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CHAPITRE IT

Symptômes et Anatomie Pathologique.

Bouvier (1), dans son article du Dictionnaire Encyclopédique des Sciences Médicales, décrit troisvariétés de mains-botes :

Première variété. — Squelette complet et bien conformé.

Deuxième variété. — Squelette complet mais mal conformé.

Troisième variété. — Squelette incomplet.

Admise par la plupart des auteurs, cette division fut modifiée par Kirmisson (2). Cet auteur dit, à juste titre, que la deuxième variété de Bouvier est excessivement rare et que l’on peut très facilement faire rentrer les différents cas que Bouvier y plaçait, soit dans la première variété, soit dans la troisième. Avec Kirmisson, nous décrirons deux variétés de main-bote.

Première variété. — Main-bote avec squelette bien conformé.

(4) Bouvier. — Loc. cit.

(2) Kinmissox. —- Loc. cit.

Deuxième variété. — Main-bote avec squelette mal conformé.

PREMIÈRE VARIÉTÉ. — Main-bote avec squelette bien conformé.

C’est d'après Hoffa (1), l'orthopédiste allemand, la seule variété de main-bote qu’on puisse assimiler et comparer au pied-bot. « Mérite seule le nom de main-bote, dit-il, la contracture congénitale de l'articulation du poignet, se produisant sans parties manquantes du squelette. »

Cette variété avait semblé très rare à Bouvier. D'autres auteurs cependant l’ont assez fréquemment observée. C’est ainsi que Reginald Sayre (2) a rencontré deux cas de malus-botes sur cinq, que l’on pouvait faire rentrer dans cette catégorie. Hoffa (3) en a vu deux cas et les à traités avec succès. Kirmisson, enfin, sur huit cas de mainsbotes, en observa quatre qui ne présentaient aucune atération du squelette. Nous en donnons deux observations que nous publions dans un chapitre spécial.

La main-bote sans altération &u squelette est ordinairement déviée dans le sens cubito-palmaire. Tous les auteurs : Bouvier, Hoffa, Redard (4) et Kirmisson sont d'accord à ce sujet.

Les mouvements actifs de la main sont ordinairement peu étendus et difficiles, mais les mouvements passifs sont possibles et la main peut être ramenée sans trop de

(4) Horra. — ZLoc.'cil:

(2) Savre. — Chirur. Orlhop.

(3) Horra. — Zoc. eit.

(4) Reparp. — Loc. cit.

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difficulté dans la position normale. Pendané ce temps de redressement, les doigts se fléchissent, comme si les muscles fléchisseurs n'étaient pas assez longs pour supporter ce mouvement. Dans le mouvement inverse, les extenseurs à leur tour paraissent trop courts.

L'enfant, en outre de sa maïin-bote, est souvent porteur d’un pied-bot ou d’une autre malformation, mais sa santé générale paraît bonne.

Les lésions anatomiques du bras, de la main et de l'avant-bras sont peu étendues. L’humérus est bien conformé. A l’avant-bras, l’apophyse styloïde du radius descend plus bas que celle du cubitus; les os ont donc une longueur normale.

Les muscles ne sont pas paralysés, comme le prouve l'électrisation de l’avant-bras.

La peau du membre est sensible dans toute son étendue. Ce n’est que très rarement, que l’on a trouvé des zones d'anesthésie.

L'examen radioscopique, enfin, montre que le squelette est complet et bien conformé.

Le diagnostic très facile, doit être fait, avant tout, de la paralysie radiale, avec laquelle cette variété de mainbote présente beaucoup de symptômes communs. L’électricité, dit Hoffa, nous fixe rapidement sur ce point.

DEUXIÈME VARIÉTÉ. — Main-bote avec squelette mal confor mé.

Divers os peuvent manquer aux environs de l’articulation radio-carpienne et de leur absence résulte une déviation de la main du côté correspondant à la lésion.

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Le radius est celui qui manque le plus souvent; l’absence du cubitus est une exception et les os du carpe sont rarement au complet, lorsqu'un des os de l’avantbras n'existe pas.

Lorsqu'un os vient à manquer au niveau d'une articution, le segment inférieur se dévie du côté où devrait se trouver l'os absent. Le professeur Ollier, de Lyon (1), a ‘fait de nombreuses expériences pour établir ce fait. Dans son étude sur le développement des os parallèles, il a montré que, lorsqu'un os cessait de se développer, l'os parallèle s'incurvait et s’aplatissait en lame de sabre. La main ou le pied se dévie du côté où l'os devrait exister.

L’éminent chirurgien lyonnais produisit plusieurs fois expérimentalement chez des animaux des lésions analogues à celle qui nous occupe. Il enleva chez des jeunes sujets le cartilage de conjugaison d’un os : l’os parallèle continuait à se développer et la patte se déviait du côté correspondant.

Il ne convient pas d'expliquer dans ce chapitre la cause de ces arrêts de développement. Nous allons étudier les symptômes des mains-botes produites par l’absence d’un os et en donner l'anatomie pathologique.

1°. Mains-botes avec cubitus absent ou mal conformé.

Comme nous le disions plus haut, c’est une variété “extrêmement rare de main-bote. La statistique de Bouvier (2) n’en donne que deux cas : dans l’un, la déviation était cubito-palmaire, dans l’autre cubito-dorsale.

(1) In Regnault. — Bull. Anat. mars 1898.

(2) Bouvier. — Loc. cit.

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