CONDITIONS QUI PRÉSIDENT A L'ÉVOLUTION DE LA MALADIE
Le bacille de Preisz-Nocard est répandu à profusion dans les litières des bergeries contaminées. Il est disséminé dans le milieu extérieur par les bronchitiques, les porteurs d'abcès, et il peut cultiver dans le purin. Mais là n’est pas
sa source principale. Celle-ci doit être cherchée dans. l’'in-
Ro
testin des animaux vivant en milieu infecté, mais sains en apparence. Ce fait, déjà soupçonné par Noack, a été mis en évidence par Carré.
De cette façon on conçoit que des germes virulents sont déversés constamment sur les litières, et toute solution de continuité des téguments peut s’infecter au contact de celles-ci. C’est le cas notamment pour l’ombilic et la plaie de section de la queue chez l'agneau.
Si le bacille répandu dans la bergerie est peu virulent, il donnera seulement, en associations avec d’autres microbes, des suppurations à pus verdâtre ; elles sont sans gravité marquée.
Au contraire, si le bacille est suffisamment pathogène, on voit apparaître diverses manifestations infectieuses abcès sous-cutanés ou profonds, adénites purulentes, arthrites, broncho-pneumonie, etc.
Le point de pénétration du microbe importe peu dans l’étiogénie des localisations ultérieures. Carré a démontré que les lésions articulaires et pulmonaires prennent naissance indifféremment, que le bacille soit déposé dans la lèvre ou que l'infection se trouve réalisée au niveau d’une plaie de l’ombilic ou de la queue. Les lésions pulmonaires obtenues de cette façon se développent en moins de trois semaines.
La contamination ne se fait pas seulement à la faveur
de solutions de continuité du tégument ; le tube digestif
se laisse également traverser par le bacille, et les:abcès présentés par les antenais-et les adultes-sont sous la dépen-. dance de ce mode d'infection. (Carré.)
Comme nous le verrons, le mouton atteint de lésions suppuratives peut conserver toutes les apparences d’unesanté florissante. Autrement dit, aucun phénomène toxique. n'intervient chez ces sujets.
Il est au contraire des formes cliniques qui doivent être. rattachées surtout à l’action de la toxine.
Il semble que celle-ci n'entre pas en jeu de façon indifférente ; il faut que des causes déprimantes interviennent. Pour le bélier, ce sera les fatigues de la lutte. D’autres fois, ce sont les fatigues d’un voyage, des troubles digestifs occasionnés par un changement de régime, par la préparation de la vente, etc. (Dauvois.)
La maladie est très polymorphe dans ses manifestations cliniques, mais il est un fait qui est digne d’être noté. Dans un même troupeau, l’agent infectieux adopte souvent un organe ou deux, à exclusion des autres. C’est ainsi que danscertains troupeaux la majorité des sujets infectés portent des lésions suppurées, des glanglions intestinaux, du foie ; dans d’autres exploitations ce sont les articulations qui sont touchées ; ailleurs c’est l’encéphale, etc. Il y a là une adap-
tation très particulière que l’on ne sait expliquer de façon certaine. (Carré).