‹ Contribution à l'Étude de la Lithiase Sous-MaxillaireChapitre 21 sur 44 · NA EE · texte numérisé non relu

NA EE

Instrumentation

1° Un jeu de sondes métalliques, souples, facilement modelables et à extrémité boutonnée. Les sondes pour exploration des voies lacrymales conviennent parfaitement pour cathétériser le canal; |

2° Les ainwlles à injection. Ces aiguilles devront être boutonnées ou en tout cas avoir l'extrémité mousse, de facon à ne pas perforer les parois du canal. Le

D' BARGE s’est servi, pour ses injections, ‘d’aiguilles

‘courtes et d’assez gros calibre, dont le modèle peut P

être donné par les aiguilles ordinaires à prise de sang, l'extrémité acérée ayant été rodée sur une meule. Ces aiguilles ont conné satisfaction en raison surtout de leur calibre qui permet un écoulement facile du li-

piodol toujours un peu visqueux et « dur à pousser »;

3° une seringue ordinaire de 5 cm° à embout central ou embout excentré;

4° une ou deux pinces intestinales de TERRIER ou, à défaut, une ou deux pinces de KOCHER;

5° une ampoule 5 em° de lipiodol. Nous n’avons pas eu l’occasion d’utilicer la combinaison iodée à 20 ou 40 %, connue sous le nom de néoiodipine. Nous dirons plus tard les avantages du lipiodol.

Technique

1° Mettre dans une capsule ou une casserole con-

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tenant de l’eau chaude une ampoule ou deux de lipiodol de façon à le fluidifier;

2° Les manœuvres qui vont suivre seront prati- | quées sur le malade de préférence allongé sur la table de radiographie; |

3° Badigeonner le plancher de la bouche et la caroncule du malade à l’aide d’une solution anesthé- |

sique. Le temps n’est pas indispensable et les malades

supportent assez bien les manœuvres qui vont suivre.

La pénétration dans la -caroncule et le canal de

WHARTON est désagréable sans qu’on puisse dire

qu'elle soit douloureuse. Douloureuse sera, par contre, à É la distension de la glande sous l’effet de l’injection | opaque et contre cette douleur l’anesthésie du plancher de la bouche ne denne rien. On pourra donc

s’abstenir de toute 2nesthésie;

4° Cathétérisme de la ezroncule et dilatation pro- 52 gressive de cet orifice et du canal jusqu’à ce qu’on introduise la plus grosce sonde. À ce moment-là laisser L15s Ja sonde en place, mettre un bouchon de liège ou un

tampon épais entre les arcades dentaires et laisser reposer le malade un instant, la dilatation du canal est importante, elle se fera pendant ce temps-là;

5° Préparer pendant ie repos du patient la serineue, mettre l’aiguille boutonnée ou mousse en place, remplir la seringue, s’assurer que le lipiodol n’est pas

trop chaud, qu’il s’écoule bien par l’aiguille sous la

désagréables pour le patient.

pression du piston; mettre à proximité de la main une petite pince de TERRIER;

6° Présenter à la czroncule l’aiguille, la sonde étant encore en place. Puis enlever la sonde et faire en

sorte d'introduire l'aiguille au moment où sort l’ex-

trémité de la sonde. Ce geste est important si on le

réussit, on évitera une série de tâtonnements toujours

Introduire l'aiguille autant qu’on le pourra, ne pas dépasser cependant } em.-l em. 5;

7° Pousser doucement linjection et suivre sur la graduation de la seringue la quantité de lipiodol in, jectée. En général... vers 2 cm”, ie malade commence à sentir une gêne et une impression de tension sousmaxillaire, poussez jusqu'à 2 em° 5, à 3 em’, et arrétez-vous. L’injection est suffisante, l’imprégnation canaliculaire et glandulaire sera bonne;

8° Saisir alors une pince de TERRIER, l'ouvrir et se tenir prêt à pincer la caroncule; retirer lentement la seringue et son aiguille et, au moment où l'aiguille quitte la caroncule, la pincer. Le malade ferme alors la bouche tenant la pince serrée entre ses dents. La sensation de tension éprouvée au moment de l’injection persiste, mais devient tolérable;

9° Radiographies : film intrabuceal et maxillaire défilé; De |

10° Enlever la pinee de TERRIER, le lipiodol s’écoule

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librement et la gêne sous-maxillaire diminue. Un massage léger de la glande, quelques compresses humides chaudes feront disparaître rapidement la tension.

