‹ Contribution à l'étude de la luxation isolée de la tête du radius en avantChapitre 9 sur 15 · LOG · texte numérisé non relu

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sion avec le pouce, au point correspondant au siège de ja tête radiale. »

La luxation est-elle ancienne ? Il est presque inutile de tenter la réduction, car elle est sûrement impossible. Quelles sont donc les causes de cette irréductibilité ? Dans la luxation isolée de la tête radiale, nous n’avons pas à nous occuper des interpositions osseuses. Seuls, les ligaments sont en cause. Cest, en effet, presque toujours la capsule articulaire ou le ligament annulaire qui viennent se loger entre les surfaces articulaires. C’est ce qui explique le phénomène de la « touche de piano » : lorsqu’on refoule la partie supérieure du radius vers sa place normale, les fibres ligamentaires, déchirées et flottantes entre les surfaces articulaires, forment ressort et repoussent la tête radiale vers le doigt qui la maintient. | Voici ce que dit M. Broca à ce sujet: « Pour les luxations du radius, le ligament annulaire, avec les parties attenantes des ligaments antérieur et externe, est le pivot de la question. La plupart du temps, dans ces luxations, le ligament annulaire se rompt. Maïs cela n’est pas obligatoire, Fixé en haut par l’insertion du ligament antérieur ou externe, libre en bas de toute attache osseuse, il peut fort bien, si les ligaments ne sont pas déchirés, être attiré par eux jusqu’à décalotter la tête radiale. Dans ce dernier cas, relativement rare, il se trouve tout entier au-dessus de la cupule, et tout de suite plissé, ne peut absolument pas être de nouveau enfilé par l’extrémité du radius : et celle-ci, quand on appuiera sur elle, pourra facilement le refouler un instant, mais pour être chassée par lui de nouveau. Il est inutile pour cela que l’anneau fibreux soit resté intact : après rupture, les deux languettes encore fixées au cubitus, et maintenues par les restes des ligaments antérieur et latéral, ont tendance à se rabattre sous le

condyle, entre lui et la tête, qui, dès lors, ne peut réintégrer son domicile habituel. » (Broca, Leçons cliniques, 1 série, 1902.)

Peut-on essayer, par une opération, de remettre les choses en place ; en d’autres termes, faut-il opérer une luxation irréducetible ?

Il y a sur ce point à examiner plusieurs considérations d’ordre fonctionnel. |

TL. La luxation est douloureuse ou ne l’est pas.

IT. La luxation empêche tout mouvement ou, au eontraire, permet un usage relatif du membre atteint.

1. Il est évident qu’une articulation très douloureuse au moindre mouvement, où le temps surtout n’apporte aucune amélioration, aura avantage à être traitée chirurgicalement. Mais le cas semble être assez rare.

II. La gêne dans les mouvements de l’articulation a évidemment des degrés : ‘elle peut être très légère, s’améliorer avec le temps, et le bras peut en somme récupérer une liberté de mouvements assez satisfaisante. Il y aura avantage dans ce cas à ne pas opérer. Chez les jeunes sujets surtout, il faut toujours espérer qu’une néarthrose se formera et que l’amplitude des mouvements ne fera que croître sous l'influence d’un traitement approprié (massage et mobilisation méthodique).

D'ailleurs, l'intervention sanglante est toujours délicate. D'abord, parce que l’on opère dans une articulation et qu’il faut, par conséquent, agir sous le couvert de l’asepsie la plus rigoureuse ; ensuite, parce que la tête radiale a des rapports intimes avec le nerf du même nom, qu'il est difficile de le respecter intégralement, et que l’on n’est jamais assuré de ne pas avoir plus tard des troubles trophiques on des atrophies musculaires de l’avantbras et de la main.

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