CAL CS
mère l’amène À l’hôpital parce que ses membres sont tuméfiés et à peu près immobiles, comme paralysés.
Examen à i'entrée, le 28 juin 1919. — L'enfant apparaît légèrement anémié, mais surtout amaigri : le pannicule adipeux à disparu de la paroi abdominale et des membres. Il est en état d'hypothrepsie accentuée. Les membres inférieurs, surtout le gauche, semblent paralysés, immobilisés dans le lit. À gauche la cuisse est en flexion sur le‘tionc et er adduction, la jambe en légère flexion sur la cuisse. On s'aperçoit rapidement qu'il n'y a pas de véritable paralysie, mais immobilisation par la douleur. L'enfant pousse des cris violents dès qu’on touche à ses membres, même dès que l’on en manifeste l'intention, dès que l’on s'approche de lui pour le découvrir. 3
Au palper, on reconnait au niveau du fémur et du tibia gauche une tuméfaction considérable, dont le maximum corres-
pond aux condvles fémoraux et aux plateaux du tibia ; 14 tumé-
faction va s'effilant au-dessus et au-dessous, vers l'extrémité supérieure du fémur et inférieure du tibia. Cette tuméfaction consiste en une intumescence profonde, dure, semblant faire corps avec l'as. On ne retrouve aucun signe de disjonction epiphysaire. Au membre inféricur droit, nous constatons des signes identiques, mais moins marqués.
En continuant l'examen neus ne trelevons aucune autre anomalie du squelette : à peine trouvons-nous un très léger chapelet costai.
L'enfant n'a encore aucune, dent et ses gencives sont normales. Il n'existe aucune réaction lymphoïde, ni splénique. La rate n’est pas perceptible, le foie, les poumons, le cœur sont normaux.
Les selles, au nombre de deux quotidiennes, sont de consis-
tance et de couleur normales.
Examen de sang. — Le lendemain de l'entrée nous pratiquons
un examen de sang, qui donne les résultats suivants :
GIORMIESIHOUSES ANNEE pe E .2.. .2+750: 000 » BANC RER or meer 17.500 Hémoglobine nr... 1,2... TS
Formule leucocytaire
Polynucléaires neutrophiles ....... 61 % » éosinophiles ....... ses Méftanyélocytes: 2" 4 4 LA Grands mononucléaires .......... 154% ; NIONEHS en ENT mue — 30 IyMDhOCY LES EEE NES MONS E OER es
Absence de globules rouges nuclées et de myélocytes
Poids de l’enfant, 3.830 gr.
Température, 382
Cutiéaction et Wassermann négatifs.
On porte le diagnostic de maladie de Barlow et on donne à l’enfant du lait frais simplement bouilli durant cinq minutes et une cuillerée à café de jus de citron ou d’oranges avant chaque repas.
Le régime consiste en six biberons de 90 gr. de lait et de 30 gr. d’eau et une bouillie légère,
Le 2 juiilet, la tuméfaction de la cuisse gauche s'est considérablement accrue. En certains points on a l'impression de fluctuations.
Du 2 au 10 juillet : l’état reste stationnaire, les intumescences sent toujours aussi douloureuses et aussi importantes ; l'enfant crie dès qu’on l'approche, et ses membres inférieurs restent immobilisés dans la flexion.
La fièvre continue à osciller autour de 38° et même au-dessus ;
puis elle esquisse une descente en lysis et le 9 juillet, elle
redevient absolument normale. Le poids a pendant ce laps de
temps fléchi jusqu’à 3.750 gr.
Le 10 juillet : L'aspect général du petit malade semble bien meilleur, 11 paraît moins anémié. Au membre inférieur droit la tuméfaction s’est résorbée et le membre est indolore : l'enfant recouvre ses mouvements. À gauche, l’intumescence régresse sur le tibia : elle persiste encore volumineuse sur les condyles fémoraux.
Un exafnen de sang donne les résultats suivants :
GiobuleS troupes rer EEE TE EC PS - 6007090
» HÉTERReReE 0A0 ne 18.000
Élémoslobinen RAR NE ET ee 70 1%
Formule leucocytaire
Polynucléaires neutrophiles ........ HOME D éosinophiles ........ I » DASOPRIES Re EEE 0.5 Métarmyéloc tés te ans MURS ‘3 Grands mononucléaires ........... 16 Movens » RSR ER 27 ISMIPROCN ES MERE eee eee 10 Myélocyiesteranulenxies meme OS » DÉLNMTE RE TE das at ES Evinphocytes primitifs." . 0.5
On se trouve donc en présence d'une réaction sanguine carac-
- térisée par une polyglobulie avec légère myelémie, une sorte
d’érythrémie. On constate également une diminution du taux des polynucléaires et une augmentation des mononucléaires.
Le poids de l'enfant remonte à 3.960 grammes.
Du 10 au 17 juillet l'amélioration s’accentue, la tuméfaction
du membre inférieur gauche régresse, puis disparait, lé membre
n'est plus douioureux et recouvre sa motilité. L'enfant ne crie
plus quand on l'approche ; mais il refuse maintenant le jus
d’oranges qu'il avait accepté avec plaisir jusque là.
bles
La maladie de Barlow semble guérie et l'on songe à rendre l'enfant à sa mère.
Le 19 juillet, la température s'élève brusquement de 37 à 39°, l'enfant refuse de boire et présente quelques selles mucogrumeleuses. À l’examen on constate l’existence d’une submatité à la base pulmonaire droite avec respiration bronchique. Ces signes persistent avec fièvre jusqu’au 22 juillet.
Le 22 juillet, la température qui était tombée à 37° remonte brusquement à 40, pour monter encore à 40.8, 41.5 et 42. Le 23 au soir, l'enfant est extrêmement agité. Sa gorge est rouge et enduite de muco-pus. L’auscultation des poumons ne révèle rien d'autre que cette légère submatité de la base droite.
Le 2$ juillet survient une défervescence brusque, la température tombe à 3826 et le 27 elle atteint la normale.
Pendant cette infection, probablement grippale (plusieurs cas analogues se sont produits à la crèche durant là même quinzaine,
l'enfant a considérablement maigri. Son poids tombe à 3.460 gr.
Les jours suivants, du 30 juillet au 3 août, l’état de l’enfant semble s'améliorer régulièrement : le poids remonte à 3.630 gr., l’apyrexie persiste, l’enfant <'alimente, prend ses biberons de 100 grammes de jait bouilli et de 20 grammes d’eau et n’a qu'une selle quotidienne normale.
Le 3 août, le petit malade présente un léger état fébrile. Le lendemain, il tousse un peu et l’on découvre une légère suhmatité sous la clavicule droite. La température s'élève à 3893.
A la contre-visite on ne note aucune autre anomalie dans son état. Aussi avons-nous été très surpris le lendemain en apprenant sa mort, survenue subitement dans” la nuit, sans
convulsions, ni gêne respiratoire.