‹ Contribution À L'Étude De La Lithiasé PulmonaireChapitre 13 sur 22 · SOMME ET · texte numérisé non relu

SOMME ET

Leur forme est le plus souvent régulière, anfractueuse; on dirait un fragment d’une calcification désagrégée, brisée; c'est du moins ce que nous avons constaté le plus souvent, sur les 20 concrétions, que nous ont fournis nos quatre malades. Le gros bloc calcifié, expulsé par la malade de M. Morandi, paraissait formé d’une agglomération de concrétions: il semble confirmer cette hypothèse.

Ailleurs, le calcul est sphérique, légèrement mûriforme rappelant la forme d’un tubercule pétrifié. Pour Poulalion, cette forme serait en faveur d’une formation intrabronchique ou intra-cavitaire. Il semble, au contraire, qu'il s’agit, dans ce cas particulier d’une alvéolite tuberculeuses calcifée; les examens histologiques rapportées par

M. Chevillot (voir observation) tendraient à le prouver.

Enfin, certains calculs présentent une forme ramiée, ils sont couverts d’aspérités rappelant plus ou moins l’aspect des divisions bronchiques: par analogie avec les

calculs coraliformes du rein, on a pensé qu'ils ont pris

naissance dans les bronches ou dans les cavernes du poumon.

Quant à leur consistance : les uns très durs entièrement pénétrés par les sels de chaux sont ‘de couleur grisâtre, ardoisée: les autres beaucoup plus nombreux, de couleur blanc jaunâtre présentent une consistance très variable suivant leur degré de pétrification. Le plus souvent la répartition des sels de chaux est assez homogène; c’est du moins ce que nous avons constaté sur nos calculs; quelquefois il existe une carapace calcaire entourant une partte centrale liquide ou caséeuse (Poulalion) et parfois

PR TRS

même dans des observations rarissimes un corps étranger tel que : noyau de cerise (Eggerdes, Maslieurat, Laguemard, Masen), grain de maïs (Cruveilhier). L'étude chimique de ces concrétions donne des résultats assez dissemblables; nous ne pouvons mieux faire que de donner les analyses faites par les différents auteurs.

Che- | Ando- | L'Hé- | Ball et |Cade et villot | uart | ritier | Vée |Guérin

Phosphate de chaux . . . ..

74,27 716,32 | 44,9 | 72,78 38,85 Carbonate de chaux. . . . . 23,44 | 32,4 | 5,86 Carbonate de magnésie. . . 11,5

Phosphate de magnésie, . . 0,94 | 20 Phosphate de soude. . . .. 0,57 Matières organiques. . . : .| 21,43 | 0,24 17,01 | 15,38 Eau et mucus 1..." 4,3 411,2 | 2,84 | 21,16 Sie mer ee à Lalanne 4,01 Himorures eee cn traces Cholestérmes.....71e traces |traces AGide urique :".". .—. . - O Âcide oxalique. . . . . . . . O0

Dans ce tableau, nous constatons que ces concrétions sont formées, en grande partie, de phosphate et de carbonate de chaux: toutefois dans les résultats de MM. Cade et Guérin, le phosphate de magnésie remplace le carbonate de chaux. La quantité de matières organiques et d’eau varie dans de grandes proportions, elle est vraisemblablement en rapport avec le degré de pétrification.

Fraenkel a trouvé dans l’expectoration d’un malade un

calcul composé uniquement de carbonate de chaux.

2e DO

a * Enfin Bernheim a signalé chez certains goutteux, l’expulsion de calculs formé d’acide urique.

L'examen bactériologique de ces productions est le plus souvent négatif. La présence des bacilles de Koch est rare même dans les concrétions provenant de malades reconnus tuberculeux. Chez nos 4 malades, l’examen bactériologique et l’inoculation au cobaye ont toujours été négatifs, sauf pourtant dans un cas (obs. Il) mais ce résultat nous semble peu probant, l’expectoration étant fortement bacilifère (+ 100 B. K. par champ). Aussi ne faut-il pas se baser sur l’absence de bacilles pour éliminer leur origine tuberculeuse. Par contre leur présence a une grosse valeur et a permis à M. Chevillot de modifier son premier diagnostic, l’expectoration de son malade ne contenant pas de bacille de Koch.

À l'examen histologique on trouve : des débris de tissu pulmonaire, du pus, des pigments, des sels de chaux: en général, rien de bien caractéristique. Dans un cas de M. Chevillot, le calcul avait une cavité centrale encere tapissée d’épithélium alvéolaire, autour duquel se seraient déposés les sels de chaux: il s'agit donc d’une alvéolite tuberculeuse pétrifiée, ce qui correspond bien à la lésion classique.

D'après M. Helbig, ces concrétions calcaires sont susceptibles de s’ossifier. Cet auteur, procédant à l’examen histologique d’un caleul expectoré par une de ses malades, aurait constaté au milieu du champ microscopique du tissu osseux avec des canalicules qui à la périphérie s’effacaient et disparaissaient dans la formation calcaire.

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