‹ Contribution à l'étude de la maladie de BarlowChapitre 2 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant nofre passage dans le service de Monsieur le Professeur Marfan, il nous à été donné d'observer trois cas de maladie de Barlow. De ces trois malades, deux sont morts dans des circonstances qu'on trouvera décrites dans nos observations. Le troisième est encore en traitement au moment où nous écrivons, mais il est amélioré au point qu'il pourrait être sans inconvénient rendu à sa famille. à

Nous avons pensé qu'il y avait quelque intérêt à étudier ces trois cas, non que le scorbut soit maintenant une maladie très rare, car les cas publiés à l'heure actuelle sont nombreux et l’on connaît bien les caractères cliniques de l'affection, mais parce qu'il est de règle que le scorbut infantile guérisse et qu'il est rare d'en étudier l'anatomie pathologique. Nous avons pensé aussi qu'il était intéressant de comparer l’étiologie et surtout la pathogénie de cette maladie telle qu'elle était comprise il y a quelques années avec la façon dont on peut la concevoir aujourd'hui que les travaux sur-les régimes « carencés » ont jeté un Jour nouveau sur ces questions.

Nous laisserons de côté l'historique, la symptomatlologie et le diagnostic qui paraissent définitivement établis. Signalons pourtant, ainsi que le fait le Professeur Marfan dans son enseignement, la constance de la fièvre, fièvre qui oscille irrégulièrement autour de 38° pendant les premiers jours du traitement. Les ouvrages

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classiques n'insistent pas suffisamment sur ce symptôme. Il sera étudié à la pathogénie.

Nous étudierons l'anatomie pathologique à la suite de chacune des deux observations des enfants auxquels elle se rapporte. Et nous bornerons notre travail à l'étiologie, à la pathogénie et au traitement. Nous rappellerons les récents travaux sur les acides aminés nécessaires” à la croissance : Tryptophane et Lysine, puis ceux beaucoup plus nombreux, beaucoup plus touffus sur les facteurs de croissance et nous conclurons en montrant comment on peut, actuellement, délimiter le problème, en indiquant jusqu'à quel point on doit redouter le scorbut quand on prescrit un régime. Autrefois, cette question ne se posait pas. Mais, à l'heure actuelle, les « aliments en boites » pénètrent de plus en plus dans nos mœurs. Les grandes agglomérations humaines sont obligées d'aller chercher de plus en plus loin, jusqu'aux derniers confins du mon, des aliments conservés. Aussi est-il d'une importance primordiale de rechercher quelles conséquences leur emploi peut avoir sur les maladies de la nutrition et surtout sur celles qui frappent l'enfance, avenir du pays et de la race.

L'idée de ce travail nous a été fournie par M. le D° Lemaire, médecin des hôpitaux, qui a bien voulu nous guider de ses conseils et nous en fournir les- éléments, en particulier les documents anatomo-pathologiques. Qu'il en soit bien vivement remercié, en même temps que M. le Professeur Marfan, dans le service de qui nous avons observé ces malades et qui a bien voulu nous faire le grand honneur d'accepter la présidence de notre thèse, après nous avoir donné son fructueux enseignement.

ÉTIOLOGIE

Deux facteurs Imterviennent essentiellement dans la production de la maladie de Barlow : ce sont l’âge et l'alimentation.

AGE. — D'après Bouchot, les cas français, dont il fait la statistique, allant de 1894 à 1906, comprenant surtout les cas relevés par Netter et Comby, ainsi que divers autres publiés dans la littérature médicale, donnent sur 60 cas un résultat global de 39 survenus de 7 à 14 mois, soit un pourcentage de 65 pour 100. Avant 7 mois, on n'observe que 2 cas. Après 18 mois, on relève 19 cas. :

Ces résultats ne font que confirmer ceux de l'enquête américaine qui nous avait montré la maladie se produisant, de 6 à 15 mois, 300 fois sur 369. Peu fréquemment, elle débute dans les premiers mois de la vie. On l’'observe pourtant une fois à 3 semaines, une fois à 1 mois +, 3 fois à 2 mois, 2 fois à 3 mois, 9 fois à # mois, 5 fois à 5 mois. Après le 15° mois, on ne relève que 38 cas dans cette enquête.

En somme, l’âge de prédilection va de 6 à 15 mois, avec un maximum vers les 8°, 9° et 10° mois.

ALIMENTATION. — De toutes les statistiques, il ressort, sans aucun doute possible, que la cause principale

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de la maladie de Barlow est dans l'usage des aliments stérilisés conservés ou modifiés. Avant de jeter un rapide coup d'œil sur quelques-uns de ces statistiques, il est donc bon de rappeler très brièvement quelles sont les différentes préparations employées pour l'alimentation des enfants.

1° LAITS CHAUFFÉS a) Lait pasteurisé. — Lait chauffé à 75 ou 80°, puis brusquement refroidi à 10 ou 12°.

b) Lait chauffé au bain-marie. — Appareil Soxhlet et Gentile. -— Est chauffé dans un bain-marie à l’ébullition pendant 40 minutes. - I est évident que la température du lait est celle de l'ébullition de l'eau, le lait lui-même bouillant à 101°.

c) Luil tyndallisé. — Est chauffé à son point d’ébullition pendant 45 minutes 3 fois de suite à 24 heures d'intervalle chaque fois.

d) Lail stérilisé industriellement. —. Est obtenu en chauffant sous pression jusqu'à la température d’ébullition. Les températures varient de 105°, 110° à 115°, selon ies appereils et la pression. Le temps est également variable selon les divers appareils.

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