‹ Contribution à l'étude de la leucocytémie chez l'enfantChapitre 28 sur 32 · GE · texte numérisé non relu

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Auropsie, — Viscères retirés par partie postérieure du cadavre. Boîte crânienne non ouverte et impossibilité d'examen du système osseux.

Foie et rate peu altérés à l’œil nu. Le foie pesait 1230 gr. A la coupe, il présentait une coloration d’un brun foncé; son parenchyme était parsemé de taches jaunâtres donnant à la section l'aspect marbré.

La rate était très molle, elle pesait 170 grammes, pas d’altération notable à l’œil nu. Les reins étaient volumineux. Le gauche pesait 200 grammes et le droit 185, on les décortiquait facilement. A leur surface extérieure, très pâle, se dessinaient nettement les étoiles de Verheyen. La coupe présentait une coloration blanche, surtout marquée pour le rein gauche où il était fort difficile de distingüer les deux substances. À droite, la coloration des pyramides était rosée ; on voyait à la périphérie de la substance corticale, des stries sanguines d’un rouge clair.

L'intestin a été ouvert sur toute son étendue. Au premier abord, il paraissait sain; mais en l’examinant plus soigneusement, on voyait vers la partie terminale de l’iléon, quelques plaques de Peyer plus saillantes et plus volumineuses qu’à l’état normal.

Les ganglions mésentériques, au moins ceux qui sont le plus rapprochés de l'intestin étaient un peu augmentés de volume. L’estomac ne présentait rien de spécial.

Le péricarde contenait une certaine quantité de liquide citrin; il n'existait pas de fausses membranes ni de plaques laiteuses.

Le cœur était volumineux et décoloré. Débarrassé des

caillots qu'il contenait, il pesait 225 grammes. Les valvules

rs PIQUE

étaient saines. Ce qui était remarquable, c'était l'aspect du myocarde; aussi bien sur les piliers que sur les parois, on voyait une quantité innombrable de petites taches d’un jaune clair, donnant au muscle un aspect tigré particulier. Le cœur'était plein de éaillots.

. Ceux des ventricules présentaient à leur partie inférieure une coloration blanchâtre. Les autres, ainsi que ceux qu'on trouvait dans les veines, étaient d’une couleur violacée, lie de vin; ils se laissaient facilement émietter. Les poumons étaient gorgés d’un liquide aéré et spumeux. Ils étaient d'une pâleur excessive, sauf les deux bases qui avaient une coloration brun-noirâtre. Le sommet était remarquable par sa couleur blanchatre, tirant un peu sur le vert.

Examen histologique. — L'examen histologique a été pratiqué après durcissement à l'alcool, la gomme et l'alcool. Il nous a donné les résultats suivants, qui confirment com plètement le diagnostic : |

For. — Des coupes d'ensemble, colorées au picro-carmin et examinées à un faible grossissement (ob}j. 2, oc. 2, Verick), permettent déjà de saisir de profondes altérations.

Tout autour des veines centrales, les cellules ont subi une dégénérescence graisseuse très manifeste. Il y a aussi des cellules graisseuses sur d’autres points, particulièrement au niveau de quelques espaces portes, mais les altérations y sont beaucoup moins marquées et moins étendues. Dans le reste du lobule, les cellules paraissent saines; mais les espaces intercellulairessont très élargis et remplis de leucocytes, dont la coloration rouge tranche nettement sur la

masse sombre des cellules hépatiques,

Au niveau de la plupart des espaces portes se trouvent des îlots rouges plus ou moins étendus. Ces ilots entourent les vaisseaux de ces espaces ; ils se prolongent entre les lobules, tendant ainsi à les délimiter plus qu’à l'état normal. :

Sur des coupes minces, on reconnaît à un plus fort grossissement (obj. 7, oc. 2), que ces îlôts sont constitués par

du tissu réticulé, qu’on met en évidence en chassant les cellules au pinceau. Les limites périphériques ne sont pas

nettes. On voit le tissu réticulé devenir de plus en plus délicat; il se perd au milieu des cellules lymphatiques, accumulées en plus grand nombre autour de ces ilots. Il semble qu'on assiste presque à la transformation des amas de leucocytes en tissu réticulé. Au milieu des îlôts se trouvent les vaisseaux de l’espace porte. Les parois des veines se continuent plus ou moins avec le tissu de nouvelle formation.

Sur quelques points, on peut saisir une direction différente des fibres; sur d'autres, il semble que la paroi veineuse soit envahie par le tissu réticulé. Les canaux biliaires se reconnaissent facilement; leur fibres sont nettement circulaires et supportent l’épithélium caractéris- . tique.

La veine centrale est relativement saine. Pourtant, sur plusieurs lobules, les parois sont infiltrées de quelques leucocytes. Notons de plus que les cellules lymphatiques accumulées dans les espaces intercellulaires, semblent ici un peu plus nombreuses et plus serrées. Nous avons déjà signalé l'existence de la stéatose hépatique en ce point.

L'aspect est donc particulier; on voit un cercle rouge en-

PASSE Dee

voyant des rayons de même couleur au milieu d’une masse fortement réfringente. :

Enfin, sur quelques coupes, nous avons pu constater l'existence de petits îlots rouges dans l'épaisseur même du lobule. C’étaient de simples amas de leucocytes.

Reins. — Les reins sont très altérés. La plupart des cellules ne se colorent pas par le picro-carmin.

L'ensemble de la coupe (obj. 5, oc. 2) a une coloration jaunâtre sur laquelle tranchent les glomérules colorés en rouge vif, ainsi que les espaces intertubulaires considérablement élargis. |

À un plus fort grossissement (obj. 7, oc. 2), on reconnaît que l’altération des cellules ne porte que sur les tubes contournés.

Dans les tubes droits, les cellules sont colorées et leur noyau parfaitement distinct; la lumière de ces tubes est, sur plusieurs points, remplie par un exsudat coloré en rose. Dans les tubes contournés, les épithéliums ont subi la désintégration granulo-graisseuse : ce sont des masses grisâtres dont les limites ne sont plus nettes. Sur plusieurs points, les cellules semblent en quelque sorte fusionnées. Il en existe cependant quelques-unes qui se colorent encore en partie, c’est-à-dire présentent quelques points rouges, au milieu de la masse jaunâtre. La lumière des tubes est conservée en certains points : sur d’autres, elle est remplie de masses granuleuses et d’exsudats coagulés. Ce sont là des altérations de néphrite épithéliale. Ce qui est spécial, c'est l'accumulation de leucocytes dans les espaces intertubulaires, où ils forment des couronnes plus ou moins

complètes.

Les glomérules sont normaux : nous noterons seulement une accumulation de leucocytes dans l'intérieur des vaisseaux.

Rare. — Les altérations de la rate sont moins intéressantes.

Sur les coupes, on voit les glomérules pe Malpighi, plus volumineux que normalement et constitués par du tissu réticulé renfermant de nombreuses cellules lymphatiques.

INTESTINS. — Les coupes ont été pratiquées au niveau des plaques de Peyer, qui, à l'œil nu semblaient hypertrophiées.

L'aspect au microscope est absolument caractéristique. On voit les glandes de Liberkühn présenter de nombreuses cellules granulo-graisseuses. Tout autour de ces glandes, entre elles et au-dessous d'elles, existe un tissu réticulé abondant, à mailles larges et épaisses.

Cœur. — Des coupes ont été faites sur les piliers du ventricule gauche. Les vaisseaux sanguins ont été trouvés dilatés et renfermant de nombreux leucocytes. Les fibres cardiaques, examinées par dissociation, présentaient une

altération granulo-graisseuse.

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