HISTORIQUE
C’est une connaissance très ancienne que celle de la lithiase salivaire. AIS
HipPpocRATE (Epidémie 2) écrit en effet : « On observe chez les goutteux des tumeurs sous la langue, serrées, fermes et peu grosses. Ils ont les articulations faibles. Leurs os deviennent naturellement âpres. C’est la cause des tensions qui se font sentir à leurs articulations. »
Un médecin arabe, AVENZOAR, dans le Théisir (t. 2,
tract 2, C 2), signale lui aussi que « des pierres s’en-
gendrent dans les reins de même que dans les autres
organes, et j'ai vu moi-même une pierre qui s'était for-
mée sous la langue et gênait la parole : cette pierre
ayant été enlevée, l’homme qui s’en plaignait récupéra la facilité de parole ».
Jusque-là ce ne sont que de simples constatations, et il faut arriver à Armbeoice PARÉ, c’est-à-dire au xvi° siècle, pour que la lithiase salivaire entre dans
la nomenclature médicale,
De
A. PARÉ, dans le chapitre XVI de son livre Mons-
tres et Prodiges, et qui traite « Des pierres qui s’en-
gendrent au corps humain », rapporte deux observa-
tions. Soignant un Espagnol pour «une apostême
grande et énorme de la gorge », A. PARÉ constate chez
son malade que :. « Davantage avoit sous la langue
une aposième nommée <« ranula » qui l’empeschoit à proférer sa parole et à mascher ses viandes. Il me
pria à jointes mains la lui ouvrir s’il se pouvoit faire
sans péril de sa personne. Ce que je fis promptement
! AN . . et trouvay sous ma lancette un corps solide, qui es-
taient cinq pierres semblables à celles qu'on tire de la
vessie.
« La plus grosse pouvoit estre d’une petite amande, |
et les autres comme petites fèves longuettes. Sur cette
apostème étoit contenu un humeur glaireux, de cou- ‘ leur jaunastre en quantité plus qu'il ne pourroit en-
trer en quatre cuillères d'argent. Je le laissés entre les
mains d’un chirurgien pour parachever d’estre guéri. »
Auprès d’un ingénieur du Roy, À. PARÉ est appelé en compagnie d’un docteur régimentaire à la Faculté de Médecine et de C. Var», chirurgien juré à Paris, pour «lui extraire une pierre qu’il avoit sous la langue, de longueur de demy doigt et grosse d’un tuyau
de plume, Il a encore une qu’on ne peut bien encore
détascher ».
Mais si À. PaRÉ a eu le mérite de mettre en évi-
dence la lithiase salivaire et de la classer en tant que maladie, il ne donne aucune précision sur le siège des calculs. Il les situe, comme AVENZOAR, HiPPOCRATE, sous la langue; plus tard, d’autres auteurs, comme LAURENT, JouBErT, les placeront dans les veines ra- ‘nines, Meisomius et Marc-Aurèle SÉVERIN dans les ligaments de la langue. C’est que les connaissances anatomiques à cette époque étaient assez rudimentaires, et ce n'est qu'en 1670 que DRELINCOURT, observant un e€as de lithiase salivaire,. et pressant le canal de WHARTON, en fit sortir du pus par l’orifice béant et indiqua le premier le véritable siège des calculs sousmaxillaires.
Plus tard, en 1737, Christian SCHERER, grâce à une connaissance anatomique complète des glandes salivaires, place définitivement ces calculs dans les canaux salivaires. Dans une observation de lithiase salivaire, SCHERER écrira en effet : « Les douleurs allèrent en augmentant jusqu'à ce qu'au bout de quelques jours
un calcul de la grosseur d’un haricot fut sorti, lequel apparaissait avant à l'orifice dilaté du canal de Wuar- TON. »
SABATIER, au moyen d’une incision, donne issue à un corps pierreux de la grosseur « d’un grain d’orge » situé à l'extrémité du canal de WHARTON. De même LecuicNoz, Boyer procèdent aux mêmes extractions.
La localisation des calculs salivaires est donc bien
sn LE EN dat