I. - Luxation antéro-postérieure
La luxation antéro-postérieure résulte d’un trau-
matisme violent, direct en général et appliqué sur la paume ou sur le dos de la main : explosion d’un fusil, chute d’un lieu élevé, compression de la main dans une presse typographique. L’explosion d’un fusil donne à la vérité surtout des luxations ouvertes.
Ce n’est pas celles que nous avons en vue, car elles sont spéciales par leur allure clinique, comme par le traitement qu’elles peuvent comporter. Et nous n’ayons en vue que l’étude des luxations fermées.
Les luxations isolées d’un seul métacarpien sont moins fréquentes que les luxations simultanées de deux ou de plusieurs.
Rarement la violence est indirecte, c’est-à-dire agit à distance de l'articulation carpo-métacarpienne. L'observation d’'Humbert est un cas où la cause a été nettement indirecte. Le blessé avait recu un coup de pied de cheval qui portait sur l’extrémité inférieure du deuxième métacarpien, à la face dorsale, ainsi qu’en faisait foi la plaie contuse que l’on retrouvait à ce niveau. Il se produisit une luxation en arrière de l’extrémité supérieure de ce métacarpien. Le choc avait repoussé en avant l’extrémité inférieure de cet os, dont l’extrémité supérieure se portait au contraire en arrière par un mouvement de bascule, rompant ainsi les ligaments. Puis, comme la force avait continué d’agir, l’extrémité supérieure avait fini par perdre ses rapports normaux avec le trapézoïde.
C’est aussi à ce mécanisme qu’il faut probablement rapporter la production de la luxation incomplète en avant, dans le cas de Tillaux (Obs. X)., où la lésion était le résultat d’une chute sur le dos, la main gauche prise sous le corps et portant sur le sol par la face dorsale.
Le même mécanisme peut être invoqué dans le cas de Blandin (Obs. ID) et de Poulet.
Un certain nombre d'expériences cadavériques ont été faites par Roux; il fixait l’avant-bras ou le poignet contre le bord d’une table à l’aide d’un étau solide et il agissait alors sur les métacarpiens dans le sens de la flexion ou de l'extension, et cela en employant une violence directe ou indirecte,
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Dans la première série d’expériences, la violence était directe. Roux obtint presque toujours des fractures soit du métacarpe, soit des os de l’avant-bras et plusieurs fois une luxation d’un ou de plusieurs métacarpiens.
Dans la deuxième série d’expériences, la violence indirecte était opérée par l'intermédiaire d’un fort lien terminée par deux anses, dont l’une embrassait un ou plusieurs métacarpiens, tandis que dans l’autre était engagée un levier puissant. En se servant de ce levier comme d’un levier du troisième genre, Roux produisit souvent des fractures du métacarpe ou de lavant-bras et rarement la luxation des métacarpiens, soit en avant, soit en arrière.
Ces résultats prouvent bien que la résistance des articulations du carpe avec le métacarpe l’emporte sur celle des os de l’avant-bras et du carpe.
Voici donc comment on peut expliquer les luxations du métacarpe. Nous avons vu que presque toujours cette luxation a pour cause un traumatisme violent appliqué sur la paume de la main. Si les ligaments carpo-métacarpiens résistent, — c’est le cas le plus fréquent, — on a, soit une fracture des métacarpiens, éventualité rare, soit plus souvent une fracture des os de lavant-bras.
Si les ligaments cèdent, deux éventualités peuvent se produire : ou bien la force est appliquée sur l’extrémité inférieure du métacarpe, et il se produit alors un mouvement de bascule qui porte son extrémité supérieure en avant, d’où subluxation palmaire; ou bien la force agit sur tout le métacarpe qu’elle
refoule en arrière et produit alors la luxation dorsale qui, elle, est le plus souvent complète.