À. — HISTORIQUE DE LA QUESTION
1° DUPARQUE (Rev. de Méd., 1842) incrimine la stase
LG; RS
salivaire dans le canal de WHARTON, due à la longueur et aux sinuosités du canal.
Cette façon de voir n’explique nullement la pathogénie des calculs salivaires, mais simplement la fréquence des calculs du canal de WHARTON parmi les lithiases salivaires.
2° DE CrosMapEUC, perfectionnant cette théorie, fait entrer en jeu :
a) Un. obstacle mécanique ou inflammatoire à l'écoulement de la salive;
b) Une modification de la composition de cette dernière ;
3° LANcELoT (th. 1861) accuse la teneur plus grande de la salive sous-maxillaire en sels minéraux, en mucine et en ptyaline. (Facteur prédisposant sans plus.)
MoRrEaAU croit que les sels de la salive sont précipités sous certaines influences par diminution de la quantité d’eau (solvant) ou l’augmentation des sels miné- raux dissous. La précipitation du CO° Ca pourrait se faire par diminution de l’acide carbonique, d’origine indéterminée;
4° Egalement, en se basant sur les expériences de KüLNE, il pense que les lésions de la corde du tympan ou du grand sympathique peuvent détruire cet équilibre chimique;
9° ROBIN émet les arguments suivants :
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Certains principes organiques maintiendraient dissous d’autres principes minéraux normalement insolubles. Les principes organiques venant à manquer, la précipitation de ces sels s’effectuerait et le calcul serait constitué. *
De plus, pour lui, précipiteront dans une salive alcaline les sels solubles en milieu acide et dans une salive acide ceux solubles ea milieu alcalin;
6° WRIGHT a attribué l’origine de la lithiase à des tumeurs comprimant le cänal excréteur. Cette opinion est manifestement erronée puisque, au niveau de la glande sous-maxillaire où les tumeurs sont rares, les calculs du canal de WHARTON sont relativement fréquents tandis que l'inverse est vrai pour la parotide et le canal de Stenon.
7° Les anciens auteurs (HIPPOCRATE) et certains auteurs du xiX° siècle mettent la lithiase salivaire au nombre des manifestations de la « diathèse » soit arthritique, soit goutteuse (CHEVALLEREAU, GONAS, SCHMIDT ).
KLECZKOWSKI a éié jusqu'à incriminer le palu-
disme.
B. — Comme on le voit, les théories précédentes sont loin de satisfaire l'esprit.
Celles qui suivent sont plus sérieuses :
1° Le rôle des corps étrangers est parfois indénia-
ble. C’est ainsi que l’on a trouvé nombre de calculs centrés sur un fragment de poil de brosse à dents,
d’arête de poisson, un éclat de bois.
MagoccHi1 a trouvé des grains jaunes d’actinomycose; GOMDROF, des amas de cellules épithéliales
mortes;
2° Pour Ch. RICHE, il faut surtout incriminer les parcelles de tartre dentaire qui s’insinuent dans le ca-
nal de WHARTON;
3° Ce fut GALIPPE qui pensa le premier à l’origine » e L . \ L [2 - L3 iniectieuse de la lithiase salivaire. Ses travaux, commencés en 1884, durèrent jusqu'en 1890.
&« Les microorganismes du tartre salivaire ne sont pas accidentellement englobés dans le dépôt qui le
constitue. Ils sont les agents de sa formation. »
Appliquant ces idées au mode de formation des calculs salivaires, il en est arrivé à conclure qu'ils avaient la même origine microbienne et que les corps étrangers (le plus souvent parcelles de tarire), trouvés au centre de certains calculs, agissent comme parasitifères et non comme corps inertes.
De nombreux auieurs s’attachèrent à démontrer l’origine, le rôle prépondérant des microbes dans la
production des ealculs.
« Il est permis d'admettre que les microorganismes
PPDA
trouvant, dans les variations pathologiques de l’organisme des substances de culture propre à leur développement, peuvent exercer dans ces liquides des actions chimiques électives, provoquer des dédoubliements où la précipitation de substances maintenues solubles à l’état normal. »
Pour bien élucider cette question, GALIPPE, après cette communication, entreprit de longues recherches et réussit à produire des calculs dans la salive abandonnée à elle-même pendant quatre ans et demi;
4° Théories plus modernes.
— ÂActinomycose.
Le pH. — On a remarqué en étudiant le px sali-
vaire que la salive était légèrement acide normalement. pH — 6,8 à 7.
Mais il y a alcalose dans les cas de gingivo-stomatites, dans les gingivites tartriques et dans la lithiase salivaire. Cependant qu'elle est acide en cas de suppuration. (Travaux de Thérèse OPPENOT, thèse de Paris, 1929.)
Dans un article de la Revue de Siomatologie de 1929, MM. CousrainG, DECHAUME et DuBa font les remarques suivantes :
& Dans la première observation (publiée par les auteurs), nous étions en présence d’une jeune fille de
16 ans prébacillaire.
« Le calcul salivaire pesait 008 et se trouvait coniposé de phosphates, 0,05, et de carbonates, 0 gr. 03.
& Il était donc logique de penser que la déperdition de phosphates, si commune chez les prébacillaires, pouvait nous expliquer la formation du calcul.
« C’est pourquoi nous avons demandé à M" OPpe- NOT de rechercher le pn salivaire. Il est de 7,14, c’està-dire alcalin, puisque normalement le pH salivaire — 6,8 à 6,9. Nous avons également demandé une analyse d'urine, pour rechercher la phosphaturie.
« Il y a au contraire hypophosphaturie.
« Chez notre deuxième malade, les résultats ont
« Calcul de 0 gr. 79 renfermant :
« Phosphates : 0 gr. 18;
&« Carbowates : O gr. 40;
« pH salivaire — 7,10;
« Hypophosphaturie légère.
« Nous n’avons pu faire les mêmes examens chez le troisième.
« Ainsi, dans les deux cas, pH salivaire nettement alcalin, ce qui plaide en faveur de la nécessité pour réaliser des calculs d’un milieu précipitable, comme dit le professeur LOEPER.
« Ces recherches ont plus qu'un intérêt scienti-
fique. Elles justifient le traitement général que conseille M. le professeur LOEPER. »