II. - Luxation latérale
Le mécanisme est difficile à préciser attendu que nous n’en possédons qu’un cas, dans lequel les circonstances pathogéniques sont assez vagues. Il semble néanmoins ressortir de l’interrogatoire de la malade que la main a été écrasée par la roue de l'auto qui l’a renversée. Cette étiologie permet une hypothèse qu’il serait intéressant de vérifier sur le cadavre, en raison des déductions thérapeutiques qui pourraient en découler.
Cette hypothèse nous x été suggérée par le Docteur Gallois, chef des travaux anatomiques à la Faculté. Il suppose que la roue du véhicule a en quelque sorte affaissé le cintre formé par l’ensemble des extrémités métacarpiennes, moins résistant que le cintre carpien. Ces extrémités se sont alors juxtaposées sur un plan transversal : la voûte s’est déroulée. Ses deux piliers, c’est-à-dire le premier et le cinquième métacarpiens, reposant sur le sol, ne se sont pas déplacés; le second a été énucléé dans le sens antéro-postérieur par la pression latérale des autres, afin que ceux-ci puissent s’étaler.
Ce mécanisme paraît d’autant plus vraisemblable que dans l’observation de M. Ph. Rochet, où on constate un déplacement latéral des trois métacarpiens moyens, le traumatisme a été analogue à celui de l'observation de MM. Tixier et Pollosson. La main du
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malade de M. Ph. Rochet a passé sous un tonneau qui roulait. Dans les deux cas il s’agit d’un objet cylindrique et pesant roulant sur la main.
D’autre part, le malade de M. Rochet affirme que le tonneau a pris la main au niveau du bord cubital pour se diriger vers le bord radial. On peut supposer aussi que chez la malade de M. le Professeur Tixier la roue a abordé la main sur le bord cubital pour gagner le bord radial. En même temps qu’elle projetait sur un plan horizontal les bases des métacarpiens, elle les chassait devant elle en les faisant glisser vers le bord radial. Les extrémités distales, par une sorte de mouvement de bascule, se portaient au contraire du côté opposé, c’est-à-dire vers le bord . cubital. Ainsi on a eu le déjètement cubital des doigts et l’aspect de la main en coup de vent, que l’on retrouve dans l’observation de M. Rochet, où le mécanime est analogue.