‹ Contribution à l'étude de la maladie de BarlowChapitre 17 sur 28 · PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT

L'efficacité du traitement nous à servi d’argument pour établir la nature de la maladie de Barlow. Il va de soi que l'indication est d'éviter {ous les aliments qui peuvent causer le scorbut infantile.

Mais devra-t-on aller jusqu'à repousser l'emploi du lait stérilisé ? Certainement non. Il ne faut pas oublier que, si le lait stérilisé produit un cas de scorbut, il évite cent cas de diarrhée. Toutefois, c’est à tort que les diarrhées et le Scorbut sont souvent considérés comme les deux termes d'une antithèse, comme les deux écueils sur lesquels le pédiatre à toujours quelque chance de venir s'échouer. Ce sera à lui de nas se laisser ainsi placer entre Charybde et Seyila, et le meilleur moyen sera, s'il est obligé de recourir à lallaitement artificiel d’'employer du bon lait, du lait qui sera bon au point de vue chimique, mais qui, en plus, proviendra de vaches saines, bien nourries, du lait qui sera recueilli proprement et qui sera aussi frais que possible. On l'utilisera après l'avoir fait bouillir.

Si on ne peut obtenir de lait frais réunissant ces conditions, le meilleur lait sera peut-être le lait condensé sucré recueilli et préparé comme nous l'avons dit plus haut. Des recherches et des expériences restent à faire -pour déterminer sa valeur scorbutigène. Nous Favons vu employer avec succès dans le service de M. le Professeur Marfan. ps

RE TE es

Avec les laits stérilisés industriellement et homogénéisés on pourra encore obtenir de bons résultats, mais il faudra après six mois recourir préventivement au jus de fruit frais. De même si on a recours aux farines lactées qu'en aucun cas on n'emploiera avant six mois.

Le scorbut infantile étant déclaré, il faudra, quel que soit le lait employé, revenir au lait cru. L'idéal serait de rétablir l'allaitement au sein avec une nourrice dont le régime ne serait pas carencé. En cas d’impossibilité, il faut donner du lait de vache, Théoriquement, on pourrait recommander du lait recueilli aussi aseptiquement que possible et donné cru aussitôt après la traite. Prati- ‘quement, il faut conseiller le lait frais bouilli pendant un court laps de temps. ou tout au moins chauffé jusqu'à la montée de la croûte. Souvent même, on n'aura que le lait déjà pasteurisé vendu par le commerce des grandes villes. Il Sera bon, même dans ce cas, de le chauffer encore jusqu à l'ébullition pendant quelques instants. Et on ajoutera du jus de fruit frais, jus de raisin, jus de citron, jus d'orange. On fera prendre, avant chaque biberon, une cuillerée de jus de citron, une quantité double s'il s'agit d'un autre fruit, en élendant ce jus d'une égale quantité d'eau sucrée. Si l'enfant a plus d'un an, on pourra ajouter à ses bouillies de la purée de pommes de terre, des jaunes d'œuf. Et si l'enfant est encore plus àgé, on variera autant que possible Falimenlation. é

De cette façon, on guérira non seulement les cas de scorbut déclarés, mais on évitera, dans la plupart des cas, les formes frustes qui se caractérisent'seulement par un des signes Suivants : anémie, insuffisance de croissance, douleur aux membres inférieurs, chacun de ces signes étant, en réalité, un état préscorbutique.

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