OBSERVATION XV
POULAIN. — In Archive Générale de Chirurgie (1912).— Luxation dorsale des 2°, 3° et 4 métacarpiens avec subluxation du 5°.
B... Eloi, 71 ans. Chute, il y a 6 ans environ, sur la paume de la main du haut d’un chariot de betteraves. Le médecin qui le vit, deux jours après son accident, constata un gonflement considérable de la main et ne fit aucun diagnostic. Depuis lors, il ne fut revu par aucun médecin.
Dernièrement il entre à l’hôpital Saint-Louis, à Saint-Omer, pour une affection médicale banale.
La main droite présente une déformation tout à fait caractéristique. Vue de dos, elle présente une saillie transversale du petit doigt vers l’index. Cette saillie surmontée d’une dépression très visible siège à 2 cm. environ au-dessus de
Vinterligne articulaire des extrémités supérieures des quatre derniers métacarpiens. Ces extrémités font saillie en arrière et soulèvent la peau d’une façon progressive; le 5° paraît
encore presqu’au contact avec le carpe, mais les autres s’en éloignent de plus en plus et le second forme une éminence de plus d’un cm. sur la surface du poignet.
Du côté de la paume de la main, on sent, à 1 cm. environ au-dessous du pli inférieur de flexion du poignet, une tumeur dure produite par les os du carpe.
La main est habituellement fléchie.
Les mouvements de flexion et d’extension de la main et des doigts sont conservés, mais le malade a moins de force du côté blessé que de l’autre et il s’en est toujours ressenti depuis l’accident. Il pouvait encore se servir de ses mains pour prendre les objets légers, mais il ne se sentait pas assez fort pour soulever un fardeau ou se livrer à des travaux pénibles.
LE uépee
La radio montre nettement cette luxation dorsale. Une première. épreuve, prise la main reposant à plat, montre que les extrémités supérieures des quatre derniers métacarpiens semblent se confondre avec les os du carpe et ne sont séparés des extrémités inférieures du radius et du cubitus que par un intervalle peu considérable.
Une deuxième épreuve prise sur le profil cubital des deux mains montre manifestement la saillie palmaire produite par les os du carpe, que les métacarpiens surplombent en arrière en faisant une saillie qui soulève la peau de la main.