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LES VARIÉTÉS DU MICROBE DE LA SUPPURATION CASÉEUSE

Un échantillon donné de bacille de Preisz-Nocard con-

serve, dans les cultures, sa virulence et sa propriété de

sécréter sa toxine. Cette fixité de la virulence et de la toxicité dans les cultures est même très marquée, comme l’a montré Carré.

Par contre, si l’on étudie plusieurs souches de provenances diverses, on peut constater des différences assez marquées.

« Quelques échantillons sont particulièrement pathogènes pour le mouton ; leur inoculation donne lieu à un abcès, suivi ou non de différentes métastases ; d’autres sont parfaitement tolérés. Mêmes variations dans leur pouvoir toxique : à côté de variétés secrétant, comme nous l’avons montré, une toxine d’une grande activité, on en rencontre d’autres paraissant totalement privées de cette faculté. C'est tout-à-fait, en somme, ce que l’on constate pour les bacilles de la diphtérie humaine. » (H. Carré.)

En 1910, Carré, à la suite de ses recherches, reconnaissait quatre variétés principales, et il ajoutait : « L’étude systématique d’un plus grand nombre de lésions d'origines variées permettrait, à n'en pas douter, d'isoler d’autres variétés. »

Malgré ces divergences, ces différentes variétés recueillies sur des moutons appartiennent bien à la même espèce microbienne car les cultures, même celles des variétés paraissant complètement dénuées de toute action pathogène ou toxique, vaccinent très nettement contre le poison si

actif du bacille type. (H. Carré.)

pe.

d) MICROBE DE LA SUPPURATION CASÉEUSE DU MOUTON ET MICROBE DE LA LYMPHANGITE ULCÉREUSE DU CHEVAL

Nos classiques modernes admettent l'identité de l'agent causal de la lymphangite ulcéreuse du cheval et du microbe de la suppuration caséeuse du mouton.

Seul, le professeur Moussu fait quelques réserves au sujet de cette commune origine. « L'agent de la bronchopneumonie scléro-caséeuse du mouton d’après Sivori serait le même que celui décrit par Preisz et Guinard (1891) et identique (?) au microbe de la lymphangite ulcéreuse du cheval. J’estime qu'il s’agit d’un agent spécifique pour le mouton, d’un bacille pyogène particulier dont les propriétés pathogènes sont différentes de celles de celui de la Iymphangite du cheval. C’est l’un des agents des suppurations du mouton, en cause dans la broncho-pneumonie infectueuse des jeunes et dans la plupart des suppurations externes et internes du mouton. »

De fait, et d'accord avec cette hypothèse, nous avons souvent fait la remarque suivante. En Beauce, dans le Centre, dans la région où nous exerçons, l’infection par le microbe de la suppuration caséeuse est très fréquente chez le mouton ; par contre, dans le même territoire, ia lymphangite ulcéreuse du cheval est une rareté. Et pourtant on a vu pendant la guerre avec quelle facilité le cheval se

trouve contaminé par le bacille de Preisz-Nocard. Il nous

Do

apparaît donc qu'il n’y a pas identité parfaite entre les deux microbes. Peut-être s'agit-il de deux variétés spécialisées pour des espèces animales données, comme cela se produit, par exemple, pour le ‘bacille tuberculeux de l'homme, et celui des bovins. Peut-être même la distinction est plus marquée et analogue à ce que l’on constate pour le bacille de Bang (avortement épizootique) et le micrococcus mélitensis (fièvre de Malte). Rien ne distingue ces deux germes dans leur forme ; leurs cultures sont identiques ; l’agglutination montre leurs étroites relations. Et cependant l’action pathogène naturelle de ces deux microbes est très différente, sans la moindre analogie.

I se pourrait donc qu'il y ait de semblables différences entre l’agent de la lymphangite ulcéreuse du cheval et celui de la suppuration caséeuse du mouton. Si cette hypothèse était vérifiée il serait logique de dénommer ce dernier germe bacille de Preisz-Guinard, comme le fait d’ailleurs le professeur Cadéac.

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