CHAPITRE VII
Traitement
L'évolution montre la nécessité d’un traitement précoce. Nous l’envisagerons dans les luxations antéro-postérieures et dans les formes latérales.
a) Dans les formes habituelles, c’est-à-dire dans les luxations antéro-postérieures, la réduction est facile lorsque la lésion est récente. Autrement des brides fibreuses arrivent à fixer les extrémités osseuses dans leur position pathologique. Au début, en effet, il suffit de refouler les têtes des métacarpiens avec les pouces, les autres doigts croisant le poignet. Il sera bon qu’un aide exerce une traction sur les doigts pour faciliter la réduction. L’anesthésie générale devra être employée.
Mais cette luxation se reproduit quelquefois spontanément une fois les extrémités osseuses reposées, comme dans le cas de M. Santy. Il lui a suffi alors
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de trouver une position convenable de la main pour qu’il obtienne une réduction suffisante et un résultat satisfaisant.
Après la réduction, on immobilisera dans un appareil plâtré. L’immobilisation devra être courte d’une facon habituelle, 12 à 15 jours en moyenne.
Dans les luxations anciennes non réduites précoce- * ment, la question du traitement sanglant semblerait se poser. Nous n’avons pas retrouvé d’observation où l’intervention sanglante ait été pratiquée. M. Ph. Rochet est bien intervenu dans un cas de luxation remontant à deux mois, mais c'était dans le but précis de libérer la branche profonde du cubital comprimée par la tête du cinquième métacarpien. De fait, il semble bien qu’une reposition sanglante serait difficile et n’amènerait pas de résultats justifiant cette intervention.
b) Dans le cas de luxation latérale que nous rapportons on a, sous anesthésie générale, exercé une traction sur les doigts pour tâcher de réduire leur déjètement sur le bord cubital et l’on a immobilisé dans un appareil plâtré. On pensait en effet qu’en supprimant ce déjètement latéral, les métacarpiens reprendraient leurs rapports normaux. Une radiographie sous plâtre faite les jours suivants a montré peu de modification au niveau des articulations carpométacarpiennes, le même glissement latéral persistait. D'ailleurs, à la réflexion, ce résultat n’est pas surprenant. Si on regarde les clichés on comprend
bien qu’une traction sur les doigts ne saurait réduire la luxation latérale.
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Quelle méthode de réduction non sanglante pourrait-on alors préconiser dans un cas analogue ?
Comme faisant suite à son hypothèse pathogénique, et en étant en quelque sorte la conséquence, M. Gallois propose une thérapeutique qu’il serait intéressant d'essayer dans un cas analogue.
Nous avons vu en effet, au chapitre du mécanisme, que le glissement des métacarpiens résultait d’un applatissement de la voûte métacarpienne.
La déduction logique est que pour obtenir la guérison anatomique il faut tâcher de reconstituer la voûte des métacarpiens. Il semble que pour cela il faille en quelque sorte modeler la paume de la main sur une surface convexe, une boule de billard par exemple. On pourrait ainsi modeler la concavité métacarpienne sur cette boule’et obtenir une réduction: en agissant un peu à la manière d’une repasseuse qui utilise un œuf métallique pour donner son galbe à une manche de veste.
Cette réduction aurait lieu sous anesthésie générale. Elle comporterait en même temps des pressions latérales sur le pilier de la voûte et serait suivie d’une courte immobilisation.
Quant au traitement sanglant visant la réduction de la luxation, il semble à rejeter. On ne peut espérer reposer chaque extrémité métacarpienne sans de gros dégâts. Ce serait un traitement disproportionné en raison de Padaptation fonctionnelle du troisième et quatrième doigts.
Mais quelle conduite à tenir vis-à-vis du deuxième métacarpien? Où le fixer pour lui donner un point
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d'appui et lui rendre sa solidité ? Aucune surface articulaire carpienne n’est libre pour le recevoir. On ne peut donc espérer réduire sa luxation même par une intervention sanglante. Sans doute sera-t-on amené ainsi que nous l’avons vu au chapitre du pronostic à en faire l’ablation avec son doigt.
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