11. — L'affaiblissement continue; les battements cardiaques sont rapides, 112, mais énergiques. L’auscultation du cœur révèle l’existence, à la pointe, d’un bruit de galop extrêmement net. A la base, à gauche du sternum, on entend toujours un bruit de souffle systolique très doux.
Le 13. — L'enfant montre une grande indifférence pour
les événements extérieurs. Pourtant, il semble éprouver de la satisfaction lorsqu'il voit sa mère; mais il-est plongé dans un tel état de torpeur intellectuelle qu’il ne peut manifester ses sentiments. La mémoire est très affaiblie. Il ne se rappelle pas ce qui s’est passé autour de lui quelques instants auparavant. Les gencives sont toujours dans le même état; le pouls est régulier, mais rapide; le bruit de galop est de plus en plus marqué.
Le 15. — Cette nuit, vers 2 heures, l'enfant a été pris d’un accident semblable à celui que nous avons noté il y a quinze jours. Ayant saisi sa timbale pour boire, les forces lui ont manqué et il en a renversé le contenu.
Pendant quelques instants la main droite fut inerte; puis les mouvements reparurent peu à peu.
Ce matin, l'état du malade est encore plus grave qu’hier, la prostration est extrême; l'intelligence presque complétement éteinte; l'enfant marmotte continuellement des mots inintelligibles. On peut le tirer encore de cet état de torpeur mais il y retombe presque aussitôt. La respiration est pénible, haletante; pourtant on ne retrouve rien de notable à l’auscultation de la poitrine. Le pouls est fort, régulier et rapide : 136. Il existe un peu d'œdème au niveau des malléoles. Nous noterons de plus que le sphacèle des gencives a diminué à gauche, mais s’est accru à droite.
PRAITEMENT : Rhum, quinquina, acétate d'ammoniaque 4 grammes.
Le 18. — Depuis 3 jours la situation est la même; l'en fant est toujours plongé dans un état demi-comateux; la nuit il est fort agité, La dyspnée va en augmentant; ce
matin le nombre des respirations s'élève au nombre de 54
He Onre
par minute. Au cœur, le bruit de galop est encore plus net que les autres jours. |
Le 19. — Dans la journée d'hier, l'enfant a reconnu sa mère et a pu lui dire quelques mots. La nuit a été très agitée: violent délire de paroles et d'actions. Le malade se remuait tellement qu'il est tombé de son lit.
Ce matin, l'agitation a fait place à l'abattement. L'enfant est dans le décubitus dorsal; les yeux à moitié fermés, la bouche entr'ouverte: la respiration rapide. Le pouls est régulier : 128.
Le soir, nous trouvons le malade à l’agonie. Le pouls est à peine sensible.
Le 20. — Mort à 8 heures du matin. Diagnostic fut fait par la numération des globules avec l’appareil de M. Hayem.
Par millimètre cube :
Globules rouges. . . 1.600.000
Heteocvties/ 252. 300.000
De plus, les globules rouges étaient presque tous altérés. Il existait dans la plupart d’entre eux, une excavation centrale excessive; d’autres n'étaient plus circulaires; ils présentaient un aspect bizarre : les uns étaient pyriformes; d’autres avaient une forme de croissant.
Nous n’en avons pas trouvé présentant un noyau.
Nous n'avons pu constater ni adénopathies, ni augmentation de volume du foie et de la rate. L'anémie extrême et l'état fougueux des gencives, tels étaient les seuls sympto-
mes pouvant faire penser à une leucocythémie,