‹ Contribution à l'Étude de la Luxation Carpo-MétacarpienneChapitre 35 sur 43 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

OriILLARD. — Luxation des 2° et 3° métacarpiens en avant.

Il s’agit d’un homme qui a eu la main gauche prise dans une presse. Il présentait les lésions suivantes :

Au niveau de la face dorsale de l’extrémité supérieure du 2 métacarpien, une plaie linéaire de 2 cm. environ, laissait voir à nu le tendon extenseur du deuxième doigt. Cette plaie a intéressé une des veines dorsales de la main qui saigne abondamment. Elle donne accès dans une cavité produite par le décollement de la peau et est assez étendue. D’autre part, il existe une plaie du deuxième espace inter-osseux. On est frappé, de plus, par une sorte d’encoche siégeant sur la face dorsale de la main, limitée en haut, par une ligne indiquée par Perrin en 1875 et répondant à l’interligne métacarpocarpien, c’est-à-dire une ligne transversale menée de l’articulation trapézo-métacarpienne et perpendiculaire à l’axe de la main.

Au niveau de la face palmaire, cet enfoncement répond à une saillie située au-dessous du ligament antérieur du carpe et soulevant l’extrémité supérieure de l’éminence thénar et aussi la partie externe du creux palmaire.

Vue par son profil externe, cette déformation donne l’opposé de la déformation de la fracture de l’extrémité inférieure du radius: c’est le dos de fourchette en bas.

En même temps, il existe quelques signes fonctionnels, peu de douleur spontanée ou provoquée. Le pouce, le quatrième et le cinquième doigt avaient tous leurs mouvements. Les mouvements d'extension, et surtout de flexion étaient très limités pour le deuxième et le troisième doigt. Par rapport aux doigts de la main opposée, il y avait une légère diminution de longueur des doigts.

En débridant la plaie dorsale pour la nettoyer, on eut sous les yeux le siège de la lésion.

En écartant les lèvres de la plaie, on voyait les deux inser-

tions des muscles radiaux et les tendons extenseurs. Au-dessous d’eux s’apercevaient les faces cartilagineuses articulaires du grand os du trapèze et du trapézoïde.

La face dorsale de ces os, également parfaitement visible, présentait les insertions prises à ce niveau par les ligaments qui unissent le 2° métacarpien au trapèze et au trapézoïde et le troisième au grand os et au trapézoïde.

Tous ces ligaments étaient rompus. Le ligament interosseux unissant le 2° au 3° métacarpien existait, mais on ne put se rendre compte si celui qui unit le 3° au 4° métacarpien était ou non intact.

En présence de tous ces symptômes, le diagnostic porté fut celui de subluxation des deuxième et troisième métacarpiens en avant.

Il fut procédé immédiatement à la réduction: tandis qu’un aide exerçait des tractions sur le deuxième et le troisième doigt; il fut facile, en prenant la partie malade à pleine main, de repousser d’avant en arrière les deux têtes métacarpiennes qui se remirent en place sans bruit et sans que le déplacement eut de la tendance à se reproduire.

Au bout de 15 jours, les lésions articulaires étaient guéries et le malade put commencer à faire quelques mouvements. Bientôt les plaies cutanées musculaires étaient guéries et le malade quittait l'hôpital.

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