‹ Contribution à l'Étude de la Luxation Carpo-MétacarpienneChapitre 16 sur 43 · III. - Luxations latérales · texte numérisé non relu

III. - Luxations latérales

Dans le cas de MM. Tixier et Pollosson, on peut

décrire les lésions sous le nom de luxation latérale carpo-métacarpienne. Les métacarpiens se sont décalés en dehors vers le bord radial, chaque métacarpien prenant la place de son voisin et énucléant le deuxième métacarpien qui est chassé dans le premier espace interosseux et qui, à ce niveau, flotte par sa base librement. Il est bien entendu que ces lésions n’intéressent que les quatre derniers métacarpiens. L’articulation métacarpienne du pouce garde son indépendance anatomique et physiologique et reste en dehors du cadre des lésions que nous envisageons.

En somme, mis à part le deuxième métacarpien, qui devient en quelque sorte ballant, on constate sur le cliché radiographique — et c’est évidemment la seule constatation d'anatomie pathologique que nous possédions — que la base du troisième métacarpien vient s’articuler avec le trapézoïde. Le quatrième vient faire face à la surface articulaire du grand os. Le cinquième conserve ses rapports avec l’os crochu. Son déplacement est peu marqué et moindre que pour les métacarpiens voisins. On arrive donc à avoir une nouvelle articulation décalée d’un métacarpien sur le bord radial avec énucléation du deuxième.

Au point de vue anatomo-pathologique, il semblé donc assez rationnel de considérer que les nouvelles articulations des trois derniers métacarpiens, quoique déplacées, arrivent à s’immobiliser à nouveau sur leurs nouvelles surfaces articulaires. Du fait de cette nouvelle immobilisation, l’état anatomique provoqué par la lésion est bien près des dispositions réalisées dans l’articulation normale. Du côté de ces trois der-

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niers métacarpiens, les perturbations anatomiques sont relativement peu considérables; il doit en résulter des troubles physiologiques minimes. C’est bien ce qui est observé en fait.

Au contraire, pour le deuxième métacarpien, qui lui ne trouve pas de nouveaux points d'appui pour s’immobiliser à nouveau, il n’en est pas de même. Il va en quelque sorte ballotter dans le premier espace, caché sous les muscles thénariens, et chercher à se constituer à ce niveau une articulation nouvelle. Il est, pour ce faire, dans de mauvaises conditions, étant donné qu’il est perdu dans les parties molles, et qu'il y jouit d’une grande mobilité, ce qui, pour un métacarpien, constitue des conditions physiologiques défavorables.

De plus, on conçoit que cette base métacarpienne comprime des vaisseaux comme la radiale qui passe à ce niveau, mais il ne semble pas qu’il y ait possibilité de troubles nerveux, puisqu’aucun nerf important n’entre en rapport avec l'os.

D’autre part, la radiographie montre quelques lésions accessoires d'importance bien moindre : léger écartement entre les os du carpe et petits arrachements osseux et périostés qui se traduisent sur un cliché fait plusieurs mois après l’accident par des ostéophytes unissant les têtes métacarpiennes.

La luxation latérale, chez le malade de M. Rochet, n’est pas pure; il s’y ajoute des lésions associées, telles que la luxation antérieure du cinquième, qui sont

au premier plan.

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