Certains auteurs, FEUZ en particulier, préfèrent au lipiodel la néoiodopine, parce que solution plus fluide, aqueuse presque, se laissant injecter plus facilement, et par suite ne nécessitant pas des aiguilles d’un assez fort calibre. De plus, la néoiodopine imprégnerait mieux le tissu glandulaire et donnerait par suite de meilleures images. |

À condition de faire tiédir le lipiodol, ce produit sera d’une injection facile et donnera de bonnes images. Nous nous sommes toujours servi de cette solution parce que nous avons trouvé en elle non seulement un moyen d’opacifier d’une façon suffisante, canal, canalieules et parenchyme glandulaire, mais aussi comme nous le dirons plus loin un moyen de traiter

d’une facon heureuse la lithiase sous-maxillaire.

Ii, — RENSEIGNEMENTS FOURNIS PAR LA SIALOGRAPHIE

Glande sous-maxillaire et canal excréteur normaux.

La sialographie montrera un canal de WHARTON

uniformément imprégné, sans modifications de con-

tours et se terminant par une division nette en deux

canaux secondaires ou en ramifications multiples, don-

nant à leur tour naissañce à des canalicules plus fins, puis, si l’imprégnation est poussée, des images d’acini et une lobulation grisâtre typique de la glande.

La netteté du canal primitif de ses branches de divisions, des canalicules qui en partent, la lobulation nette et l’image grisâtre d’un organe bien isolé de tout ce qui l'entoure, traduiront l’ensemble anatomiquement normal de la glande sous-maxillaire et de son

canal excréteur.

Lithiase sous-maxillaire.

Dans les lithiases sous-maxillaires le calcul sera toujours décelable par la sialographie.

On sait qu'il existe des calculs visibles à la radiographie simple. Mais combien d’affections de la glande sous-maxillaire ou du voisinage auront été soupçonnées avant qu'une sialographie ait révélé le calcul, et

ce, par les signes suivants :

1° CALCUL DANS LE CANAL DE WHARTON. — L'irrégularité, Ja déformation plus ou moins marquée de ce canal: déformation pouvant aller depuis le ressaut, la coudure, jusqu’à la dilatation excessive remplie de substance opaque faisant suite au rétrécissement où à une zone plus claire non imprégnée.

Parfois, en effet, il y a un « manque » entre deux

opacités, et ce manque traduit la présence d’un calcul,

de plusieurs calculs s’il y a plusieurs manques (obs. IV, 3 calculs).

Parfois la déformation, la coudure du canal se complète par la présence à ce niveau d’une opacité régulière de contour, arrondie ou ovalaire traduisant le calcul niché dans un repli du canal, tandis que plus loin le canal se poursuit en contours réguliers (obs. V, fig. 3).

Parfois, on voit le canal excréteur régulier jusqu’à un point où se produit une brusque distension, la substance opaque se sépare, enserre une masse ovalaire grisâtre d'opacité irrégulière, puis se rejoint un peu plus loin, cet obstacle divisant le courant principal en deux courants secondaires; c’est un calcul.

Dans certaines conditions, le trajet extraglandulaire du canal de WHARTON est de contours normaux. Mais, dans ea traversée glandulaire, il est irrégulier, aplati ou bosselé; pas de dilatation, pas de manque, mais il semble qu'une des parois est refoulée. Dans le voisinage de cette déformation, on aperçoit une tache plus ou moins nette traduisant la présence de ce calcul « extre-canaliculaire » mais « intraglandulaire et juxtacanaliculaire » qui déforme le conduit ‘excréteur.

Il déterminera du reste les mêmes déformations au niveau des canaux de second ordre s’il est plus profondément situé dans le parenchyme.

Ainsi se traduit la lithiase sous-maxillaire canalicu-

laire ou glandulaire à la faveur de la sialographie. Et

nous ajouterons que cetie épreuve est indispensable, même en cas de radiographie simple, révélatrice de la sialolithiase, car, s’il y a des calculs visibles, il peut y

en avoir d’autres plus profonds, glandulaires moins

visibles à la radiographie et qui seront révélés par la

déformation soit des canaux secondaires, soit des ca-

nalicules.

La sialographie donnera donc ces renseignements

indispensables pour le diagnostic, elle renseignera de plus, comme nous le verrons plus loin, sur l’état de la

glande et sera un précieux adjuvant thérapeutique.

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