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vaches ont une nourriture végélale, ef les végétaux sont la source des facteurs de croissance et des acides aminés ; 2° de lait ne provient que très rarement d'une seule vache ou même d'une seule vacherie, et st un animal a une alimentation carencée, un autre toute chance d'apporter les éléments qui manquent, C'est aussi dans l'alimentation des animaux qu'on doit rechercher la cause de la plus grande fréquence des cas de scorbut en hiver. Il est certain qu'à cette époque les vaches sont nourries d'aliments conservés, de drèches, de fourteaux, de fourrages secs qui ont perdu une partie de leurs facteurs de croissance. Ceci nous est prouvé par les exp=riences de Marion Pelf sur les choux. Cet auteur, étudiant l'influence du chou comme antiscorbutique chez des cobaves nourris avec du blé et du lait stérilisés, iontre qu'il suffit d’une très petite quantité de chou cru pour protéger l'animal contre le scorbut. Le chou desséché à la température ordinaire et conservé pendant deux ou trois semaines, perd 93 % de son pouvoir anti- ‘scorbutique. Cette perte s'accentue encore notablement après à ou 6 semaines. Au bout de 3 mois, les propriétés anti-scorbutiques ont presque disparu. dort Si, au lieu du lait de vache bouilli pendant quelques minutes seulement, on emploie le lait de vache bouill pendant longtemps dans le but d'arriver à une stérilisation presque complète, comme dans l'appareil Soxhlet, les cas de maladie de Barlow sont plus nombreux. Cela tient à ce que les facteurs de croissance sont plus altérés par l'ébulltion prolongée que par une températare un peu plus élevée, mais de plis courte durée. Et si on a recours à l'alimentation avec du lait, dont on a prétendu obtenir la stérilisation absolue par des
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procédés industriels, procédés demandant une température plus élevée et qui donnent des produits qu'on conserve ordinairement pendant longtemps, les cas deviennent encore plus fréquents.
Les manipulations du lait deviennent-elles plus longues, ses modifications plus profondes, la maladie de Barlow a plus de chance de se produire. C'est ainsi qu'avec le-lait homogénéisé, qui est à la fois manipulé, stérilisé et conservé, nous trouvons une grande proportion de scorbuts infantiles, La statistique de Comby en donne 24 cas, soil près de la moitié.
Nous en trouvons aussi à la suite de modifications chimiques du lait, comme Île lait de Gartner ou le lait axygéné ; nous les citons comme mémoire, ces préparations n ‘étant plus guère utilisées aujourd'hui.
Mais, depuis quelques années, d'autres préparations lactées sont entrées dans nos mœurs, ce sont les laits condensés., Des Lrois Cas que nous signalons ici, deux sont dus à ce mode d'alimentation donné à peu près exclusivement. Quelle est exactement sa valeur au point de vue étiologique et pathogénique pour le scorbut infantile ? I nous semble qu'il faut établir des distincions selon la qualité du lait employé, selon la façon dont il est soigné avant la concentration, selon le mode de préparation lui-même, selon la température à laquelle il est porté, selon le temps pendant lequel il est conservé. Ce que nous avons vu plus haut au sujet des propriétés des vitamines ef des agents de carence en général nous permet de conclure qu'un lait concentré est d'autant meilleur qu'il provient de vaches nourries d’une façon plus variée, que l'usine qui doit le travailler est plus près de la ferme même, qu'il est stérilisé à une tempé-
SPACE rature moins élevée. Il nous semble, a priori, qu'un lait concentré peut êlre préparé dans des conditions telles qu'à aucun moment il ne se trouve à même de se carencer en facteurs de croissance, si on veut bien se donner la peine d'y veiller.
A l'origine : le lait condensé, de qualité parfaite, peut être produit dans les régions d'élevage et de grande culture, avec des animaux nourris au pâturage ou avec des foins de bonne qualité. Notons que.les laits, dits frais, des grandes villes ne se trouvent pas toujours dans ces conditions ; les exploitations agricoles qui produisent ces derniers étant forcément proches des grandes agglomérations et nourrissant souvent leurs animaux avec des sous-produits d'industrie. j
Pendant les manipulations, nous pensons a priori que les facteurs de croissance peuvent ne pas subir des atteintes trop graves avec le lait condensé sucré tout au moins. Nous avons vu son mode de préparation. Il n’est pas nécessaire d'arriver à une température de 100°. Reste à savoir dans quelle mesure le sucrage peut agir sur les vitamines et les acides aminés. 11 y aurait là matière à d'intéressantes expériences.
Quant au vieillissement, bien qu'à l'heure actuelle il ne soit guère possible à l'acheteur de contrôler la date: de préparation du lait qu'il achète, nous pensons qu'il serait possible d'obtenir de certaines marques une indication de la date de préparations de leurs boîtes.
: Préparé dans ces conditions, le lait condensé, le sucré tout au moins ne nous paraît pas être susceptible de produire le scorbut. Et comme son emploi et surtout sa fabrication en France méritent grandement d'être encouragés pour des raisons d'économie sociale, il semble
= hOSSE
Ce
qu'il faille l'expérimenter avec le plus grand soin sur les animaux avant de le considérer comme une des causes de scorbut. |
Quelle est l'importance des préparations à base de farine dans la pathogénie du scorbut ? Elle paraît beaucoup plus grande dans les statistiques anglaises ou américaines que dans les statistiques françaises. C'est que, dans ces pays, cés farines sont beaucoup plus employées et beaucoup plus tôt. D'après ce que nous savons des vitamines, la farine ne contient guère de facteur A et de facteur B, le À se trouvant dans les parties vertes des plantes et non dans les graines, le B se trouvant dans les cutieules. En outre, certaines de ces préparations sont portées à une température élevée. bien supérieure à celle qu'on fait subir au lait stérilisé. Dans la farine lactée, on porte la température de la. farine vers 200° pour transformer son amidon en dextrine. D'après ce que nous savons à cette température, les deux facteurs dé croissance sont irrémédiablement tués. Les farines peuvent aussi, comme nous l'avons vu plus haut, ne pas contenir en quantité suffisante les sels minéraux et les acides aminés nécessaires à la croissance, en particulier la lysine.
Comment se fait-il, cependant, qu'après un an le scorbut infantile devienne plus rare ? Nous croyons que cel tient à deux raisons : la croissance de l'enfant est moindre ; de façon absolue, elle est moindre, à plus forte raison de facon relative. L'enfant d'un mois, : pesant 3.500 gr. environ, s'accroît à peu près de 25 gr. par jour. L'enfant d'un an, de 9 kilos, ne prend plus que 10 gr. de poids. Et, d'autre part, après un an, dans
l'immense majorité des cas, l'alimentation eommence par devenir plus variée : on donne quelques purées de pommes de terre, quelque peu de jus de fruit, de marmelade ou de confitures, des œufs, tous aliments qui contiennent en abondance les facteurs de croissance.
Telle est, dans ses grandes lignes, la pathogénie du scorbut infantile. [est certain qu'il s'agit d'une maladie de carence, au sens le plus large du mot. Mais jusqu'à quel point chacun des éléments incriminés cause la maladie et de quelle façon, c'est ce que nous ne savons pas. Les expériences, qui deviennent de plus en plus précises, finiront par établir la part qui revient à chacun d'eux.