I. - Luxation dorsale
L’extrémité supérieure d’un ou plusieurs métacarpiens est projetée en arrière et en haut et repose sur la face dorsale de la deuxième rangée du carpe. Lorsqu’il y a luxation dorsale, il y a en effet, en général, luxation complète. Aucun organe ne s’oppose sur la
face dorsale à cette luxation. On avait cité autrefois des cas de dissection où les extrémités métacarpiennes avaient été trouvées reposant sur les os du carpe (Obs. de Vigouroux, J. Roux). De nos jours, la radiographie a montré plusieurs exemples de ce fait.
Mais on peut observer aussi une simple subluxation. Pour Poulain, cette différence de degré aurait une grosse importance : quand il y a luxation complète, et que la base des métacarpiens repose sur la face dorsale du carpe, il se produit un mouvement de bascule qui porte en avant l’extrémité inférieure des métacarpiens. Les tendons fléchisseurs détendus s’atrophient à la longue; les extenseurs alors, dont laction n’est plus contre-balancée par leurs antagonistes, se contracturent et finissent par déterminer une véritable subluxation en arrière des phalanges des doigts (Obs. de Vigouroux). Ces troubles trophiques du côté des tendons ne s’observent évidemment que dans les luxations anciennes non réduites.
Au contraire, si la luxation est incomplète, le mouvement de bascule des extrémités métacarpiennes ne se produit pas, les extenseurs sont détendus et ce sont les fléchisseurs qui se contracturent et mettent la maïn en griffe (Obs. de Schütz, de Poulain).