OBSERVATION II
(Observation prise par M. le docteur Mouchet dans le service de M. Broca,
in thèse de P. Pascal) Luxation traumatique de la tête du radius gauche en avant.
Conas André, 11 ans, à glissé en juillet 1906 de l’arrière d’une voiture de foin sur laquelle il était monté et il est tombé à terre sur le coude gauche (?)
Gonflement rapide après l’accident ; douleurs vives au niveau du coude. Un médecin applique un appareil plâtré sur le coude en flexion et le laisse un mois. Au sortir de l’appareil, le malade est massé par ses parents.
Depuis cette époque, il conserve sur la face antérieure du coude une saillie anormale, et il éprouve une certaine cêne dans les mouvements de pronation ou de supination.
Actuellement, voici ce que nous constatons : dans l’extension complète de l’avant-bras, la peau est soulevée en dessous du pli du coude un peu en dehors de la ligne médiane par une saillie arrondie comme une noisette que l’on voit rouler dans les mouvements provoqués de pronation et de supination.
Si l’on cherche sur l’avant-bras placé en flexion à angle droit l'emplacement de la tête radiale, on voit que
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celle-ci est reportée en avant et on ne trouve à sa place normale que les muscles épicondyliens qu’on peut déprimer dans la profondeur.
Les mouvements du coude sont normaux ; la flexion est cependant très légèrement limitée, la pronation et la supi: nation forcées sont un peu douloureuses.
La tête radiale déplacée en avant paraît normale comme volume, comme forme.
Diagnostic : luxation isolée de la tête du radius en avant.
OBservaTIoN III
(Observation due à M. le docteur Mouchet, assistant de chirurgie à l'hôpital des Enfants-Malades. /n Thèse de P. Pascal).
Luxalion traumatique de la Lêle du radius droit en avant,
« ne
M. le docteur Mouchet est consulté en avril 1906 pour une fillette de 11 ans qui a présenté il y a trois mois, à la suite d’une chute, une lésion traumatique du coude, successivement qualifiée par les médecins de fracture et de luxation. Un appareil plâtré fut maintenu pendant un mois autour du coude placé en flexion à angle droit. Au bout de ce temps, massage, mobilisation ; on s’aperçut qu’il persistait une saillie osseuse particulière au-dessous du pli du coude. ,
M. Mouchet constate les phénomènes suivants : légère atrophie de l’avant-bras dans sa partie supérieure, et quand le membre est en extension et en supination, saille arrondie au-dessous du pli du coude, un peu en dehors du milieu de la face antérieure de l’avant-bras.
Cette saillie roule dans les mouvements de pronation et de supination qui sont d’ailleurs limités, surtout la supination ; on sent que c’est manifestement la tête radiale
qui produit cette saillie. On met le doigt dans sa cupule : d’autre part, en déprimant les muscles sous le condyle huméral, on trouve vide la loge où est située normalement cette tête radiale. Humérus et cubitus intacts. La tête radiale ne paraît ni changée de forme, ni augmentée de volume, et la radiographie ne décèle, en dehors de son déplacement, aucune altération morphologique de nature à faire penser à une fracture ancienne du col du radius consolidée, vicieusement. Dans ce dernier cas, du reste, la saillie osseuse serait surtout externe et non antérieure.
Les troubles fonctionnels sont peu marqués ; l’extension n’est pas aussi prononcée que du côté opposé, la flexion est à peine limitée ; seule la supination est vraiment incomplète, très gênée et douloureuse.
La réduction est impossible et comme M. Mouchet sait qu'elle n’est pas davantage possible avec l’anesthésie générale, il n’y à pas recours.
D'autre part, la fillette ne se plaint guère de son coude ; elle l’utilise d’une façon suffisante, et M. Mouchet n’insiste pas exagérément pour faire accepter par la mère une intervention opératoire qu’elle redoute.
Depuis cette époque, la mère a écrit que sa fille était gênée davantage par sa luxation et M. Mouchet a proposé
de pratiquer la résection de la tête radiale irréductible.
OBservarTion IV
(Lobker. Wiener med, Presse, 1883).
Luxation isolée du radius en avant chez un enfant; impossibilité de maintenir la réduction.— Résection de Ja tête radiale, — Gnérison.
Martin S.., âgé de 5 ans, se blesse le coude au mois
d'octobre 1882; consécutivement à une chute dans la- *
quelle le bras droit vint se croiser derrière le dos, en recevant le poids du corps. Le médecin consulté placa un appareil piâtré qui resta trois semaines. Après qu’on l’eût enlevé, l'examen précis du coude désenflé permit de constater l’existence d’une proéminence saillante de la tête du radius dans le pli du coude. A la pression, la tête du radius se laissa réduire dans la direction du condylie externe, mais aussitôt que la pression eut cessé, elle vint, comme sous l’action d’un ressort, proéminer de nouveau en dedans et en avant.
Ce qu’il y avait de plus remarquable, dans ce cas, c'était l’absence de toute espèce de troubles fonctionnels ; la flexion et l’extension et même la pronation et la supination n’étaient pas sensiblement modifiées, il existait plutôt une exagération dans le mouvement d’extension et, dans ce cas, la tête du radius soulevait la peau dans le pli du coude ; cette exagération de la mobilité n’est que la luxation simultanée de la tête radiale, pouvant éveiller la crainte soit d’une inflammation déformante, soit d’une prédisposition à la juxation complète du coude.
Ces faits nous semblent motiver suffisamment notre mode de traitement pour ce. cas qui me semblait n’être alors qu’un simple dérangement.
Les nouvelles tentatives pour maintenir l’os luxé au moyen d’un appareil contentif et après une réduction soigneuse, ont échoué. C’est pour cela que le 3 janvier, une résection de la tête du radius a dû être faite. Après avoir changé une seule fois le pansement, la plaie de la résection fut guérie. Après quatre semaines, les mouvements ont recommencé et, dans la cinquième semaine, la mobilité normale complète, aussi bien active que passive, était revenue.
Le 2 juin, quand je vois le malade, je ne constatai
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qu’une petite cicatrice, mais aucun trouble de la cireula-
tion, ni dans sa forme, ni dans ses fonctions. Le bras
était parfaitement capable de faire tous les mouvements actifs et passifs de la plus grande étendue.