II. - Luxations palmaires
Dans.ce cas, il s’agit au contraire d’une luxation incomplète le plus souvent. En effet, d’après l’anatomie, il semble que la luxation en avant soit plus difficile que la luxation en arrière. Nous avons vu que
NO
les nombreux organes musculaires et tendineux, qui matelassaient les articulations carpo-métacarpiennes en avant, leur constituaient des moyens de contention et s’opposaient au déplacement des métacarpiens. D’autre part, l’ensemble des extrémités métacarpiennes supérieures forment une sorte de voûte à concavité palmaire, et chacune d’elles a la forme d’un coin. Alors qu’elles n’ont qu’un bord palmaire, elles ont une face dorsale. Il sera par conséquent plus difficile d’effondrer cette voûte en poussant les parties qui la constituent en avant, vers la face palmaire, qu’en les chassant en arrière.
Pour Orillard, il n’existerait pas d’observation nette de luxation complète en avant. Dans son article paru en 1893 il discute longuement l’observation de Bourguet, où celui-ci rapporte un cas de luxation du deuxième métacarpien en avant, avec raccourcisse- ment du doigt de 5 à 6 mm. D’après Orillard, ce raccourcissement est expliqué suffisamment par une subluxation; il aurait été plus considérable s’il y avait eu luxation complète, ainsi que le montraient des mensurations qu’il fit sur le cadavre.
En réalité, la radiographie a montré de nos jours la possibilité d’une luxation palmaire complète au moins pour un seul métacarpien. Le cinquième, dans l'observation de M. Ph. Rochet, était complètement luxé en avant.