‹ Contribution à l'étude de la main-bote congénitaleChapitre 6 sur 23 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

La main-bote n'était guère connue dans l'antiquité.

Hippocrate s'occupe bien des difformités des membres,

mais nous ne trouvons dans ses (Œuvres aucune descrip-

tion bien précise de cette affection.

Quelques auteurs ont cru voir dans l’observation sui-

vante d'Ambroise Paré, une absence congénitale de

radius avec main-bote.

Voici ce que rapporte le chirurgien du xvi* siècle : L'an 1573, je vis à Paris, à la Porte de Saint-Andrédes-Arts, un enfant monstrueux âgé de neuf ans, natif de Papeville, village à trois lieues de Guise, qui n’avait que deux doigts à la main droite; et le bras était assez bien conformé depuis l’épaule jusqu’au coude, mais depuis le coude jusqu'aux deux doigts était fort difforme. Il était sans jambes. Toutefois lui sortait hors de la fesse droiteune figure incomplète d’un pied, apparence de quatre orteils; de l’autre fesse, il en sortait

du milieu deux doigts quorum unus genitali virilt haud

RU os

«erat abstmilis (1). » Cet enfant présentait évidemment de nombreux arrêts de développement. Le pied directement attaché à la fesseest un bel exemple de phocomélie. L'existence de la main-bote est plus douteuse mais cependant très probable.

Ce n’est qu’en 1733, que la littérature médicale nous donne un exemple certain de main-bote. Le cas fut rapporté par J. L. Petit (2).

Il s'agissait d’un enfant nouveau-né du sexe masculin qui portait une double main-bote radiale par suite de l'absence d’un des deux os de l’avant-bras. Nous reproduirons, du reste, plus loin, à trtre documentaire, le résumé de son observation.

Au xix° siècle, les exemples de main-bote se sont multipliés et furent bien analvsés par les différents médecins qui les observèrent. Dès 1812 Meckel (3) étudie la question. Zoerg (4) rapporte un cas de main-bote dans le Journal de Leipzig de 1816. Larcher (5) dit avoir rencontré en 1827, alors qu'il était interne à l’Hôtel-Dieu, trois Cas de main-bote. Le radius manquait ainsi qu'un lobe du poumon du côté correspondant.

Quelques annés plus tard, Cruveilhier (6) en rapporte un cas dans son À {las d'anatomie pathologique ; 1 donne une description très complète du fœtus en question qui

(1) Ambroise Paré. — Œuvres, t. xxv, ch. VIIL.

(2) 3. L. Perir. — Môm. de l'Acad. des Sciences. 1733.

(3) Meckez. — Handbuch der paih. Anat., Vol. 1, 1842.

(4) Zosra. — Journal de Lepzig, 1826.

(5) LarCHER, — Etude phys. et méd. sur qq. lois de l'organisme. (6) CruvenmEr. — Atlas danat. path. À

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